"Rigueur", "croissance" et "équité": la devise de Monti pour l'Italie

Par L.D., le 17 novembre 2011 à 14h12 , mis à jour le 17 novembre 2011 à 21h43

Présentant son programme, le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti a promis jeudi devant le Sénat de réduire la dette colossale du pays, rassurer les marchés et sortir l'Italie de la crise. Dans la soirée, le Sénat a voté la confiance à l'ancien commissaire européen.

montiLe chef du gouvernement italien Mario Monti devant le Sénat le 17 novembre 2011. © LCI

Silvio Berlusconi ayant fait ses valises, c'est l'ancien économiste Mario Monti qui a pris mercredi la tête d'un gouvernement d'experts et de technocrates en Italie. Et jeudi, le nouveau président du Conseil a dû passer son premier grand oral devant le Sénat. Objectif : rassurer les partenaires européens  en restaurant la crédibilité de l'Italie et amadouer une opinion publique inquiète de l'austérité qui va fatalement lui être imposée.

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Le nouveau chef du gouvernement italien s'est donc plié à l'exercice de haute voltige en martelant devant les parlementaires de la haute chambre que l'action de son gouvernement serait axée sur la "rigueur budgétaire", la "croissance" et l'"équité" afin de réduire la dette colossale du pays et sortir l'Italie de la crise. Afin de respecter l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2013, le gouvernement évaluera "dans les prochaines semaines la nécessité de nouvelles mesures de correction budgétaire", a-t-il déclaré, car "l'absence de croissance a annulé les sacrifices" déjà accomplis dans le cadre des derniers plans d'austérité.
 
Mario Monti a toutefois promis le respect de "l'équité" dans la distribution des nouveaux "sacrifices" car "plus leur distribution sera équitable, plus ils seront acceptés". Mais l'Italie ne retrouvera pas la confiance des investisseurs si elle n'intervient pas sur la croissance, a-t-il souligné. "Nous avons besoin de mesures pour rendre l'économie moins sclérosée, aider la naissance de nouvelles entreprises, améliorer l'efficacité des services publics et favoriser l'emploi des jeunes et des femmes" a-t-il insisté.

"Le sort de l'euro dépend de ce que fera l'Italie"
 
Au titre des mesures concrètes, le successeur a ainsi annoncé qu'il entendait réformer le système des retraites et le marché du travail, deux réformes structurelles réclamées par l'Union européenne et attendues par les marchés. Le système des retraites italien est l'un des plus solides d'Europe mais il compte "d'amples disparités de traitement et des secteurs de privilèges injustifiés", tandis que les règles du marché du travail doivent être réformées pour éviter que certains salariés ne soient "excessivement protégés et d'autres privés de protections et d'assurance chômage", a-t-il souligné.
 
Revenant plus largement sur la crise que traverse la zone euro, Mario Monti a également rappelé que le sort d L'"avenir de l'euro dépendra aussi de ce que fera l'Italie dans les prochaines semaines". "L'Europe vit ses années les plus difficiles de l'après-guerre", a affirmé l'ex-commissaire européen, en soulignant que "le projet européen ne pourrait pas survivre à une éventuelle faillite de l'union monétaire".

Dans la soirée, Le Sénat italien a voté la confiance au nouveau président du Conseil. Après l'exposé du programme de réformes qu'entend mettre en oeuvre le successeur de Silvio Berlusconi, 281 membres de la Haute Assemblée ont donné leurs voix à l'ancien commissaire européen, contre 25. Vendredi, ce sera au tour des députés de la Chambre basse de se prononcer. Là-aussi, Mario Monti devrait aisément obtenir la confiances des élus.

 

Défilés en Italie contre le "gouvernement des banquiers"

Des milliers de personnes ont manifesté jeudi dans plusieurs villes italiennes pour protester contre "le gouvernement des banquiers" formé par Mario Monti pour éviter au pays de crouler sous son endettement.
A Milan, la capitale économique, les étudiants ont lancé des pétards pour tenter de briser le cordon de police les empêchant d'avancer vers l'université Bocconi, présidée par Mario Monti et devenue le symbole de son "cabinet de techniciens".  La police a répliqué à coups de matraques. Un journaliste a été blessé par un pétard.
A Turin, des affrontements ont eu lieu entre les forces de l'ordre et certains membres du cortège, fort de plusieurs milliers de personnes. Des anarchistes ont tenté de s'approcher du siège local de la Banque d'Italie.
Plusieurs personnes ont été blessées dont un policier, a dit la police. D'autres manifestations ont eu lieu à Rome, Palerme et Bari. Les étudiants ont défilé devant les universités où certains ministres de Monti enseignaient, des sièges de banques et des centres des impôts.

Par L.D. le 17 novembre 2011 à 14:12
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3 Commentaires

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  • ovation1, le 18/11/2011 à 08h38

    Allez les italiens debout il est l'heure de bosser jusqu'à 65 ans comme les boeufs de services dans toute l'europe victime du pognon

  • lucien31, le 18/11/2011 à 01h53

    Cela était à prévoir, et je l'avais déjà dit dans un commentaire, on a remplacé Berlusconi par Monti, et rien ne change, tant que les italiens ne comprendront pas que cette crise est grave et demande des sacrifices vous pouvez mettre qui que ce soit au pouvoir, même le Pape, cela ne changera rien. Idem pour la Grèce où Papadémos se casse la gueule également. Pour la France en 2012 cela sera pareil voire pire si le PS ou pire le FN venait à prendre le pouvoir. Nous n'échapperons malheureusement pas à cette rigueur.

  • la verite , le 17/11/2011 à 15h44

    Blabla blabla! bis

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