Georges Papandréou, le 3/11/11 © TF1/LCIA peine en place, l'équipe de Lucas Papademos affronte ce jeudi une journée de mobilisation en forme de test : l'ampleur de la manifestation à Athènes contre l'austérité donnera le ton des relations qui vont s'établir entre une population réticente à de nouveaux sacrifices et le gouvernement. La Grèce aura besoin d'un nouveau programme d'ajustement pour redresser son économie, a déclaré lundi le Premier ministre Lucas Papadémos devant le Parlement, ajoutant que les cent jours donnés à son gouvernement d'union ne suffiraient pas à accomplir cette tâche. Alors que le nouveau Premier ministre grec a prêté serment vendredi (une cérémonie retardée par d'ultimes coups d'éclat des partis au moment de la formation du gouvernement de coalition), la tâche s'annonce immense pour redresser les finances d'un pays toujours menacé de défaut de paiement. Au terme de tractations politiques interminables qui ont une nouvelle fois mis à rude épreuve les nerfs des dirigeants de la zone euro, la droite et la gauche grecques ont réussi à s'accorder sur le nom du successeur de Georges Papandréou : ce sera Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE. Les partis politiques grecs, en pourparlers sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, sont tombés d'accord pour nommer à sa tête l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos. Mais ce dernier aurait posé ses conditions. Après d'interminables discussions, l'annonce du prochain gouvernement grec, prévue à l'origine lundi, devrait intervenir ce mardi. Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE, semble favori. Une réunion extraordinaire de l'actuel gouvernement est prévue à la mi-journée. Le Premier ministre grec et le dirigeant de l'opposition conservatrice Antonis Samaras sont tombés d'accord sur la formation d'un gouvernement de coalition dimanche soir. Les deux hommes se reverront lundi pour discuter du choix du futur Premier ministre. Il ne s'agira pas de Papandréou. La Grèce restait engluée dimanche dans une crise politique menaçant son maintien dans la zone euro, après le refus du leader de la droite d'oeuvrer à un gouvernement de coalition aux conditions posées par le Premier ministre pourtant prêt à passer la main. La Grèce est restée samedi engluée dans une crise politique menaçant son maintien dans la zone euro, après le refus du leader de la droite d'oeuvrer à un gouvernement de coalition aux conditions posées par le Premier ministre pourtant prêt à passer la main. Le Premier ministre grec a discuté samedi avec le président grec en vue de la formation d'un gouvernement de "coopération". Mais le principal parti d'opposition réclame toujours des élections immédiates. Aucun rendez-vous avec d'éventuels partenaires n'est pour l'instant prévu. Au cours d'un débat parlementaire où il demandait la confiance des députés, le Premier ministre grec a appelé vendredi soir à une coalition gouvernementale "plus large" pour assurer l'accord européen de désendettement du pays. Le résultat du vote devait être connu dans la nuit. Le Premier ministre grec et le dirigeant de l'opposition conservatrice Antonis Samaras sont tombés d'accord sur la formation d'un gouvernement de coalition dimanche soir. Les deux hommes se reverront lundi pour discuter du choix du futur Premier ministre. Il ne s'agira pas de Papandréou. INTERVIEW - En obtenant le vote de la droite au plan d'aide européen en échange de l'abandon du référendum, le Premier ministre grec sort-il gagnant ou perdant de la crise ? Pour Georges Prévélakis, politologue, la réponse ne fait pas de doute : "Papandréou s'est définitivement discrédité avec cet épisode". Sous la pression, Georges Papandréou a dû enterrer vendredi son projet contesté de référendum. L'opposition se dit prête à participer à un gouvernement de transition pour valider le plan d'aide européen. Mais elle exige le départ du Premier ministre grec, qui subira vendredi soir un vote de confiance... Selon un projet de communiqué, les membres du G20 s'accorderaient sur la nécessité pour les pays émergents en excédent de contribuer davantage à la croissance mondiale tout en insistant sur la nécessité pour le Fonds monétaire international de disposer des ressources suffisantes. Georges Papandréou a quasiment enterré jeudi son projet contesté de référendum. De son côté, l'opposition est prête à participer à un gouvernement de transition pour valider le plan d'aide européen. Problème, elle exige le départ du Premier ministre grec. C'est le statu quo. MINUTE PAR MINUTE - L'annonce d'un possible abandon du référendum en Grèce sur le plan d'aide a permis de finir la 1ère du journée du G20 sur une note d'optimisme au sein de la zone euro jeudi soir. Toutefois, la Chine joue les Cassandre et prédit des jours sombres pour l'économie mondiale. Alors que sa survie politique semblait ne tenir qu'à un fil, et que les appels à la formation d'un nouveau gouvernement se sont multipliés jusque dans son propre camp, Georges Papandréou se dit prêt à retirer son projet de référendum. A une condition : que l'opposition grecque vote le plan d'austérité. Deux de ses ministres disent leur hostilité à un référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, des élus de sa majorité menacent de ne pas voter la confiance vendredi : le Premier ministre grec, de plus en plus contesté, pourrait ne pas survivre politiquement à la fin de la semaine. Abasourdis par l'annonce d'un référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, politiques et médias grecs s'efforcent encore de décrypter les motivations de Georges Papandréou. Le vote pourrait avoir lieu en janvier. Mais le Premier ministre grec se retrouve avec une majorité encore plus étriquée. Confronté à un feu roulant de critiques, Georges Papandréou a arraché mercredi matin le soutien unanime de son gouvernement à son idée de référendum sur le plan de sauvetage financier de la Grèce qui sera organisé dès que possible après un accord. Alors que la Banque centrale européenne vient, à la surprise générale, d'abaisser son principal taux directeur, le successeur de Jean-Claude Trichet préside sa première réunion mensuelle du conseil des gouverneurs sur fond de crise aiguë. Il peut s'attendre à un feu roulant de questions. La question d'une faillite de la Grèce, et de sa sortie de la zone euro, n'est plus un tabou : le G20 s'efforce d'en chiffrer les conséquences. Alors même que l'Europe croyait, il y a un peu plus d'une semaine, avoir trouvé une issue à la crise grecque... Berlusconi voulait arriver au G20 avec des mesures fortes afin de prouver que l'Italie fait tout pour éviter une contagion de la crise grecque : c'est raté. Le conseil des ministres réuni en urgence mercredi soir s'est déroulé dans une ambiance délétère et n'a pris que des mesures limitées. Mercredi soir, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont mis la Grèce sous pression : à elle de décider si elle veut quitter la zone euro. Et pour obtenir une aide européenne, il faudra clarifier sa position. Une nouvelle réunion doit se tenir jeudi matin avant l'ouverture du sommet du G20. Alors que la crise grecque est venue perturber le sommet du G20, Nicolas Sarkozy a repris les rennes et tente de trouver des appuis pour certaines mesures comme celle sur la taxation des transactions financières. Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a souligné jeudi que l'enjeu pour la Grèce était de "mettre en oeuvre" le plan de anti-crise européen du 27 octobre, au risque sinon d'une "sortie de l'euro", jugeant "catastrophiques" la tenue d'éventuelles élections anticipées en Grèce. Selon le député UMP Dominique Bussereau, les Grecs vont voter "non" au référendum. Ce qui serait, selon l'ancien ministre, une erreur "politique gravissime" pour eux-mêmes et pour l'Europe. Pour le ministre des Affaires Européennes, Jean Leonetti, si la zone euro peut se passer de la Grèce, "On ne peut pas sauver non plus les gens malgré eux" a-t-il souligné. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont menacé mercredi la Grèce d'une suspension de l'aide européenne si Athènes n'acceptait pas d'appliquer tous les volets de l'accord conclu à Bruxelles jeudi dernier sur un sauvetage financier de ce pays. Côté français, François Fillon presse les Grecs de choisir : veulent-ils oui ou non rester dans la zone euro? Inventaire des réactions politiques françaises.
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Bien malin qui pourrait le dire : coup de poker d'un génie politique pour faire avaliser par l'opposition grecque les mesures budgétaires exigées par l'UE et le FMI ? Manœuvre de politique interne politicienne pour sauver son poste face à la colère de la rue et de sa propre majorité, en jouant les Grecs contre l'Europe et au risque de tout faire exploser en cas d'échec ? Suicide politique organisé ? Décision irresponsable d'un responsable à bout de fatigue ? Depuis lundi, toutes les hypothèses, parfois contradictoires entre elles, ont été soulevées par les analystes politiques grecs.
Réputé flegmatique et rigoureux, Georges Papandréou a surpris tout le monde en annonçant un référendum. Il a en tout cas réussi un grand chelem en se mettant, dans un premier temps, tout le monde à dos, aussi bien les partisans de l'austérité comme ses opposants. Peut-être était-ce d'ailleurs le but recherché afin de créer un électrochoc alors qu'aussi bien l'extrême gauche que l'extrême droite manifestent contre lui et qu'un vent de rébellion se lève dans sa majorité (même Evangelos Venizelos, le ministre des Finances, est opposé au référendum). Si tel était son but, il est en tout cas atteint.
Le référendum aura-t-il lieu ?
Rien n'est moins sûr ce jeudi soir. Georges Papandréou a indiqué dans l'après-midi qu'il était prêt à abandonner le projet à une condition : que l'opposition accepte de valider le 3e plan de sauvetage européen (et tout ce qui va avec au niveau budgétaire). Jusqu'à présent, Antonis Samaras, le chef de la Nouvelle démocratie, le principal parti de droite, qui a voté contre les deux précédents plans, refusait cette éventualité. Il a, lui aussi, changé d'avis. "Là où on en est arrivé avec la politique du gouvernement, le nouvel accord sur la poursuite de l'aide à la Grèce est inévitable et il faut le garantir", a-t-il lancé pour expliquer son revirement.
Un gouvernement de consensus est-il envisageable ?
Depuis jeudi après-midi, oui, puisque et Georges Papandréou et Antonis Samaras le souhaitent tous les eux. Reste à savoir si cela sera un gouvernement de coalition ou un gouvernement de transition. Les mots sont importants : la première solution permettrait à la nouvelle équipe de rester en place, si tout va bien, jusqu'à la fin de la législature, en 2013. La seconde impliquerait la préparation d'élections anticipées. Georges Papandréou propose évidemment la première solution, puisque des législatives d'ici quelques semaines sont perdues d'avance pour le Pasok, le parti socialiste. Sans surprise, Antonis Samaras exige un scrutin rapide.
Papandréou peut-il diriger un gouvernement de consensus ?
C'est bien sûr ce qu'il souhaite. Mais, étant donné la fronde jusqu'à l'intérieur du Pasok et les appels de la droite pour qu'il démissionne, il devra probablement laisser la main, même s'il obtient la confiance du Parlement et si le plan est voté. Les médias grecs avancent d'ores et déjà le nom de Lucas Papademos, ancien vice-gouverneur de la banque centrale européenne, pour devenir Premier ministre. Il s'agit néanmoins d'un proche de Papandréou.
Référendum abandonné, plan européen validé par le parlement grec : victoire ou défaite pour Papandréou ?
Sur le plan intérieur, il pourrait présenter la situation comme un succès puisqu'il aurait réussi à convaincre la droite de voter le plan d'austérité européen. Sur le plan international, l'abandon du référendum est déjà perçu comme un asservissement au couple franco-allemand et aux injonctions de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Leurs menaces faites à Cannes jeudi soir de ne plus verser "un centime d'euro" à la Grèce avant que la situation ne soit claire ne laissaient plus beaucoup de choix que de trouver une solution négociée avec la Nouvelle démocratie.
S'il a vraiment lieu, les Grecs peuvent-ils dire "oui" au référendum ?
Sur ce point, il est trop tôt pour avoir une idée tranchée puisque la question précise n'est pas encore connue -et elle ne le sera peut-être d'ailleurs jamais. Georges Papandréou affirme qu'elle porterait sur l'aide européenne, et non sur l'appartenance à la zone euro. Néanmoins, le fait que les dirigeants européens s'interrogent sur la possibilité de victoire du "oui" est révélateur de leur sentiment : il y a de très fortes probabilités que les Grecs disent "non", puisque le plan européen implique des mesures d'austérité dignes d'un remède de cheval.
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