Vladimir Poutine, le 7/12/11 © A.F.P.Thomas Gomart est directeur du développement stratégique et directeur du centre Russie/NEI de l'Institut français des relations internationales.
Poutine répond à l'opposition : "je n'ai pas besoin de tricher"
L'homme fort de la Russie a rejeté mardi les appels de l'opposition à revoir les résultats des législatives controversées de décembre. Quant à la présidentielle, il n'a pas besoin d'en falsifier les résultats, a-t-il prédit.
Publié le 27/12/2011
Russie : vers un "dialogue" entre Poutine et l'opposition ?
En proie à une contestation sans précédent des législatives russes, le Premier ministre serait disposé à dialoguer avec l'opposition et à prendre les mesures nécessaires en vue d'une élection présidentielle "honnête".
Publié le 27/12/2011
Malgré la contestation, Poutine fait son show annuel à la TV
Comme chaque année un peu avant Noël, le Premier ministre russe a répondu en direct aux questions de téléspectateurs. L'émission a pris néanmoins un autre intérêt en raison de la contestation qui sévit contre lui dans le pays.
Publié le 15/12/2011
Russie : des centaines d'interpellations mardi, la France préoccupée
La police russe a interpellé mardi soir près de 500 manifestants qui tentaient de se rassembler à Moscou et Saint-Pétersbourg pour protester contre la victoire du parti de Poutine aux législatives. Des interpellations jugées "préoccupantes" par le Quai d'Orsay.
Publié le 06/12/2011
La police en alerte à Moscou, déploiement des forces spéciales
Au lendemain de l'une des plus importantes manifestations, la capitale est en alerte mardi. Le président Dmitri Medvedev a déclaré que le système politique russe n'était "pas l'affaire" des Occidentaux, après les critiques de l'OSCE sur la trop grande proximité entre l'Etat russe et le parti de Vladimir Poutine.
Publié le 06/12/2011
Le parti de Poutine garde (quand même) la majorité absolue
Malgré le relatif désamour des électeurs russes, Russie Unie conserve la majorité à la Douma. Une victoire acquise au bout de législatives verrouillées où l'opposition n'a pas eu le droit de s'exprimer. Cette dernière dénonce en outre des infractions "massives".
Publié le 05/12/2011
Législatives russes: le parti de Poutine en tête, sans majorité absolue
Le parti Russie unie de Vladimir Poutine arrive en tête des législatives de dimanche avec 49,7% des voix, selon les premiers résultats portant sur 51% des bureaux de vote. Il perdrait ainsi la majorité absolue dont il disposait jusqu'alors. L'opposition dénonce des infractions "massives".
Publié le 04/12/2011
Retour de Poutine au Kremlin, acte I
Les législatives russes de ce dimanche sont la première étape de la transition qui doit permettre à Vladimir Poutine de redevenir président en mars prochain. Mais, signe de l'usure de son pouvoir, le score de Russie unie, son parti, est annoncé en retrait.
Publié le 04/12/2011
Russie : ils ont filmé les irrégularités du vote
Révoltés par la corruption du pouvoir, des Russes se sont organisés pour filmer des flagrants délits de fraudes lors des élections législatives. Des vidéos, publiées sur Internet, sont édifiantes.
Publié le 07/12/2011
Vladimir Poutine
PORTRAIT - Vladimir Poutine se présente en homme fort, sauveur de la patrie qu'il dirige d'une main de fer. Retour sur le parcours de celui qui se veut l'héritier de la Russie éternelle.
Publié le 23/02/2012
TF1 News : La contestation contre Vladimir Poutine est-elle un soubresaut ou un mouvement de fond ?
Thomas Gomart : Nous voyons aujourd'hui un système qui est en train de fissurer. Mais cette fissure peut se colmater comme elle peut précipiter les choses. Il faut donc rester prudent. Quoi qu'il en soit, la contestation du système Poutine est profonde. Trois éléments le prouvent clairement.
TF1 News : Lesquels ?
T.G. : Tout d'abord, bien sûr, l'élément électoral. Le score de Russie unie aux législatives, avec -15 points par rapport au dernier scrutin, est un revers cinglant, d'autant qu'il a été obtenu avec des fraudes massives. Le score des communistes (20%), sur lesquels se sont reportés les libéraux qui n'avaient pas de candidat, montre aussi une évolution de fond qui explique en partie l'ampleur de la défaite de Russie unie. Deuxième élément : le web russe. Bien que méconnu en Europe, il est très effervescent. C'était déjà un espace de discussions et de contestation très ouvert avant même ces élections. Il va évidemment encore plus se développer désormais.
Enfin, cette contestation est menée par une classe moyenne urbaine, éduquée, ouverte sur le monde grâce à ses voyages à l'étranger. Ces citoyens ont profité des années Poutine sur le plan économique. Mais ils sont arrivés à un ras-le-bol après le tour de passe-passe permettant à Poutine de revenir au Kremlin. Au final, la Russie est aujourd'hui à un tournant. La séquence qui s'annonce jusqu'en mars avec la présidentielle sera primordiale.
| "L'opposition ne possède pas de figure crédible" |
TF1 News : Comment Poutine peut-il justement reprendre la main ?
T.G. : Il a plusieurs cartes en main. Tout d'abord, évidemment, il peut apporter une réponse policière en continuant à arrêter les meneurs et en les faisant condamner, notamment les blogueurs comme Alexeï Nalvany. Ce ne serait d'aillleurs pas nouveau. Il peut également annoncer un éventuel changement gouvernemental. Dans ce cas, Dmitri Medvedev, appelé à devenir Premier ministre après la présidentielle, servirait de fusible. Il peut aussi favoriser un candidat libéral à cette présidentielle en lui laissant un espace politique suffisant pour aimanter la contestation et lui permettre d'obtenir 15 à 20%. Mais ce sera dur pour l'opposition puisque aucun leader ne se dégage aujourd'hui.
TF1 News : Poutine peut-il être confronté à un second tour dans trois mois, voire être battu ?
T.G. : Il garde des leviers, notamment un électorat fidèle et la mainmise sur les ressources administratives. Tout dépendra s'il ouvre ou non un espace politique à l'opposition. Si ce n'est pas le cas, il sera élu au 1er tour. Mais cela se traduira par un durcissement puisqu'il n'aura pas écouté son opinion publique. Mais au second tour, je ne vois personne qui peut battre Poutine puisque aujourd'hui l'opposition ne possède pas de figure crédible.
| "L'image de Poutine est écornée" |
TF1 News : Jeudi matin, Poutine a aussi accusé les Etats-Unis d'être derrière la contestation (voir notre vidéo : "Poutine met en garde les opposants et s'en prend aux Etats-Unis")
T.G. : Pointer des "éléments extérieurs", comme en 2004 avec la prise d'otages de Beslan, est un réflexe classique dès qu'il y a des troubles dans le pays. Cela remobilise l'électorat traditionnel. Mais cela traduit également une certaine nervosité puisque c'est une corde facile à jouer vis-à-vis de l'électorat de Russie unie. Ce dernier, qui est reste le plus important dans le pays, considère qu'il a gagné et ne comprend donc pas les manifestations. Accuser les Etats-Unis permet aussi de s'adresser aux communistes.
TF1 News : Plus globalement, avec des élections truquées, un pouvoir fort qui se maintient pendant de longues années et la force du web, pourrait-il y avoir un "hiver russe" après le "printemps arabe" ?
T.G. : Certains font en effet le rapprochement. Même si tout peut en arriver en Russie, comme partout ailleurs, cela me semble très exagéré. La sociologie russe est très différente de celle des pays arabes. Le degré de maturité politique est aussi plus élevé en Russie. Mais il est clair que Poutine est fragilisé et que son image est écornée. Face à ce revers, il va devoir apporter une réponse positive.
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Poutine répond à l'opposition : "je n'ai pas besoin de tricher"
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