Les critiques pleuvent après la condamnation à 7 ans de prison de Timochenko

le 11 octobre 2011 à 17h04 , mis à jour le 11 octobre 2011 à 17h47

L'Union européenne, Amnesty International, l'OSCE ou Vladimir Poutine ont dénoncé mardi la condamnation à 7 ans de prison ferme mardi de l'opposante ukrainienne. Le président Viktor Ianoukovitch a laissé entendre qu'un jugement plus clément pourrait intervenir en appel.

Décision "regrettable", "problèmes systémiques du système judiciaire ukrainien", "préoccupation" : quelques minutes après l'annonce de la condamnation à 7 ans de prison ferme de Ioulia Timochenko, la communauté internationale a dénoncé d'une seule voix ce jugement, prononcé mardi à Kiev. Le camp de la principale intéressée, désormais opposante politique, a annoncé son intention de contester cette décision en appel et devant la justice européenne, tout en appelant à la lutte contre l'"autoritarisme" en Ukraine. Ioulia Timochenko a l'interdiction d'exercer des fonctions officielles pendant trois ans. Elle devra verser près de 200 millions de dollars à l'entreprise publique des hydrocarbures Naftogaz pour rembourser les pertes occasionnées par la signature de contrats avec la Russie en 2009 alors qu'elle était Premier ministre. En détention provisoire depuis août, l'opposante était précisément jugée pour avoir signé ces accords sans l'autorisation du gouvernement qu'elle dirigeait alors.

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L'Union européenne, avec qui Kiev tente de négocier un accord de partenariat, a vivement critiqué ce jugement, tout comme la Russie, avec qui l'Ukraine est en négociation pour tenter d'obtenir une ristourne gazière. L'UE est "profondément déçue" par ce procès "qui n'a pas respecté les normes internationales" et l'Ukraine s'expose à de graves conséquences si Mme Timochenko ne bénéficie pas d'une procédure équitable en appel, a déclaré la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton. La France a aussi dénoncé mardi la condamnation de Mme Timochenko estimant que les droits de la défense ont été violés et que ce jugement est lié à des motivations politiques. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé de son côté "le caractère manifestement anti-russe de toute cette affaire", dans la mesure où ce jugement remet en cause la légalité des contrats russo-ukrainiens. "Ces accords ont été conclus en parfaite conformité avec la législation russe, ukrainienne et internationale", a martelé le ministère. "Vraiment, je ne comprends pas très bien pourquoi elle a pris sept ans", a surenchéri le premier ministre Vladimir Poutine lors d'un déplacement à Pékin, selon les agences russes.

Amnesty appelle à une "libération immédiate" de Timochenko
 
L'ONG de défense des droits de l'homme Amnesty International a fustigé mardi cette condamnation, dénonçant un jugement "politiquement motivé"  et appelant à la "libération immédiate" de l'égérie de la Révolution orange en 2004. "Le procès de Ioulia Timochenko met en exergue les problèmes systémiques au sein du système judiciaire en Ukraine, et la manière dont cette procédure a été conduite permet de douter de l'indépendance de la justice" dans cette ancienne république soviétique, a déclaré le directeur-adjoint de l'organisation, John Dalhuisen, dans un communiqué. De son côté, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) s'est déclarée préoccupée a appelé Kiev à lui assurer un procès en appel transparent et équitable. 


Le président ukrainien, qui dément être derrière les problèmes judiciaires du plus emblématique de ses opposants, a affirmé comprendre les inquiétudes européennes. "C'est sans aucun doute un cas regrettable qui empêche l'intégration européenne de l'Ukraine. Il suscite les inquiétudes de l'UE et nous comprenons pourquoi", a-t-il dit. "Mais cette décision n'est pas définitive", car l'affaire Timochenko doit encore passer devant la Cour d'appel, a poursuivi M. Ianoukovitch et "la décision que prendra (cette Cour) et la législation sur laquelle elle s'appuiera seront très importantes", a-t-il ajouté. Cette petite phrase vient conforter les prédictions d'analystes ukrainiens qui s'attendent à ce que Mme Timochenko soit finalement remise en liberté, mais écartée du jeu politique pour un temps, ce qui permettrait à Kiev de faire meilleure figure devant l'UE. 


Devant le tribunal, à Kiev, un millier de partisans de l'opposition ont manifesté toute la journée de mardi. Face à eux, autant de partisans du pouvoir défilaient, sous l'oeil de centaines policiers d'unités anti-émeutes. Ioulia Timochenko a été l'égérie de la Révolution orange de 2004, qui avait conduit à l'annulation de la victoire à la présidentielle du pro-russe Viktor Ianoukovitch, successeur désigné du président d'alors, Leonid Koutchma. Devenue Premier ministre, elle s'est rapidement brouillée avec son allié, Viktor Iouchtchenko, élu à la présidence après le soulèvement pacifique pro-occidental. En février 2010, elle a perdu la présidentielle face à M. Ianoukovitch. Peu après, des poursuites ont été engagées contre elle et plusieurs de ses ministres.

le 11 octobre 2011 à 17:04
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1 Commentaires

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  • Yves, le 12/10/2011 à 05h27

    �a parle de quoi ici ? Moi je suis venu car je l\'a trouve jolie cette fille :p

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