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Tuerie d'Utoeya : la démocratie norvégienne a surmonté le choc

Edité par
le 22 juillet 2012 à 06h00 , mis à jour le 22 juillet 2012 à 12h00.
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4min
Tuerie sur l'île d'Utoeya en Norvège le 22 juillet 2011.

Tuerie sur l'île d'Utoeya en Norvège le 22 juillet 2011. / Crédits : A.F.P. Jan Bjerkeli

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EuropeUn an après le drame de l'attentat d'Oslo et de la fusillade d'Utoeya, le Premier ministre norvégien se félicite de la solidité qu'a su montrer à cette occasion la démocratie norvégienne.

Ni guerre contre le terrorisme, ni mesures d'exception : face au traumatisme des attaques du 22 juillet 2011, qui avaient fait 77 morts à Oslo et sur l'île d'Utoeya, la Norvège a su réagir à sa manière. Bien loin de celle qui avait caractérisé les Etats-Unis après le 11 septembre 2001. Tous les journalistes étrangers venus assister au procès de l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik, auteur revendiqué de la double attaque, ont été frappés par le calme des échanges dans le prétoire, qui n'ont que peu dérapé lors d'interventions de proches de victimes. Une dignité qui a aussi caractérisé toute la société norvégienne après ce véritable drame national, comme en ce 26 avril 2012 qui a vu 40.000 Norvégiens chanter dans la rue une chanson pour enfants haïe par Breivik. Un "self-control" de toute la Norvège dont se félicite aujourd'hui, un an après les faits, le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg.

"La Norvège est aujourd'hui plus imprégnée de démocratie et de diversité que le 22 juillet 2011", a ainsi souligné Jens Stoltenberg dans un entretien paru samedi dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, à la veille du premier anniversaire de la tuerie. Après les attentats d'Oslo et Utoeya, a-t-il souligné, de nombreuses personnes se sont engagées dans des organisations politiques et des associations de jeunes. Le nombre de nouveaux membres n'a jamais était aussi élevé qu'actuellement, a-t-il ajouté. Tout en estimant que la démocratie est "l'arme la plus importante dans la lutte contre la violence". Un argument réaffirmé ce dimanche lors d'une cérémonie dans le quartier des ministères à Oslo : "La bombe et les balles visaient à changer la Norvège. Le peuple norvégien a répondu en embrassant nos valeurs. Le tueur a échoué, le peuple a gagné", a déclaré le Premier ministre.

Le verdict du procès Breivik attendu le 24 août

Nation tranquille connue pour sa tolérance et sa qualité de vie, la Norvège a pourtant subitement basculé dans l'horreur il y a un an en plein mois de juillet 2011 sous les attaques d'un des siens, Anders Behring Breivik. Tout commence à 15h25, lorsqu'une forte détonation, entendue des kilomètres à la ronde, sort le pays de sa torpeur estivale : une camionnette de location transportant quelque 950 kg d'explosifs à base d'engrais vient d'exploser au pied de la tour qui abrite le siège du Premier ministre dans le quartier des ministères à Oslo. Fort heureusement, Breivik a été retardé dans un embouteillage et de nombreux employés ont déjà quitté leur bureau. L'attentat fait huit morts et des dizaines de blessés, dont neuf graves. Jens Stoltenberg travaille dans sa résidence officielle à ce moment-là et s'en sort indemne. Dans le véhicule qu'il a garé un peu plus loin pour s'enfuir, Breivik entend à la radio que, contrairement à ce qu'il espérait, la tour gouvernementale ne s'est pas écroulée. Son objectif avoué est de provoquer une attaque aussi spectaculaire que possible pour attirer l'attention sur son "manifeste", un document de 1500 pages dans lequel il étale son idéologie antimusulmane.

Il décide alors de mettre la seconde phase de son plan à exécution. Vers 17h15, déguisé en policier, il débarque sur l'île d'Utoeya, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest d'Oslo, où, comme chaque année, des centaines de jeunes travaillistes sont réunis pour un camp d'été. Armé d'un fusil Ruger et d'un pistolet Glock semi-automatiques, il arpente l'île à la traque de jeunes gens désemparés dont il tente de gagner la confiance en se présentant comme un policier venu pour les protéger et les évacuer. Le massacre dure environ une heure et quart : 189 douilles seront ramassées. Breivik tire méthodiquement sur ceux qu'il rencontre et n'hésite pas à achever les blessés : 56 de ses 69 victimes sur Utoeya seront retrouvées avec une balle dans la tête. Venue par la route depuis Oslo puis à bord d'un modeste bateau pneumatique qui rend l'âme, une équipe d'intervention spéciale parvient, dans des conditions épiques, à débarquer sur Utoeya. A environ 18h34, Breivik est enfin arrêté.

A son procès, Breivik a reconnu les faits mais plaidé non coupable et demandé son acquittement. Dans ses réquisitions, le 21 juin dernier, le parquet a demandé son internement psychiatrique, estimant qu'il y avait des doutes suffisants pour le considérer comme pénalement irresponsable. Ses avocats ont plaidé pour qu'il soit reconnu sain d'esprit et pour "la peine la plus clémente possible". Le verdict est attendu le 24 août.

Commenter cet article

  • buzzy2507 : Breivik redoute l'asile psychiatrique, dans ce cas il faut l'interner.

    Le 22/07/2012 à 12h44
  • zoroastrian : Je pense que les familles qui ont perdu un enfant ne doivent pas avoir le même discours.

    Le 22/07/2012 à 10h49
  • bonscott12 : ????

    Le 22/07/2012 à 10h49
  • lunikoff : Bla bla bla .......

    Le 22/07/2012 à 10h34
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