Russie : vers un "dialogue" entre Poutine et l'opposition ?

le 27 décembre 2011 à 09h26 , mis à jour le 27 décembre 2011 à 10h40

En proie à une contestation sans précédent des législatives russes, le Premier ministre serait disposé à dialoguer avec l'opposition et à prendre les mesures nécessaires en vue d'une élection présidentielle "honnête".

Russie : nouvelle mobilisation anti-Poutine à MoscouPlusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Moscou pour protester contre la victoire du parti de Vladimir Poutine aux législatives du 4 décembre. © TF1/LCI

Vladimir Poutine est prêt à un "dialogue" avec l'opposition et à la tenue d'une présidentielle "honnête" en mars. C'est ce qu'a affirmé mardi l'ex-ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, au journal Vedomosti. Recemment qualifié d'"ami" par le Premier ministre russe, Alexeï Koudrine a expliqué qu'il avait rencontré Vladimir Poutine avant de participer au grand rassemblement de l'opposition samedi pour y dénoncer les fraudes aux législatives et appeler les deux camps à des pourparlers. 

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"Avant d'aller au rassemblement, j'ai expliqué cette position à Vladimir Poutine. Et dans l'ensemble, j'ai compris qu'un dialogue est possible", a-t-il déclaré."De ma conversation avec Poutine, j'ai compris qu'il n'avait pas peur du scrutin du 4 mars et était prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser une élection présidentielle honnête".

Sans "dialogue", la Russie risque une "révolution"

Candidat à l'élection présidentielle de mars, Vladimir Poutine a déjà effectué deux mandats au Kremlin entre 2000 et 2008. Actuellement, il fait face au mouvement de contestation le plus important depuis son arrivée au sommet du pouvoir.
Selon les médias russes, entre 70 000 et 100 000 personnes auraient manifesté samedi dans le centre de Moscou pour réclamer l'annulation des législatives du 4 décembre remportées par le parti au pouvoir et la fin du régime de Vladimir Poutine.
Lors du rassemblement, Alexeï Koudrine avait estimé que la Russie risquait une "révolution" s'il n'y avait pas de "dialogue" entre le pouvoir et ses détracteurs. 

"Je n'ai pas été délégué par Poutine" pour discuter avec l'opposition, a cependant insisté l'ex-ministre dans les colonnes du quotidien Vedomosti en précisant qu'il était allé manifester "après longue réflexion, sans consulter qui que ce soit".

Alexeï Koudrine avait été poussé à démissionner du ministère des Finances à l'automne après avoir critiqué la valse Poutine-Medvedev. Le Premier Ministre et son "président délégué", avaient à l'époque annoncé qu'ils "échangeraient" leur poste à l'issue de la présidentielle de mars prochain.

 

Quand le blogueur Navalny défie Poutine devant les électeurs !

Le blogueur anticorruption devenu l'une des figures de l'opposition en Russie, Alexeï Navalny, s'est dit prêt à se présenter à la présidentielle contre Vladimir Poutine, mais uniquement si le régime adoptait des réformes politiques garantissant un scrutin démocratique.
Mais dans l'état actuel de la législation à la présidentielle du 4 mars prochain, Alexeï Navalny ne peut pas se présenter, les délais d'enregistrement des candidatures étant passés. Plusieurs figures de l'opposition réclament néanmoins une révision des règles électorales et un report de scrutin. "Lorsque nous aurons une vraie chance de participer aux élections, je suis prêt à me battre pour une position de leader, y compris à la présidentielle", a-t-il déclaré tard lundi soir à la radio Echo de Moscou.

Cet avocat de 35 ans, qui s'est fait connaître sur la blogosphère en révélant des scandales de corruption, est devenu l'un des dirigeants de l'hétéroclite alliance contre Poutine qui a organisé des manifestations massives pour contester les législatives controversées du 4 décembre remportées par le parti au pouvoir.
A l'antenne d'Echo de Moscou, il a estimé qu'une mobilisation accrue dans la rue était le seul moyen d'obtenir des concessions du régime de M. Poutine; "Peut-être que c'est une vision trop primaire, mais si un million de personnes sortent dans la rue (...) alors ils ne pourront rien nous faire. Et ils devront satisfaire nos revendications".


 

le 27 décembre 2011 à 09:26
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