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Londres 2012 : que faire de l'héritage des Jeux olympiques ?


le 12 août 2012 à 16h59 , mis à jour le 12 août 2012 à 22h11.
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EuropeLe rideau n'était pas encore tombé sur les jeux Olympiques de Londres que la question de l'héritage d'un événement au coût astronomique de 12 milliards d'euros revenait sur le tapis au Royaume-Uni, tant sur un plan sportif que social et urbain.

Pour éviter les sites abandonnés, comme ce fut souvent le cas lors de précédents Jeux, Londres avait décidé de réaliser des jeux "verts" et utiles socialement, pour un impact durable aussi bien en termes d'urbanisme que de pratique sportive.

Le président du comité d'organisation Sebastian Coe a tiré la sonnette d'alarme sur la pratique du sport chez les jeunes, dans un pays où presque un tiers des enfants (30% des 2 à 15 ans) est en surpoids ou obèse. "Il faut reconnaître que nous sommes probablement la première génération de parents plus en forme que leurs enfants", a-t-il constaté vendredi, appelant à profiter de la "fenêtre" ouverte par les jeux pour renforcer le sport à l'école primaire. "Si vous n'avez pas mis en place un intérêt pour le sport et l'exercice avant 10 ou 11 ans, cela devient très difficile de l'introduire vers 14-15 ans", a-t-il souligné. Le Premier ministre David Cameron, après avoir choqué en ironisant sur les écoles qui remplissent leurs deux heures de sport hebdomadaires avec "de la danse indienne", a corrigé le tir en s'engageant à introduire obligatoirement les sports d'équipes à l'école à la rentrée.

Rénovation urbaine et respect de l'environnement

Si l'effet des jeux sur la pratique sportive des Britanniques reste à prouver, la gestion de l'après-JO en termes d'équipements et de rénovation urbaine semble mieux parti. La Commission indépendante pour des jeux durables a délivré un satisfecit aux JO de Londres pour ses efforts en termes d'environnement : utilisation de matériaux recyclés dans la construction, installations temporaires démontables, recours massif aux transports en commun pour se rendre sur les sites.

Lorsque les jeux Paralympiques (29 août-9 septembre) seront terminés, le site olympique de Stratford, dans l'est de Londres, fermera pour un an le temps d'offrir au public un parc paysager, des logements et des équipements sportifs. La reconversion du site, pour un montant de 380 millions d'euros, doit changer totalement la physionomie des quartiers défavorisés de l'est londonien. "Je pense que nous pouvons nous mesurer à Barcelone et dire que dans les deux cas, les jeux ont transformé la ville en profondeur", a indiqué à l'AFP Sebastian Coe.

De nouveaux quartiers à loyer modéré

Sur les huit équipements permanents construits à Stratford, seuls deux ont un futur incertain: le Stade, pour lequel un appel d'offres a été lancé, et le centre de presse, qui devrait devenir un centre d'affaires, si l'horizon économique s'éclaircit. Beaucoup de sites sont temporaires et vont être démontés pour être recyclés ailleurs. Ainsi, le pavillon de basket pourrait être utilisé pour les jeux de Rio en 2016.

Le village des athlètes doit être transformé en 2.800 appartements. Cinq nouveaux quartiers comprenant 8.000 appartements doivent aussi sortir de terre dans les 20 ans qui viennent, dont 35% à loyer "modéré", dans une ville connue pour ses loyers extrêmement élevés. Les organisateurs espèrent aussi que le parc figurera parmi les dix sites les plus visités de la capitale d'ici 2020, avec plus de 9 millions de visiteurs par an.

Certains commentateurs doutent toutefois ouvertement de l'énormité des chiffres espérés, à l'instar de Simon Jenkins du journal Evening Standard, qui juge que "Londres ne verra jamais les 13 milliards de livres de revenus supplémentaires" sur 4 ans mentionnés par David Cameron.

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