"Il y a des indices clairs que les hommes arrêtés pouvaient être en train de préparer des attentats en Espagne et/ou à l'étranger", a affirmé le ministre, Jorge Fernandez Diaz, lors d'une conférence de presse, évoquant des informations de services de renseignements d'autres pays. Il s'agit de "l'une des plus importantes enquêtes menées jusqu'à aujourd'hui contre l'organisation terroriste Al-Qaïda au niveau international", a-t-il souligné. Selon lui, "on ne peut pas dire que l'Espagne soit devenue un pays particulièrement menacé. C'est une menace globale", a-t-il souligné.
"Du matériel explosif", en quantité suffisante pour "détruire un autobus", a été découvert dans un appartement où vivait l'un des trois hommes, à La Linea de la Concepcion, une ville d'Andalousie, dans le sud du pays, a-t-il ajouté. "De la documentation sur l'utilisation d'ULM et d'avions téléguidés", a également été saisie, a déclaré M. Fernandez Diaz. En revanche, le ministre a démenti que du poison ait été découvert, comme l'avait affirmé auparavant la presse espagnole.
Deux des suspects, originaires "d'ex-républiques soviétiques", a-t-il dit, seraient "des membres d'Al-Qaïda, des personnes extrêmement dangereuses", et ont été arrêtés à Almuradiel, dans la province de Cuidad Real, au sud de Madrid, a précisé M. Fernandez Diaz. L'un d'eux "est un cadre très important dans la structure d'Al-Qaïda au niveau international", a-t-il ajouté. Tous deux ont été arrêtés alors qu'ils voyageaient à bord d'un autocar parti de Cadix, qui se rendait à Irun, dans le nord de l'Espagne, "avec l'intention présumée de se rendre en France". Cette information "a précipité leur arrestation", a précisé le ministre.
"Matériel explosif particulièrement destructeur"
M. Fernandez Diaz a encore ajouté que l'un des deux hommes avait "opposé une résistance peu commune, profitant de l'entraînement militaire qu'il a reçu, de telle manière que les forces spéciales ont dû intervenir" pour l'arrêter.
Le troisième homme, arrêté à La Linea de la Concepcion, est un logisticien du réseau, de nationalité turque, a dit M. Fernandez Diaz. Du matériel explosif a été découvert lors d'une perquisition à son domicile. "Il s'agit de matériel explosif particulièrement destructeur s'il est ajouté à des pièces métalliques", a précisé le ministre, ajoutant que l'un des trois hommes avait une large expérience "dans la fabrication d'explosifs chimiques, de voitures piégées, de manipulation de poison".
L'Espagne avait été frappée le 11 mars 2004 par des attentats islamistes contre des trains de banlieue à Madrid, qui avaient fait 191 morts. Depuis, des arrestations de militants islamistes radicaux ont eu lieu dans différentes régions du pays, notamment en Catalogne, dans le nord-est, et dans la région de Valence, dans l'est. Selon les médias, c'est la première fois que des extrémistes sont arrêtés dans le pays en possession d'explosifs. Le dossier a été confié à un juge de l'Audience nationale, le tribunal madrilène compétent en matière d'affaires terroristes.










