Sans surprise, l'Espagne bascule à droite

le 20 novembre 2011 à 21h10 , mis à jour le 21 novembre 2011 à 14h26

La droite a remporté dimanche la majorité absolue aux élections législatives, portée au pouvoir par un pays inquiet qui a choisi de sanctionner le gouvernement socialiste, mais ne se fait pas beaucoup d'illusions sur l'avenir. La gauche indépendantiste basque entrerait au Parlement.

[Expiré] mariano rajoy © AFP/PP.MARCOU

 L'issue du vote est conforme aux prévisions. La droite espagnole a largement remporté dimanche les législatives anticipées. Le Parti populaire emmené par Mariano Rajoy, qui devrait diriger le prochain gouvernement, obtient 45% des voix et 186 députés au Congrès, la chambre basse du Parlement, contre 111 au Parti socialiste, qui dirige le pays depuis 2004. Ce score lui garantit la majorité absolue (176 sièges nécessaires). Pour la droite il s'agit du meilleur résultat depuis le retour à la démocratie, pour les socialistes du pire.
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Mariano Rajoy a promis dimanche soir un "effort solidaire" pour "faire la guerre à la crise", mais a reconnu qu'"il n'allait pas y avoir de miracle" face à une situation économique très difficile. "Ce n'est un secret pour personne que nous allons gouverner dans la conjoncture la plus délicate pour l'Espagne de ces 30 dernières années, mais je veux dire à tous les Espagnols que l'engagement que nous prenons avec vous nous allons le respecter totalement", a-t-il déclaré. "Nous éprouvons aujourd'hui une énorme satisfaction mêlée à un sentiment d'énorme responsabilité dans ces moments difficiles", a dit Maria Dolores Cospedal, numéro deux du parti. Les socialistes ont reconnu leur défaite dans la soirée.

Le Parti populaire sera en mesure, si sa majorité absolue se confirme, de gouverner seul le pays, sans alliances avec les partis nationalistes régionaux comme c'est le cas aujourd'hui pour les socialistes. Deux fois candidat malheureux en 2004 et 2008 face au socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, Mariano Rajoy, un homme tenace mais sans charisme, devrait être investi chef du gouvernement à partir du 20 décembre, soit une semaine au moins après l'installation des deux chambres du Parlement le 13. Surfant sur le mécontentement et la lassitude des électeurs, il n'a cette fois laissé aucune chance à son adversaire socialiste Alfredo Perez Rubalcaba, 60 ans, ancien ministre de l'Intérieur.

Les mesures de rigueur connues dans les prochains jours


Sous la très forte pression des marchés financiers, le nouveau chef du gouvernement devra maintenant agir vite pour tenter de redresser l'économie espagnole, quatrième de la zone euro, menacée de récession et asphyxiée par un chômage record de 21,52%. Les nouvelles mesures de rigueur qui se profilent, dont les grandes lignes devraient être annoncées dans les jours qui viennent, pourraient attiser la grogne sociale qui s'est installée dans le pays. Le mouvement des "indignés", apparu au mois de mai, s'est mis en sourdine après les grandes manifestations du printemps, mais perdure par exemple en  empêchant les expulsions de propriétaires surendettés.
  
Arrivés au pouvoir en plein miracle économique, alors que la croissance espagnole était portée par le boom de l'immobilier, les socialistes n'auront pas résisté à la crise financière mondiale qui a éclaté à l'automne 2008. Depuis mai 2010, les Espagnols sont soumis à une politique d'austérité - baisse de 5% du salaire des fonctionnaires, gel des retraites ou recul de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans. Vaincu par la crise, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, s'était finalement résigné à avancer de quatre mois les élections prévues en mars 2012.

Le président Nicolas Sarkozy s'est "entretenu dimanche par téléphone avec Mariano Rajoy pour le féliciter" de la victoire de son mouvement, a indiqué l'Elysée.

Le boom des "petits partis"

Au-delà de la victoire du PP et de la déroute du Parti socialiste, le second enseignement du scrutin est le très bon score des partis minoritaires et/ou régionalistes.

Au premier rang : la coalition indépendantiste basque de gauche Amaiur, issue de la mouvance Batasuna, bras politique de l'ETA, va entrer au Parlement. Leur nouvelle coalition Amaiur (gauche), avec trois autres formations  indépendantistes, aurait récolté dimanche sept sièges, selon des résultats  quasi définitifs. Un mois après l'annonce historique de l'ETA, organisation séparatiste basque, qui a mis fin à 40 ans de violence, cette nouvelle coalition aurait obtenu 6 à 7 sièges, assez pour constituer un groupe parlementaire, selon ce sondage.  Depuis environ un an, la gauche indépendantiste, qui a pris ses distances avec la violence, a gagné du terrain sur la scène politique, faisant davantage pression sur l'ETA pour qu'elle mette fin à la lutte armée.

De son côté, passant de deux à onze députés, Izquierda Unida (la Gauche unie) est le principal bénéficiaire des 4,3 millions de voix perdues par les socialistes depuis les élections de 2008. La coalition de gauche dirigée par Cayo Lara gagne 700.000 voix par rapport à 2008, fruit d'une campagne électorale conçue pour attirer les déçus de Zapatero et transformer dans les urnes le mouvement de protestation des "Indignés".

Convergencia i Unio (CiU), le parti nationaliste catalan modéré, devance aussi pour la première fois le PS en Catalogne et voit son groupe passer de dix à seize élus à la chambre basse du parlement national.

 

 

 

le 20 novembre 2011 à 21:10
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48 Commentaires

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  • mr0817, le 23/11/2011 à 04h56

    C'est d'une europe fédérale que vous parlez, mais cela personne n'en veut, et surtout pas les "politiques",

  • michalowice, le 21/11/2011 à 21h10

    Ce soir au 20h ils ont dit que les madrilènes n'ont montré aucun enthousiasme aprè l'election de Rajoy, pas de fiesta, pas de tapas, pas de chiquito !!! je l'ai annoncé hier, c'est un mal aimé !!!

  • michalowice, le 21/11/2011 à 17h48

    D'accord ! on va essayer.

  • al38240, le 21/11/2011 à 13h58

    L'Italie a toujours une assemblée nationale de droite, que je sache !

  • al38240, le 21/11/2011 à 13h53

    Ce n'est qu'un jeu de mot (auberge espagnole !) car avec Zapattero, ils étaient certains de ne plus en sortir du tout !

  • al38240, le 21/11/2011 à 13h51

    Cela fait 8 ans que les espagnols ont fait l'erreur de mettre au pouvoir les socialistes !

  • philippe_94, le 21/11/2011 à 13h49

    Il n'y a plus de gauche, il n"y a plus de droite, ni de France, ni d'Espagne. Il y a l'europe et le monde. Tant qu'on ne sortira pas de la spirale aveugle du mondialisme, les catastrophes vont continuer et s'amplifier : la machine est emballée telle un trou noir. Il faut envoyer un signal fort en 2012

  • niconicoexpat, le 21/11/2011 à 13h31

    L'Espagne a compris que la solution est de se remettre en cause et que la création (en géneral) , les PME et TPE sont une clé du problème. Le modèle francais soit l'assistanat, l'état qui veut tout controller et ce modèle qui a Flingué nos PME et TPE ces dernières années, c'est fini. Nous devons être courageux et faire face a ceux qui veulent la chute de l'Europe. Retroussons les manches et remettons nous en question Mais se remettre à travailler , pas évident, surtout en France Un expat

  • michalowice, le 21/11/2011 à 12h26

    Avec Rajoy, ils vont en baver les Espagnols, ce n'est pas un tendre ce dictateur franquiste !

  • dameiris, le 21/11/2011 à 11h53

    L'un dans l'autre...

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