Le procès en appel des membres du groupe de punk rock russe Pussy Riot a repris mercredi devant le tribunal municipal de Moscou, peu après 11 heures locales (soit 9 heures, heure française), en présence des trois jeunes femmes. Celles-ci avaient été condamnées le 17 août à deux ans de camp chacune pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse", pour avoir chanté en février "Vierge Marie, délivre-nous de Poutine" devant l'autel de la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Leur procès en appel reprend ce mercredi, après avoir été repoussé début octobre. Le tribunal municipal de Moscou avait en effet renvoyé l'affaire après que la prévenue Ekaterina Samoutsevitch eut annoncé s'être séparée de ses avocats en raison de désaccords sur la ligne de défense adoptée.
A l'approche de ce procès, le président russe a défendu la condamnation des Pussy Riot. "Il est normal qu'on les ait arrêtées, et il est normal que le tribunal ait rendu cette décision (de les condamner, ndlr), car on ne peut pas s'attaquer à des valeurs morales fondamentales, dans le but de détruire ce pays", a-t-il affirmé.
L'Europe a officiellement exprimé son mécontentement
L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) s'est prononcée à ce sujet. Elle a adopté une résolution demandant à la Russie de mieux respecter la démocratie et les droits de l'Homme, et appelant notamment à la libération immédiate des jeunes femmes du groupe Pussy Riot condamnées à deux ans de prison pour une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou. Le porte-parole du Kremin, Dmitri Peskov a réagi aux remarques de l'APCE en les qualifiant de "déplacées".
Les jeunes femmes ont continué à recevoir des marques de soutien de l'étranger après leur condamnation, l'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi ayant appelé récemment à leur libération. Certains artistes ont également proclamés leur soutien au groupe punk féministe. Comme la veuve de John Lennon, Yoko Ono, qui leur a décerné la semaine dernière une bourse pour la paix, la bourse "LennonOno".
Les Russes ne compâtissent pas avec les artistes
Mais selon un sondage paru jeudi dernier, 78% des Russes approuvent la peine, voire la jugent insuffisante. Selon cette enquête du centre Levada (un institut de sondage indépendant) réalisée fin septembre sur un échantillon de 1.600 personnes, 35% des Russes estiment que la peine à laquelle ont été condamnées les trois jeunes femmes est une punition "adéquate", et 43% jugent que celle-ci est insuffisante. 53% estiment que les Pussy Riot avaient probablement ou certainement pour but d'insulter les croyants.
14% estiment que la peine est trop lourde, et seulement 2% jugent que les faits reprochés aux jeunes femmes ne méritaient pas de condamnation pénale.









