Une audience à huis clos. Anders Behring Breivik, qui a admis être l'auteur du carnage qui a fait 93 morts en Norvège vendredi, a quitté le tribunal d'Oslo après sa première comparution devant un juge en vue d'une mise en détention provisoire, a annoncé un responsable du tribunal lundi. "L'audience est terminée. La salle est vide", a déclaré un responsable de la sécurité du tribunal. L'audience aura duré 40 minutes. Le juge Kim Heger doit désormais se prononcer sur la mise en détention provisoire de Behring Breivik. La police a demandé la mise en détention provisoire du suspect pour une première période renouvelable de huit semaines, le double de la durée habituelle.
"Salaud d'assassin". Selon l'agence NTB, Anders Behring Breivik est arrivé au tribunal en empruntant une entrée située derrière le tribunal. Des personnes situées à proximité s'en sont pris au véhicule, une Mercedes blindée selon les médias, en criant "traître" et "salaud d'assassin", a précisé l'agence. Un jeune musulman norvégien de 24 ans a ensuite expliqué ce geste par le fait qu'il avait perdu des amis dans la fusillade qui a décimé un rassemblement politique de jeunes sur l'île d'Utoeya vendredi, faisant 86 morts dans leurs rangs.
A-t-il agi seul ?"Lors des interrogatoires, il a dit qu'il était seul", a indiqué le commissaire Sponheim, qui a précisé que l'enquête allait vérifier ces affirmations. Car selon des témoins de la tuerie sur l'île d'Utoeya, il y aurait eu "un ou plusieurs" tireurs. Dimanche, une opération de police menée en rapport avec l'enquête n'a rien donné. La police polonaise a interrogé un homme en liaison avec l'attentat à la bombe commis vendredi à Oslo en Norvège, et elle a perquisitionné dans un entrepôt, a fait savoir lundi la télévision nationale polonaise. Selon l'Agence polonaise pour la sécurité intérieure, Anders Behring Breivik a acheté en Pologne, par internet et légalement, des substances chimiques qui ont pu servir à la construction de ses explosifs.
Un carnage planifié de longue date. Agé de 32 ans, le suspect a déclaré avoir préparé depuis 2009 l'opération qui s'est soldée par la mort d'au moins 93 personnes, dont 86 abattues sur la petite île d'Utoeya et sept tuées par un attentat à la voiture piégée dans le quartier des ministères dans le centre d'Oslo. Selon une porte-parole de la police, ce bilan pourrait être revu à la baisse. "S'il y a un nouveau bilan, il sera communiqué lors de la conférence de presse prévue cet après-midi", a déclaré Carol Sandby. Il "reconnaît les faits mais il ne reconnaît pas sa responsabilité criminelle", a déclaré à la presse le commissaire Sponheim. La police refuse pour l'heure de livrer tous ses éléments sur les motivations et l'état d'esprit du suspect. Selon une porte-parole de la police, ce bilan pourrait être revu à la baisse.
"Le terrorisme pour "éveiller les masses". Peu avant de passer à l'acte, Behring Breivik a diffusé sur internet un manifeste de 1.500 pages truffé de diatribes islamophobes et antimarxistes, rédigé en anglais sous le nom d'Andrew Berwick et intitulé "A European Declaration of Independence - 2083". Il y évoque "l'usage du terrorisme comme un moyen d'éveiller les masses". Sur la foi des informations qu'il a mises en ligne sur internet, la police l'a décrit comme un "fondamentaliste chrétien" de droite. "Il considère que c'était cruel de devoir mener ces actions mais que, dans sa tête, c'était nécessaire", a déclaré aux médias norvégiens l'avocat du suspect, Geir Lippestad.
Un ancien premier ministre visé ? Selon le quotidien norvégien Aftenposten, Anders Behring Breivik projetait de tuer l'ancien Premier ministre Gro Harlem Brundtland, qui assistait au rassemblement organisé dans l'île d'Utoya. La dirigeante travailliste, nommée trois fois Premier ministre dans les années 1980 et 1990, a prononcé un discours devant les jeunes participants du rassemblement d'Utoya, qu'elle a quittés avant l'arrivée sur les lieux de l'auteur présumé du carnage.
Les corps des victimes d'Utoeya transférés à la morgue. Les corps des victimes de la tuerie sur l'île d'Utoeya ont été transférés dimanche à la morgue en vue des autopsies. La police est toujours à la recherche des corps de disparus dans les eaux du lac qui entoure Utoeya, de nombreuses personnes ayant été tuées par le tireur alors qu'elles fuyaient les lieux à la nage.
L'hommage aux victimes. Une minute de silence a eu lieu dans le pays lundi midi
La police s'explique sur le temps d'intervention. La police d'Oslo s'est expliquée dimanche sur le laps de temps, environ une heure, qui s'est écoulé entre le premier message faisant état d'une fusillade sur l'île d'Utoeya et l'arrestation du tireur vendredi. Des questions critiques sont apparues après les premières indications selon lesquelles le tireur avait fait feu pendant une heure et demie sur le rassemblement de jeunes. Lors d'un point de presse dimanche, un responsable de la police d'Oslo, Johan Fredriksen, a expliqué que la police du district local avait reçu un premier message l'alertant de la fusillade à 17h26. A 17h30, la police locale a notifié l'incident à la police d'Oslo, dont elle a formellement demandé l'assistance huit minutes plus tard, à 17H38. Utoeya étant située à une quarantaine de kilomètres de là, une équipe de policiers armés est arrivée par bateau sur l'île à 18h25 et le suspect, Anders Behring Breivik, s'est rendu sans résistance deux minutes plus tard.







