François Hollande en avait fait l'un de ses premiers arguments de campagne : la renégociation du pacte budgétaire européen, mis en place sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Au lendemain de son élection, il n'a pas tardé à recevoir la position officielle de la chancelière allemande
Et c'est clairement une fin de non-recevoir. "Le pacte budgétaire n'est pas négociable", a-t-elle affirmé, sans surprise. "Il n'est pas possible de tout renégocier après chaque élection car sinon l'Europe ne fonctionne plus. Si la France renégocie, la Grèce pourrait demander à renégocier aussi", a-t-elle ajouté -la Grèce, puis le Portugal et le Slovénie ont déjà ratifié le texte, qui entrera en vigueur quand douze pays l'auront fait.
"A bras ouverts" ou "à bras raccourcis" ?
Pour arrondir les angles, Angela Merkel a néanmoins souligné que le futur locataire de l'Elysée sera "accueilli à bras ouverts" lors de sa première visite à Berlin (voir sa déclaration ci-contre). Comme Nicolas Sarkozy en 2007, le déplacement dans la capitale allemande sera d'ailleurs le premier du quinquennat de François Hollande - probablement dès le 16 mai, au lendemain de son investiture.
Dès dimanche soir, la chancelière s'est aussi dite favorable à l'adoption d'un pacte de croissance pour la zone euro, comme le demande son nouveau partenaire. Problème : Berlin et Paris ne sont pas d'accord sur les moyens d'y parvenir. L'Allemagne ne veut notamment pas "d'une croissance par des déficits, mais de croissance par des réformes structurelles". En clair, il n'est pas question pour le gouvernement Merkel d'encourager en Europe des politiques de relance. Mais de promouvoir la voie choisie par l'Allemagne et les réformes du marché du travail mises en place par l'ancien chancelier socialiste Gerhard Schröder.
Sommet de l'UE fin juin
Si chacun campe sur ses positions, ces premières déclarations, assez attendues il est vrai, laissent donc présager d'une ambiance tendue à venir entre les deux dirigeants. Même si Angela Merkel est affaiblie par la perte de son allié Nicolas Sarkozy et par la percée des partis anti-austérité en Grèce, il semble cependant aujourd'hui difficile pour François Hollande d'arriver à ses fins.
En revanche, un compromis qui comporterait par exemple une annexe au traité semble plus réaliste. Les réunions préparatoires au sommet de l'UE, qui aura lieu fin juin, donneront de premières indications sur lequel des deux dirigeants lâchera le plus de lest.
| Merkel : le couple franco-allemand doit prendre "les décisions nécessaires" l'Europe |
Deux jours après la victoire de François Hollande, Angela Merkel a de nouveau félicité le président élu. Mais ce message transmis mardi par la chancelière allemande était aussi l'occasion de lui rappeler que France et Allemagne doivent prendre "les décisions nécessaires pour l'Union européenne et la zone euro, afin de préparer nos sociétés à l'avenir et assurer ou renforcer la prospérité". |







