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Massacre d'Oslo : Breivik lèvera-t-il les zones d'ombre ?


le 29 juillet 2011 à 07h20 , mis à jour le 29 juillet 2011 à 13h27.
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4min
Behring Breivik, le 25 juillet 2011 (capture d'une image prise par un média norvégien)

Behring Breivik, le 25 juillet 2011 (capture d'une image prise par un média norvégien) / Crédits : LCI

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EuropeLe Norvégien qui a avoué la double attaque qui a fait 76 morts à Oslo et sur l'île voisine d'Utoeya est interrogé une nouvelle fois ce vendredi. Il doit s'expliquer sur "les informations reçues ces derniers jours, et il y en a beaucoup", selon un responsable de l'enquête.

Une nouvelle fois ce vendredi, la police norvégienne interroge l'auteur de la double attaque, à la bombe et à l'arme à feu, qui a ensanglanté la Norvège, Anders Behring Breivik. Il a été transféré dans la matinée au siège de la police d'Oslo. Et les enquêteurs espèrent lever diverses zones d'ombre : pourquoi avait-il un talkie walkie ? Et quid des "cellules" dont il a évoqué l'existence ? Lors de cette audition, la deuxième depuis son arrestation, il doit être interrogé sur "les informations reçues ces derniers jours, et il y en a beaucoup", a indiqué Paal-Fredrik Hjort Kraby, un responsable de l'enquête. Même s'il a reconnu être l'auteur des attaques du 22 juillet et s'il dit avoir agi seul, la police cherche encore d'éventuelles complicités dans le pays scandinave et de possibles ramifications à l'étranger. "Nous avons toujours dit qu'on n'excluait pas que d'autres personnes aient été impliquées et nous enquêtons sur ce point", a déclaré un porte-parole de la police d'Oslo. "La théorie sur d'éventuelles complicités s'affaiblit avec le temps", a-t-il cependant ajouté, soulignant "qu'aucun indice pour soutenir cela n'avait été retrouvé" sur les lieux du drame. La police a également annoncé que deux psychiatres devraient livrer leurs conclusions d'ici novembre,a fin de déterminer si le suspect est pénalement responsable.

Il est vrai que depuis les attaques, tous ceux avec lesquels Breivik a pu être en contact se désolidarisent de lui. C'est le cas du mouvement d'extrême droite anglais EDL (English Defence League) qui nie tout contact officiel avec lui ; c'est le cas aussi de celui que Breivik a présenté comme "son mentor", Paul Ray, ancien militant de l'EDL. S'il a reconnu dans une interview au Times qu'il avait pu être une source d'inspiration pour Breivik, Paul Ray n'en a pas moins jugé que "ce qu'il a fait est purement diabolique", ajoutant : "Je n'aurais jamais pu faire ce qu'il a fait pour réaliser mes propres idéaux." Même le propre père du Norvégien, Jens Breivik, ancien diplomate qui passe sa retraite dans le Sud de la France, dans le village de Cournanel, qualifie désormais son fils de "terroriste" et a récemment asséné lors d'une interview à la télévision norvégienne TV2 qu'il "aurait dû se suicider (...) plutôt que de tuer tant de personnes".

"Il faut arriver à comprendre"

Mercredi à Oslo, le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a annoncé la mise en place d'une commission pour tirer les leçons des attaques. Il s'est aussi engagé à procéder à un examen approfondi des mesures de sécurité sur fond de critiques sur la façon dont la police a géré les attaques, notamment sa lenteur supposée pour neutraliser le tireur. Près d'une heure s'est écoulée entre le moment où elle a été alertée et celui où Behring Breivik a été arrêté. De son côté, le chef de l'équipe d'intervention qui a arrêté l'auteur de la fusillade sur l'île d'Utoeya s'est dit "fier" du travail de ses hommes.

Lors d'une réunion d'urgence jeudi à Bruxelles, les experts en terrorisme de l'Union européenne ont réfléchi sur les moyens d'empêcher de telles attaques, tout en soulignant qu'il était difficile de prévenir "le terrorisme qui est l'oeuvre d'un loup solitaire". "De tels actes sont difficiles, voire impossibles, à prévenir", a souligné Tim Jones, conseiller du coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'UE, Gilles de Kerchove. "Il faut arriver à comprendre ce qui pousse une personne qui a des idées extrémistes à passer à la violence. Il nous faut comprendre le processus, quelle que soit l'idéologie", a-t-il souligné.

Premiers enterrements ce vendredi

Europol, la force de police européenne, a ainsi annoncé, vendredi, qu'elle allait actualiser ses bases de données sur les activités d'autres d'extrêmistes de droite potentiellement dangereux et accentuer leur surveillance. Une cinquantaine d'experts du renseignement, d'enquêteurs, de spécialistes en explosifs et en terrorisme travailleront en collaboration avec les forces de police des  pays membres. Leur mission : dresser "un portrait exact et actualisé de l'extrémisme de droite en Europe, et particulièrement en Europe du Nord", a précisé le porte-parole d'Europol, Soren Pedersen.

Ces annonces interviennent alors que la Norvège s'apprête à inhumer ses premières victimes. Tous les drapeaux seront mis en berne à travers le pays pour commémorer les 76 victimes, unes semaine après les attaques meurtrières qui ont touché Oslo. 

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  • shc : Il n'y a rien à comprendre...c'est un psychopathe et il a obtenu ce qu'il voulait...parler de lui pfffffffff

    Le 29/07/2011 à 08h58
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