Goran Hadzic, l'éphémère "président" de la "République serbe de Krajina" © TF1/LCIL'annonce a été faite mercredi en milieu de matinée par la télévision B92 : la traque de Goran Hadzic, dernier fugitif réclamé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, en cavale depuis 2004, s'est achevée. Son arrestation intervient près de deux mois après celle de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie.
Goran Hadzic face au TPIY
Notamment soupçonné de meurtre, extermination et torture, l'ex responsable des Serbes de Croatie était le dernier fugitif du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Publié le 25/07/2011
Ce qui attend Mladic au TPI de La Haye
Transféré mardi de Belgrade au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, l'ancien général serbe sera jugé pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il pourrait comparaître dès mercredi.
Publié le 31/05/2011
Comment Mladic a été capturé
Belgrade a détaillé samedi auprès de Reuters les circonstances de la capture cette semaine, 16 ans après la fin de la guerre de Bosnie, du commandant des forces séparatistes serbes de Bosnie, inculpé de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide pour le massacre de Srebenica et le siège de Sarajevo.
Publié le 28/05/2011
Ces Serbes qui voient encore Mladic comme un héros
La Serbie écarte les risques de troubles après l'arrestation du "boucher de Srebrenica", dont l'interrogatoire reprend ce vendredi ; jeudi, des manifestants se sont pourtant regroupés à Belgrade et Novi Sad. En 2008, ils avaient été des milliers à protester contre l'arrestation de Karadzic.
Publié le 27/05/2011
"La Serbie traquait réellement Mladic depuis 2008"
<b> Décryptage -</b> Comment l'ancien général serbe a-t-il pu se cacher pendant plus de quinze ans ? Belgrade jouait-elle vraiment le jeu pour le capturer ? Les réponses de TF1 News avec Jean-Arnault Derens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans.
Publié le 26/05/2011
Ratko Mladic : 15 ans de cavale en images
Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie a été arrêté jeudi après près de 15 ans de cavale. La dernière vido de elui qui a parfois été surnommé le "Boucher des Balkans" datait de 2005.
Publié le 26/05/2011
"La Serbie clôt le chapitre le plus difficile dans la coopération avec le tribunal de la Haye", a commenté, peu après cette annonce, le président serbe Boris Tadic, en précisant que l'arrestation avait eu lieu dans la région de la Fruska Gora, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Belgrade. Il a toutefois démenti que Goran Hadzic ait été appréhendé dans le monastère orthodoxe de Krusedol, fréquenté par de nombreux touristes, comme l'avaient indiqué des médias serbes peu auparavant. Tout comme il a démenti que la Serbie ait manifesté de la lenteur à retrouver le fuigitif, ainsi que les anciens chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, respectivement Radovan Karadzic et Ratko Mladic.
Quatorze chefs d'inculpation
"J'ai expliqué tout ce que l'on a fait ces dernières années et qu'il était très difficile pour nous d'enquêter sur ce type de personnes. Je ne peux que confirmer de nouveau que nous avons fait tout ce qui est possible et que je suis très fier de toutes les personnes qui ont travaillé sur la question", a-t-il poursuivi. Et le président serbe a exprimé l'espoir, de façon implicite, que l'arrestation de Goran Hadzic permettrait à la Serbie d'avancer dans ses perspectives européennes. "L'Union européenne salue avec force l'arrestation de Goran Hadzic par les autorités serbes", a indiqué, comme en réponse, un communiqué commun des présidents de l'UE, Herman Van Rompuy, de la Commission, José Manuel Barroso, et de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. "Il s'agit d'un pas supplémentaire important de la Serbie vers la réalisation de sa perspective européenne", à savoir l'adhésion à terme à l'Union européenne, ont-ils ajouté, en demandant le transfert "sans délai" de Goran Hadzic au TPIY à La Haye. Transfert qui devrait intervenir sous peu : "L'interrogatoire est terminé. L'acte d'accusation a été remis" au Tribunal spécial serbe pour les crimes de guerre, "ainsi que la décision indiquant que les conditions étaient remplies pour son transfèrement vers la Haye", a fait savoir dans l'après-midi son avocat.
Goran Hadzic a été l'éphémère "président" de la "République serbe de Krajina" pendant la guerre en Croatie, qui représentait un tiers environ du territoire de la Croatie. Le TPIY a retenu contre cet homme aujourd'hui âgé de 52 ans pas moins de quatorze chefs d'inculpation, notamment pour crimes contre l'humanité. La justice internationale lui reproche son implication présumée dans les meurtres de centaines de civils croates et la déportation de dizaines de milliers de Croates et autres non-Serbes par les troupes serbes pendant la guerre de Croatie (1991-1995). Le nom de Goran Hadzic reste lié notamment au massacre de l'hôpital de Vukovar, en novembre 1991, qui avait connu un large retentissement à l'époque. Quelque 250 Croates et autres non-Serbes, qui s'étaient réfugiés dans l'hôpital de cette ville de l'est de la Croatie, avaient été exécutés par les forces serbes après avoir été battus et torturés.
Une fois transféré à La Haye, Goran Hadzic sera écroué au centre de détention du TPIY dans l'attente de sa comparution initiale. Il aura alors l'occasion d'entendre les charges qui sont retenues contre lui et sera appelé à dire s'il plaide coupable ou non coupable. S'il refuse de se prononcer, il bénéficiera d'un délai de 30 jours avant que la question ne lui soit à nouveau posée. S'il plaide coupable de tous les chefs d'accusation, aucun procès n'aura lieu et le tribunal prononcera une peine. Le TPIY a d'ores et déjà fait savoir qu'il "attend avec impatience" son transfèrement. Le président par intérim du tribunal, le juge O-Gon Kwon, a jugé qu'avec cette dernière arrestation, le TPIY se "rapproche" un peu plus "de l'achèvement de son mandat". Tribunal provisoire chargé de juger les principaux auteurs des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des génocides commis pendant les guerres des Balkans, le TPIY arrive en effet à la fin de son mandat, prévue pour décembre 2014. Dans une résolution adoptée en décembre 2010, le Conseil de sécurité des Nations unies a ordonné la mise en place d'un nouvel organe, un "mécanisme résiduel" chargé d'achever les travaux du tribunal une fois son mandat parvenu à échéance. "Ce qui est important, c'est que toutes les personnes mises en accusation, y compris Hadzic donc, auront comparu devant le tribunal et non devant le mécanisme résiduel", a commenté mercredi Frédérick Swinnen, le conseiller spécial du procureur Serge Brammertz.
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