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Rattachement de la Crimée : Fabius demande à la Russie d'éviter "une escalade dangereuse"


le 16 mars 2014 à 20h30 , mis à jour le 16 mars 2014 à 23h39.
Temps de lecture
5min
Laurent Fabius.
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Europe La Crimée a largement voté pour son rattachement à la Russie, lors d'un référendum organisé dimanche. Mais ce scrutin est rejeté par les principales capitales occidentales, qui dénoncent son illégalité et sa partialité.

Les Ukrainiens de Crimée ont plébiscité dimanche le rattachement de la péninsule à la Russie au terme d'un scrutin qui a mis en lumière le divorce profond entre Russes et Occidentaux et qui a réveillé les appétits des séparatistes de l'Est de l'Ukraine. Plus de 95% des votants ont approuvé le rattachement de la péninsule séparatiste ukrainienne de Crimée à la Russie, selon les premiers résultats préliminaires officiels. "95,5% ont voté pour le rattachement de la Crimée à la Russie", a indiqué le président de la commission électorale locale Mikhaïlo Malychev.

Dans la soirée, les puissances occidentales ont fait savoir qu'ils rejetaient ce référendum car ce scrutin, présenté comme un exercice de démocratie populaire par les autorités séparatistes et par Moscou, se déroulait en présence de milliers de soldats russes qui contrôlent la région depuis deux semaines aux côtés de milices séparatistes.

"C'est une farce de la pratique démocratique"

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a qualifié d'"illégal" le référendum dimanche en Crimée en faveur d'un rattachement à la Russie, et appelé Moscou à "éviter une escalade inutile et dangereuse en Ukraine". "Le référendum qui s'est tenu aujourd'hui en Crimée est illégal et contraire à la Constitution ukrainienne", a déclaré M. Fabius. "Il est d'autant plus illégitime qu'il s'est déroulé sous la menace des forces d'occupation russes", a-t-il ajouté. "La France appelle la Fédération de Russie à prendre immédiatement des mesures qui permettent d'éviter une escalade inutile et dangereuse en Ukraine", a poursuivi M. Fabius, appelant Moscou à "reconnaître et respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

 

 

 

 

 

La Maison Blanche juge quant à elle ce scrutin "contraire à la Constitution ukrainienne" organisé "sous des menaces de  violences" de la part de la Russie. "Nous rejetons le référendum qui a eu lieu aujourd'hui", a indiqué le  porte-parole de l'exécutif américain Jay Carney dans un communiqué. "Les actes de la Russie sont dangereux et déstabilisants", a-t-il ajouté.

Un peu plus tard dans la soirée, Barack Obama et  Valdimir Poutine se sont entretenus au téléphone. Le président russe a déclaré à son homologue américain que le référendum en Crimée était "pleinement conforme" au droit international et qu'une éventuelle mission de l'OSCE devait le cas échéant s'étendre à toute l'Ukraine. Les deux dirigeants ont convenu que "malgré les différences d'appréciation, il était nécessaire de chercher ensemble des moyens de stabiliser la situation en Ukraine", a également indiqué le Kremlin, soulignant que l'entretien téléphonique avait eu lieu à l'initiative du président américain.

De son côté, la Grande Bretagne a qualifié ce vote de "farce", refusant d'en reconnaître le résultat. Le Secrétaire au Foreign Office, William Hague, estime que le référendum  était une violation de la constitution ukrainienne dans une intervention à la  veille d'une réunion lundi des ministres des Affaires étrangères de l'Union  européenne (UE). "Rien dans la manière de mener le référendum ne peut nous convaincre qu'il  s'est agi d'un exercice légitime", a-t-il dit. "C'est une farce de la pratique démocratique", conclut-il.

"C'est une nouvelle ère qui commence"

L'Union européenne pour sa part a prévenu qu'elle mettrait ses menaces à exécution dès lundi en établissant une liste noire de responsables russes et ukrainiens pro-russes visés par des sanctions.  

Bien loin de la crise diplomatique qui se joue entre Russes et Occidentaux, à Sébastopol les électeurs ont afflué massivement aux urnes dès le petit matin. A Bakhtchissaraï, "capitale" de la communauté musulmane tatare de la Crimée dont les leaders ont appelé à boycotter la consultation, on ne voyait guère de Tatars dans les rues. Seuls les Ukrainiens d'origine russe ont voté avec enthousiasme, ravis de se débarrasser bientôt de leur passeport ukrainien et espérant vivre mieux avec les subventions de Moscou.

"C'est un moment historique, tout le monde sera heureux", a lancé à la presse le Premier-ministre pro-russe de la Crimée, Serguiï Axionov, après avoir voté à Simféropol. "C'est une nouvelle ère qui commence", a-t-il affirmé, pendant qu'un homme agitant un drapeau ukrainien était repoussé par les gardes.

 

 

Commenter cet article

  • diktatur : Fabius n 'a aucun moyen de faire plier l 'ours russe....Poutine sait que les occidentaux ne feront rien,parce que trop divisés et lâches...

    Le 18/03/2014 à 13h26
  • gvans : Le seul but des US c 'est d'amoindrir l'Europe et de nous séparer de la Russie Notre alliance traditionnelle est l'alliance Franco Russe.

    Le 17/03/2014 à 16h17
  • elinhk133 : C'est pas en français qu'il faut tweeter, c'est en russe

    Le 17/03/2014 à 10h56
  • c_tjs_lotre : On n'a qu'à les menacer avec la seule arme dissuasive de l'arsenal Français, la centrale de Fessenheim.

    Le 17/03/2014 à 09h10
  • bornichet : Sinon!!il va faire quoi le monsieur??encore déclarer la guerre,

    Le 17/03/2014 à 08h35

      Habiter dans la Tour Eiffel, c'est possible mais pas très pratique

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