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Les Roumains accepteront-ils de destituer leur président ?


le 29 juillet 2012 à 12h32 , mis à jour le 29 juillet 2012 à 12h34.
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Le président roumain Traian Basescu (6 décembre 2009)

Le président roumain Traian Basescu (6 décembre 2009) / Crédits : B. Cristel / Reuters

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EuropeLes Roumains votent ce dimanche pour un référendum crucial sur la destitution du président de centre droit Traian Basescu, réclamée par la majorité de centre gauche, espérant mettre un terme une crise politique aiguë qui a suscité l'inquiétude de l'Union européenne.

Le vote a commencé en Roumanie à 7 heures du matin ; il se prolongera jusqu'à la fermeture des derniers bureaux de vote à 23 heures. Une durée exceptionnelle pour cette consultation, à la hauteur de l'enjeu. Car après trois mois d'une crise politique qui a suscité la profonde inquiétude de l'Union européenne et des Etats-Unis, quelque 18 millions de Roumains sont appelés ce dimanche à dire s'ils approuvent ou pas la destitution du président de centre droit Traian Basescu. Les conséquences de ce référendum dépendent d'une question clé : les Roumains seront-ils assez nombreux à se rendre aux urnes ? Le référendum ne sera en effet validé que si plus de la moitié des électeurs inscrits votent dans un des 18.000 bureaux ouverts dans tout le pays et à l'étranger, où vivent près de trois millions d'émigrés roumains. La première estimation du taux de participation est attendue dans la nuit de dimanche à lundi, et les premiers résultats officiels ne seront connus qu'en début de semaine.
 
La coalition de centre-gauche arrivée au pouvoir début mai à Bucarest, l'Union sociale-libérale (USL), a déployé des efforts énormes pour mobiliser les électeurs et réussir un de ses objectifs clés: destituer Traian Basescu, qu'elle accuse d'outrepasser ses prérogatives. Des bureaux supplémentaires ont même, pour l'occasion, été ouverts sur le littoral de la Mer noire, très fréquenté par les vacanciers. Mais selon les analystes, une participation de plus de 50% paraît difficile à atteindre dans un pays où l'abstention bat des records sur fond de désenchantement face à une classe politique accusée de clientélisme. D'autant que les partisans du président Basescu, aujourd'hui suspendu, ont appelé au boycott.
 
Les craintes de Bruxelles
 
S'il avait déjà survécu à un référendum de destitution en 2007, Traian Basescu, ancien capitaine de marine, a vu sa cote de popularité s'effondrer après une cure d'austérité draconienne administrée en 2010. Et ceux qui veulent sa fin comptent sur ce désenchantement. Lors de sa dernière allocution, le président par intérim Crin Antonescu a exhorté les Roumains à voter massivement, seule manière selon lui d'"instaurer une démocratie solide". Invoquant quasiment les mêmes arguments, Traian Basescu a invité les électeurs à rester chez eux. Alors que ses adversaires lui reprochent de "s'accrocher au pouvoir" en faisant fi de la volonté d'une majorité des Roumains, il a assuré que "si le taux de participation s'élevait à environ 48%-49% et que la différence (entre le oui et le non) était très grande, je n'aurais d'autre solution que de renouveler ma proposition d'écourter mon mandat en échange d'une révision de la Constitution". Cette révision devrait aboutir à instaurer un Parlement unicaméral et réduire d'un tiers le nombre de sièges, une proposition massivement appuyée lors d'un référendum en 2009.
 
Bruxelles a accusé le gouvernement roumain dirigé par le Premier ministre Victor Ponta d'avoir porté atteinte "de manière systématique" à l'Etat de droit notamment en attaquant la Cour constitutionnelle et ses juges ainsi qu'en révoquant le médiateur pour faciliter le débarquement de son rival. Le référendum représente toutefois une étape clé pour tenter de mettre fin à la crise politique qui secoue un des pays les plus pauvres de l'UE. Si le seuil de participation n'est pas atteint, le président Basescu devrait poursuivre son mandat jusqu'en 2014, même si la cohabitation avec l'USL s'annonce électrique. Si le seuil de participation est atteint et qu'une majorité se prononce pour son départ, une élection présidentielle sera organisée dans un délai de 90 jours.

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