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Tuerie de Norvège : comment Breivik s'est radicalisé


le 18 avril 2012 à 17h23 , mis à jour le 18 avril 2012 à 19h01.
Temps de lecture
3min
Anders Behring Breivik, le 18/4/12, au 3e jour de son procès

Anders Behring Breivik, le 18/4/12, au 3e jour de son procès / Crédits : TF1/LCI

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EuropeAu 3e jour d'audience, consacré à comprendre sa radicalisation, Anders Behring Breivik, jugé en Norvège, a estimé mercredi que la peine de mort (qui n'existe pas en Norvège) ou l'acquittement étaient les deux seules "issues justes" à son procès.

Au 3e jour de son procès mercredi, Anders Behring Breivik, jugé pour le massacre de 77 personnes l'été dernier en Norvège,  a levé une partie du voile sur les Chevaliers Templiers, le réseau mystique de militants nationalistes chargés de commettre des actes "héroïques", au nom duquel il dit avoir agit. Pressé de questions et mis devant ses contradictions, il a accusé le tribunal de le ridiculiser et a demandé à ce que ses meurtres soient jugés comme un combat contre l'immigration, estimant que la peine de mort ou l'acquittement étaient les deux seules "issues justes" à son procès.     
 
Comme lors des deux premières journées, Breivik est entré mercredi dans la salle 250 du tribunal d'Oslo en faisant son salut extrémiste, bras droit tendu et poing fermé, qui représente, selon lui, "la force, l'honneur et le défi aux tyrans marxistes en Europe". Cette journée était consacrée à comprendre la radicalisation de l'extrémiste de droite de 33 ans.  A la question de savoir comment il avait pu se transformer en tueur méthodique après une adolescence de petit voyou dans les quartiers ouest résidentiels d'Oslo, il a expliqué avoir rencontré en 2001 les "Chevaliers templiers", un groupe de militants nationalistes.  Il s'est emporté contre un magistrat qui a qualifié cette rencontre d'imaginaire. "Votre intention est de semer le doute sur l'existence de ce réseau", a-t-il dit après s'être opposé à la façon dont les magistrats formulaient leurs questions. 

"Un fantassin" prêt à mourir

S'en serait suivi un voyage au Liberia en avril 2002 pour y rencontrer un nationaliste serbe, sans vouloir là non plus préciser son identité ni les raisons exactes de ce voyage. Il a précisé n'avoir guère entretenu de liens avec ces militants depuis 2002, expliquant que la "cellule" qu'il commandait n'était composée que d'une seule personne : lui-même, se présentant comme un "fantassin" prêt à mourir pour sa cause.   Puis, interrogé par le procureur sur le fait de savoir si les deux "cellules" qu'il évoque régulièrement existent vraiment et s'il y a des raisons de craindre qu'elles puissent frapper la Norvège à tout moment, il a répondu par l'affirmative à deux reprises. Des menaces que l'accusation ne prend pas au sérieux.
 
A plusieurs reprises, il a accusé la procureure d'essayer de le "délégitimer" et de le "ridiculiser", expliquant les incohérences dans ses déclarations par des "étourderies" et des "défaillances de mémoire". Il a insisté sur sa peine, en estimant qu'"une peine de prison de 21 ans est pathétique", et qu'il rejetterait une telle condamnation. "Il n'y a que deux issues justes dans cette affaire: l'acquittement ou la peine de mort", a-t-il déclaré.
 
S'il est déclaré pénalement responsable à l'issue de son procès de dix semaines, où il est poursuivi pour "actes de terrorisme", l'extrémiste, âgé de 33 ans, encourt 21 ans de prison, une peine qui peut être prolongée  indéfiniment s'il est encore considéré comme une menace à l'issue de cette période. La peine de mort n'existe pas en Norvège. Déclaré pénalement irresponsable, ce qu'il refuse (voir notre article : Pour Breivik l'internement psychiatrique serait pire que la mort), il risque l'internement à vie.  

Commenter cet article

  • gvans : 21 ans pour chaque meutre avec les remises de peine il sortirait vers mars ou avril 2511

    Le 18/04/2012 à 19h08
  • bazzz : Cela serait encore lui faire trop d'honneur que de lui accorder une condamnation à mort et de la faire passer pour un martyr de sa petite cause "personnelle" alors que, dans sa lâcheté, ce type a préféré se rendre gentiment aux autorités plutôt que de se faire justice à lui-même s'il désirait tant que cela la mort. Au lieu de cela, il n'aura ni l'un, ni l'autre -pas d'acquittement ou de peine de mort. Les norvégiens vont juste le laisser profiter ces quelques jours de son moment de célébrité puis vont l'enfermer dans une cellule dont il jetteront la clé et, enfin, ils l'oublieront. Tout ce qu'il mérite, lui et ses idées...

    Le 18/04/2012 à 19h05
  • chrismaz63 : On pourrait se féliciter de la démocratie et des droits de l'homme à la norvégienne, mais laisser autant de liberté d'expression à cet homme vu dans le monde entier, est une pure folie. À l'heure des médias, d'Internet et de l'info relaya le en quelques clics dans le monde, cet homme risque fort de faire des émules , et pire, de devenir un héro.

    Le 18/04/2012 à 19h05
  • ahegon : Malheureusement aucune condamnation n'est à la mesure de cet acte ignoble, absolument aucune. Ce procès est cependant extrêmement utile, pour comprendre comment un être humain - parceque Breivik en est un - peut en arriver là, pour rappeler les dangers de l'extrémisme politique, refuser la haine raciale, honorer la mémoire des victimes. C'est sur leur innocence que l'on doit se concentrer, ce sont eux les héros. Le monstre doit disparaître, de la scène médiatique et de la société, ses "saluts" sont un affront quotidien à l'humanité, ses larmes sont de l'acide sulfurique sur les plaies ouvertes. Peu importe sa condamnation, pourvu qu'on l'oublie - et je crois qu'en fin de compte c'est la pire des punitions qu'on puisse imaginer à son égard - et qu'il ne puisse jamais, jamais, jamais, jamais recommencer.

    Le 18/04/2012 à 19h01
  • lem122 : Pas d'accord, s'il y a peine de mort, il gagne quelque part; mieux vaut qu'il croupisse en tôle.

    Le 18/04/2012 à 18h49
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