Ecoutes : le scandale fait tomber des têtes à Scotland Yard et frémir Cameron

le 18 juillet 2011 à 07h08 , mis à jour le 18 juillet 2011 à 21h10

Après avoir fait tomber dimanche la tête du chef de Scotland Yard et celle d'un 2e haut responsable de Scotland Yard lundi, la tempête déclenchée par le scandale des écoutes téléphoniques se rapprochait dangereusement lundi de David Cameron, qui rentre en urgence de voyage.

News of the World La dernière édition du News of the World © ABACA

L'onde de choc du scandale des écoutes au sein du groupe de presse de Rupert Murdoch continue à se propager. D'abord avec l'arrestation dimanche durant quelques heures de l'ex-directrice de sa division britannique Rebekah Brooks. Puis avec la démission fracassante du chef de Scotland Yard. Et lundi encore avec celle d'un autre haut responsable de la police.
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Rebekah Brooks a été détenue pendant près de 12 heures dimanche par la police, qui la soupçonne d'écoutes illégales et de corruption. La patronne de News International a finalement été libérée sous caution. Cette rousse flamboyante, connue pour son entregent politique, était rédactrice en chef du News of the World au moment où une partie des écoutes ont été réalisées. Cette arrestation était la 10e intervenue dans le cadre de l'enquête rouverte en janvier sur le scandale des écoutes téléphoniques pratiquées à grande échelle depuis le début des années 2000 par le tabloïde.
 
Quelques heures après, le chef de Scotland Yard démissionne. C'est un nouveau coup de tonnerre. Paul Stephenson, mis en cause pour son attitude dans cette affaire, explique en direct sa décision à la télévision. "J'ai pris cette décision en raison des spéculations et des accusations sur les liens entre la Metropolitan police (l'autre nom donné à Scotland Yard, NDLR) et News International" et "en particulier avec Neil Wallis", ex-rédacteur en chef adjoint du NotW, a expliqué Paul Stephenson. "Mon intégrité est totale", a-t-il cependant assuré. Le Premier ministre britannique David Cameron a jugé qu'il s'agissait "d'un moment très triste pour lui", ajoutant: "Je lui souhaite du bien pour l'avenir".

Lundi, c'est un deuxième haut reponsable de Scotland Yard, John Yates, qui avait refusé de rouvrir l'enquête sur le scandale, qui a à son tour démissionné lundi, selon un communiqué de la police. Sa position était devenue "intenable" après la démission du n°1 dimanche, avait estimé un membre de cette commission. Le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband avait jugé qu'un "énorme nuage noir" pesait sur M. Yates et qu'"il devrait prendre ses responsabilités sur ce qu'il a fait".
 
David Cameron en difficulté, écourte son voyage. Le Premier ministre britannique a estimé lundi à Johannesburg qu'il "pourrait être bien" de prolonger la session parlementaire d'une journée mercredi afin qu'il puisse s'exprimer sur la crise à son retour d'Afrique. Il a d'ailleurs décidé d'anticiper son retour à mardi. D'après le Guardian, David Cameron revient pour mettre en place l'enquête indépendante tandis que le Financial Times rapporte qu'il s'agit d'éteindre les critiques sur son absence dans un pays ébranlé par le scandale.
Lundi, la presse britannique estimait que la tempête déclenchée par le scandale se rapproche dangereusement du Premier ministre. Il a en effet embauché l'ancien rédacteur en chef de New of the World Andy Coulson en 2007 pour devenir son porte-parole alors que ce dernier venait d'être contraint à la démission de News of the World en raison de l'emprisonnement d'un journaliste du tabloïd impliqué. Andy Coulson a depuis quitté ses fonctions auprès du chef du gouvernement. Il a été arrêté le 8 juillet puis libéré sous caution.
Déjà accusé d'une trop grande proximité avec Rupert Murdoch, le Premier ministre est d'autant plus fragilisé qu'il est un ami de Rebekah Brooks. En annonçant sa démission, Paul Stephenson a comparé à mots couverts sa situation à celle du Premier ministre. Neil Wallis n'était pas lié au scandale quand il a été embauché par Scotland Yard, a souligné Stephenson, à l'inverse d'Andy Coulson, longtemps porte-parole de David Cameron. "Je ne pense pas que les deux situations soient les mêmes, que ce soit sur le fond ou sur la forme", a estimé David Cameron à Pretoria. "Il y a une différence avec la situation à la police métropolitaine, où de toute évidence la question de savoir si l'enquête a été menée ou non dans les règles se pose", a-t-il ajouté.
 
Le cas Neil Wallis. L'ex-rédacteur en chef adjoint du News of the World a été arrêté jeudi. Il est soupçonné "d'avoir conspiré en vue d'intercepter des communications". Scotland Yard, accusé d'avoir traîné les pieds dans la conduite de l'enquête, avait dû admettre cette semaine avoir recruté un temps le journaliste comme consultant en relations publiques, après son départ du tabloïde. Neil Wallis était aussi consultant d'un luxueux hôtel où le chef de la police a passé cinq semaines de convalescence cette année, selon la presse. La polémique sur les liens étroits que News of the World entretenait avec la police, assortie de soupçons de corruption, a aussi été alimentée par la révélation que le chef de Scotland Yard avait rencontré à 18 reprises les dirigeants de News International entre 2006 et 2010.
 
Rupert Murdoch tente de calmer la tempête politico-judiciaire. Et cela fait deux semaines que ça dure. Le magnat americano-australien a publié des excuses dans la presse, sacrifié Les Hinton, un autre de ses lieutenants et renoncé au rachat de la totalité du bouquet satellitaire BSkyB. Mais rien n'y fait. L'opposition britannique est repartie à l'offensive dimanche, demandant le démantèlement de son groupe britannique et des limites à sa toute puissance. Même le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg a jugé nécessaire un réexamen des règles sur le pluralisme. A la Bourse de Sydney lundi, l'action du groupe News Corp perdait plus de 5%. Le titre avait déjà cédé plus de 11,9% la semaine dernière.

Le Wall Street Journal, fleuron américain de l'empire des médias News Corp, s'en est pris lundi à tous les critiques de sa maison mère, prise dans un scandale d'écoutes en Grande-Bretagne, qui selon lui font l'amalgame entre le quotidien financier et les tabloïdes anglais.

le 18 juillet 2011 à 07:08
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2 Commentaires

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  • froggyb, le 18/07/2011 à 13h38

    En France c'était le Président Mitterrand qui s'occupait des écoutes......pas les journaux

  • andredeparis, le 18/07/2011 à 12h36

    Je suis pas sur qu'autant de têtes tomberaient en france pour les mêmes faits

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