La Belgique a fait, dans la nuit de mercredi à jeudi, un grand pas vers une sortie de la crise politique dans laquelle elle se débat depuis des mois, alors que tous les espoirs d'une issue favorable semblaient perdus quelques heures plus tôt. Le Premier ministre pressenti, le socialiste francophone Elio Di Rupo, a semble-t-il gagné un pari risqué. Mercredi matin, il avait claqué la porte des négociations et fait état dans un communiqué amer du "blocage total" des discussions en vue de former un gouvernement de plein exercice, 458 jours après les législatives du 13 juin 2010. La tension était encore montée d'un cran lorsque le roi Albert II était rentré à Bruxelles, interrompant précipitamment ses vacances en France pour suivre d'au plus près l'évolution de la situation politique dans son pays.
La Belgique a enfin un budget, et peut-être bientôt un gouvernement
Les négociateurs de six partis francophones et néerlandophones belges sont parvenus samedi à un accord sur le budget fédéral 2012, ouvrant ainsi la voie au règlement de la crise politique qui paralyse la Belgique depuis juin 2010.
Publié le 26/11/2011
Belgique : le "formateur" Di Rupo renonce, le roi patiente
L'interminable crise belge s'est de nouveau aggravée avec l'annonce de la démission du premier ministre pressenti, Elio Di Rupo, en raison du blocage des négociations en vue de former un gouvernement. Le roi a suspendu sa décision.
Publié le 21/11/2011
Nouvelle poussée de fièvre dans la crise belge
Le roi des Belges, Albert II, a décidé de quitter précipitamment le sud de la France pour rentrer en Belgique en raison d'une nouvelle aggravation de la crise politique dans son pays.
Publié le 14/09/2011
Les présidents des huit partis flamands et francophones associés aux discussions se sont donc remis autour de la table en début d'après-midi dans une ambiance très lourde. Mais en début de soirée, des signes de détente sont apparus, Flamands et francophones faisant des pas les uns vers les autres. Et, peu avant minuit, les huit négociateurs ont annoncé avoir franchi une "première étape décisive" vers une solution. "Les 8 partis ont réussi à franchir ensemble les obstacles qui ont créé les difficultés de ces derniers jours. Ils ont pu dégager un consensus sur les divers aspects relatifs à BHV", l'arrondissement électoral bilingue de "Bruxelles-Hal-Vilvorde", le seul de Belgique, réunissant la capitale du pays et sa banlieue en Flandre, ont-ils indiqué dans un communiqué conjoint.
Plus de fonds en échange de la scission
Cette question est au coeur du contentieux entre Flamands et francophones. Les premiers réclament depuis des années sa scission afin de mettre fin à des droits linguistiques, électoraux et judiciaires spéciaux dont bénéficient les seconds dans la périphérie flamande de Bruxelles. Les quelque 130.000 francophones installés dans le pourtour de Bruxelles sont ainsi autorisés jusqu'ici à voter pour des partis francophones de la ville lors des élections législatives. "Même si le travail est encore loin d'être terminé et que de nombreux débats doivent être menés, l'étape franchie ce jour sur BHV, la réforme du Sénat et le vote des Belges à l'étranger constitue un pas important", ont ajouté les négociateurs.
Le communiqué ne donne aucune précision sur le contenu de cet accord. Mais selon des éléments du compromis dévoilés par les médias belges, les Flamands obtiendraient la scission de l'arrondissement bilingue, en échange de fonds supplémentaires pour Bruxelles, ville francophone dont les finances sont exsangues. Seuls les francophones vivant dans six communes jouxtant directement Bruxelles pourront encore à l'avenir voter pour des candidats francophones de la capitale aux législatives. Mais une "communauté urbaine" englobant Bruxelles et sa périphérie serait créée, ce qui n'isolerait pas totalement en Flandre les francophones qui y résident.
Selon le communiqué, les travaux reprendront jeudi après-midi sur d'autres points importants à régler: le transfert de nouvelles compétences vers les régions, réclamée par la Flandre, et une refonte du système de financement des régions et de l'Etat fédéral. Si tous ces obstacles sont franchis, il faudra encore définir le programme socio-économique de la future coalition pour qu'un gouvernement de plein exercice voit enfin le jour - alors que, depuis avril le pays est dirigé par un gouvernement chargé de gérer seulement les affaires courantes : une situation extrêmement inconfortable en pleine crise de la dette de la zone euro.
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