Un sondage commandé par le gouvernement catalan en juillet a pour la première fois montré que plus de la moitié des habitants de la région souhaitaient aller au-delà de l'autonomie et acquérir l'indépendance. "Beaucoup de personnes qui ne défendaient pas l'indépendance sont de plus en plus tentées", a affirmé une manifestante, Elvira Farre, une retraitée barcelonaise. "Ils y sont non seulement conduits par leur sensibilité, mais aussi par leurs portefeuilles."
Moment mal choisi pour "faire les imbéciles"
Le président de la Généralité de Catalogne, Artur Mas, a menacé d'engager des démarches vers une indépendance si le gouvernement du président du gouvernement Mariano Rajoy n'acceptait pas la mise en oeuvre d'un "pacte" qui donnerait à la région sa propre autorité fiscale. "Si nous ne pouvons pas parvenir à un accord financier, la route vers la liberté de la Catalogne est ouverte", a déclaré mardi Artur Mas, qui n'a pas participé à la manifestation mais lui a apporté son soutien.
Si Artur Mas ne trouve pas d'accord avec Mariano Rajoy à l'issue d'une rencontre prévue le 20 septembre, il devrait convoquer des élections anticipées afin de remporter une majorité absolue au sein du Parlement catalan, où sa coalition Convergence et Union (CiU) gouverne actuellement avec l'aide d'autres partis. Mariano Rajoy a cependant prévenu lundi que le moment était mal choisi pour "faire les imbéciles" face aux "problèmes de déficit et d'emploi" rencontrés par la Catalogne.
Bien que le taux de chômage de 22% de la région soit légèrement inférieur aux 24% de l'ensemble de l'Espagne, la Catalogne a été gravement touchée par la crise de la dette du pays. Le gouvernement d'Artur Mas a fait savoir fin août qu'il allait demander à Madrid une aide financière de 5,7 milliards d'euros pour couvrir ses obligations financières, plus de 13 milliards d'euros de dettes arrivant à échéance d'ici la fin de l'année.










