Russie : des centaines d'interpellations mardi, la France préoccupée

le 06 décembre 2011 à 21h17 , mis à jour le 06 décembre 2011 à 22h02

La police russe a interpellé mardi soir près de 500 manifestants qui tentaient de se rassembler à Moscou et Saint-Pétersbourg pour protester contre la victoire du parti de Poutine aux législatives. Des interpellations jugées "préoccupantes" par le Quai d'Orsay.

Des manifestations en Russie le 6 décembre 2011, en protestation au déroulement et aux résultats des législatives du 4 décembre. Des manifestations en Russie le 6 décembre 2011, en protestation au déroulement et aux résultats des législatives du 4 décembre. © LCI

La deuxième journée de manifestations d'opposants depuis les législatives de dimanche a été très suivie en Russie mardi. Comme la veille, elle s'est accompagnée d' arrestations massives. Plus de 500 personnes ont été interpellées. La police  a fait état d'environ 250 interpellations sur la place Trioumfalnaïa, dans le centre de Moscou, et de quelque 200 autres à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie. "Ils seront transférés vers des commissariats où des procès-verbaux seront établis", a précisé le porte-parole de la police moscovite, joint au téléphone par l'AFP. Plusieurs responsables de mouvements de l'opposition russe ont été interpellés à Moscou dont, l'ex-vice-Premier ministre et dirigeant du parti non-enregistré Parnas, Boris Nemtsov, et le chef du parti Iabloko, Sergueï Mitrokhine, ont indiqué leurs mouvements respectifs. Une heure plus tard, Boris Nemtsov a cependant été relâché, ont annoncé les médias russes.
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Des centaines de sympathisants de l'opposition ont voulu se rassembler, scandant des slogans comme "la Russie sans Poutine !" et "Honte !", après des appels diffusés sur des réseaux sociaux. La police moscovite est immédiatement intervenue. Elle avait d'ailleurs mis en garde les opposants contre toute tentative de rassemblement sans l'aval des autorités. "Ceux qui tentent de mener de telles actions doivent comprendre qu'ils seront interpellés et devront répondre de leurs actes devant la loi", avait-elle déclaré dans un communiqué. Les forces de l'ordre ne sont cependant pas intervenues pour empêcher les militants de mouvements favorables au Kremlin de se regrouper sur cette même place Trioumfalnaïa, lieu de rassemblement traditionnel des opposants.

Forces spéciales déployées à Moscou


"Les (militants de l'organisation proche du pouvoir) Nachi sont entourés de policiers et frappent sur leurs tambours" pour couvrir les slogans des opposants, a raconté Oleg Orlov, le directeur de l'ONG russe de défense des droits de l'Homme Memorial.  Lundi à Moscou, des milliers d'opposants s'étaient réunis et 300 personnes avaient été interpellées, dont le blogueur dénonçant la corruption Alexeï Navalny et un dirigeant du mouvement d'opposition libérale Solidarnost, Ilia Iachine. Tous les deux ont été condamnés mardi à 15 jours de prison pour refus d'obtempérer aux injonctions des forces de l'ordre. A la suite de ce rassemblement d'une ampleur rare pour la capitale russe (2.000 participants selon la police, 10.000 selon les organisateurs), le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi que des forces spéciales avaient été dépêchées en renfort à Moscou.
  
Un journaliste de l'AFP a vu mardi une dizaine de camions des forces de l'ordre garés sur le boulevard périphérique qui ceinture le centre-ville. Une autre a vu au total une quarantaine de véhicules - camions remplis de soldats, cars de police, fourgons cellulaires - dans un autre quartier du centre. Les forces de l'ordre ont indiqué qu'un régime de sécurité renforcé était appliqué à Moscou pendant les élections et jusqu'à la publication des résultats définitifs. Par ailleurs, une manifestation - celle-ci autorisée - à l'appel de jeunes partisans du Kremlin, sur la place Pouchkine, au coeur de Moscou, a réuni dans l'après-midi environ 2.000 participants.
 
Emboîtant le pas à l'OSCE et aux Etats-Unis, la France a jugé mardi "préoccupantes" les interpellations. "Nous attachons la plus grande importance au respect du droit à manifester pacifiquement", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, en réponse à une question de l'AFP. La chef de la diplomatie de l'UE,  Catherine Ashton, a elle aussi estimé mardi dans un communiqué que certains aspects des élections russes suscitaient de "graves préoccupations". Elle a dit espérer que les problèmes soulevés au cours du processus électoral seraient résolus par les autorités russes "pour permettre une élection présidentielle juste et sans accroc au printemps".

Les critiques américaines "inacceptables" pour le pouvoir
 
Le président Dmitri Medvedev a rejeté les critiques d'organisations étrangères sur le déroulement des législatives. "Qu'elles surveillent les élections, les violations (des règles de procédure, ndlr), c'est une chose, mais l'état du système politique, ce n'est pas leur affaire", a déclaré Dmitri Medvedev, après que la mission d'observateurs de l'OSCE eut parlé la veille de "bourrage d'urnes", mais aussi d'une trop grande proximité entre l'Etat et le parti. Le ministère russe des Affaires étrangères a lui jugé "inacceptables" les critiques américaines à ce sujet.
  
Intervenant au cours d'un Conseil ministériel de l'OSCE à Vilnius, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait auparavant estimé que les élections en Russie n'étaient "ni libres, ni équitables". Se joignant aux critiques de Washington, Berlin et Paris, le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères, David Lidington, a estimé mardi qu'il fallait une "enquête rapide et transparente" sur les irrégularités relevées par l'OSCE. Les législatives remportées dimanche par Russie unie, dont le score a  toutefois chuté de 15 points à moins de 50% par rapport au scrutin précédent en 2007, ont été marquées par de nombreuses irrégularités, selon l'opposition et les observateurs étrangers. Il s'agissait de la deuxième journée de manifestations d'opposants depuis les législatives de dimanche remportées par le parti Russie unie de Vladimir Poutine.

le 06 décembre 2011 à 21:17
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15 Commentaires

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  • vladkr, le 07/12/2011 à 17h41

    Pauvre monde; la même chose s'est passée lors du G20 au Canada, et les arrestations ont été beaucoup plus musclées qu'en Russie. Là personne ne parle du manque de démocratie au Canada.

  • aspegic_1000, le 07/12/2011 à 11h32

    Parce que vous pensez que la démocratie est de rigueur en Russie ? c'est sur que là bas, on ne laissera pas le peuple se révolter contre la corruption comme dans les pays Arabe. Tout ces mouvements vont bien vite être écrasés et avec énergie, pour bien montrer que là.. on ne joue pas dans la même cour

  • mcg35, le 07/12/2011 à 11h24

    Pauvre Russie! Poutine (KGB) montre son vrai visage.

  • euzenot-furiga, le 07/12/2011 à 11h03

    Et quand on arrête des manifestants en France est-ce que Poutine va protester ? N.S. = mouche du coche

  • tiznit-pn, le 07/12/2011 à 10h54

    Oui, c'est bien vrai, après la Libye, l'Irak, l'Iran, la Tunisie, l'Egypte, l'Afghanistan, et chez nous que se passe t'il? Cela ne doit pas intéresser nos politiques!

  • ang7el, le 07/12/2011 à 10h40

    La France joue simplement le rôle de marionnette dirigé par Washington. Les USA ne peuvent pas intervenir directement, puisque un conflit entre les deux, risquerait de refaire surgir les tensions d'il y a 15 ans. Il est quand même bizarre de voir que chaque fois quand il s'agit de soulèvement d'un peuple, la France vient intervenir pour instaurer sa vision de la société, chose qu'elle n'a jamais faite avant Sarkozy, ce dernier en nette liaison avec Obama. Cherchez pourquoi ?

  • ang7el, le 07/12/2011 à 10h35

    Donc votre rapprochement consiste uniquement dans un plan géo-économique et non humain ? Quel triste pensée...

  • moustig, le 07/12/2011 à 10h27

    Notre gouvernement ferait mieux de s'occuper de notre pays la France. Ils ne sont pas capables de diriger en France et ils vont se mêler de se qui se passe en Russie. Qu'il commence par balayer devant leur porte

  • rose-marie54, le 07/12/2011 à 09h35

    En Russie depuis des siècles il y a toujours eu une dictature, ce n'est pas aujourdhui que cela va s'arréter,mais ce pays est extrèmement riche et peut se permettre ce comportement sans état d'ame car nous avons besoin de ses richesses

  • lamamouche54, le 07/12/2011 à 09h33

    La Russie c'est la Russie, et sera toujours la Russie..... le modèle français ne s'exportera pas partout.... c'est comme çà, et vouloir le faire c'est aussi imposer ce qui n'est pas forcément du gout des pays auxquels on voudrait le faire... alors occupons nous plutôt de nos problèmes et laissons la Russie s'occuper des siens...

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