Deux jours après le drame, la Belgique était toujours sous le choc de la tuerie de Liège ce jeudi. Le bilan s'est alourdi : une femme de 75 ans, dans un état critique depuis mardi, est décédée de ses blessures. Elle est la 5e victime de Nordine Amrani, qui s'était quant à lui suicidé après avoir tiré sur la foule et lancé des grenades.
Pendant ce temps, le débat s'est inévitablement ouvert dans la classe politique. Avec une question de base : comment éviter un nouveau drame ? Les responsables politiques avancent déjà deux pistes de réformes : un meilleur contrôle des récidivistes et un renforcement de la lutte contre le trafic d'armes. Avec aussi un mot d'ordre : prendre son temps et ne pas légiférer sous le coup de l'émotion. "La sécurité est une priorité absolue du gouvernement. Il est prêt à prendre des mesures réfléchies qui auront de réels effets sur le terrain, mais il veut éviter d'initier sous le coup de l'émotion des réponses précipitées qui n'apporteraient pas d'effets concrets pour les citoyens", a déclaré le nouveau Premier ministre belge, Elio Di Rupo, devant la Chambre des députés -qui a observé une minute de silence.
Réactions haineuses
Elio Di Rupo, qui vit son premier test depuis son entrée en fonction la semaine dernière, à l'issue de la plus longue crise politique de l'histoire du royaume, doit répondre aux angoisses d'une population profondément choquée. Il doit aussi veiller à endiguer les réactions parfois extrêmes ou xénophobes -Nordine Amrani était d'origine marocoaine- qui se sont répandues depuis mardi, notamment sur internet.
"Si nécessaire, la législation sera renforcée contre les trafiquants et ceux qui utilisent ces armes pour commettre des atrocités", a souligné Elio di Rupo. Il a également promis que la "lutte contre l'économie illégale" sera renforcée et que son gouvernement s'attaquera aux "flux de financement" du crime, prostitution et trafics d'armes en tête. Expliquant avoir été "choqué", comme beaucoup de Belges, lorsqu'il a appris que le tueur était un "multirécidiviste", Elio Di Rupo a promis d'examiner si la "législation est adaptée". La "communication" entre les différents services chargés d'assurer le suivi des personnes en liberté conditionnelle, comme c'était le cas de Nordine Amrani, devra être améliorée.







