La manifestation devait rester pacifique, comme partout ailleurs dans le monde où les indignés ont défilé samedi pour dénoncer le poids de la banque et du monde de la finance en pleine crise économique. Mais à Rome, la police a dû intervenir et charger une fraction de manifestants dans le centre de la capitale italienne où des incidents violents ont éclaté en marge de la manifestation des "indignés". Une annexe du ministère de la Défense a été incendiée. Soixante-dix personnes ont été blessées, dont trois grièvement, lors des violences qui ont opposé éléments incontrôlés et forces de l'ordre, a rapporté dans la soirée l'agence de presse italienne Ansa.
Les forces de l'ordre ont lancé l'assaut en milieu de journée alors que des centaines de manifestants, masqués de foulards noirs, lançaient fumigènes, coktails molotov et bouteilles contre les forces de l'ordre, tandis que des dizaines de milliers de personnes continuaient à manifester pacifiquement dans le cadre de la journée mondiale contre la précarité et la finance. Ces éléments incontrôlés ont fini par mettre le feu à une annexe du ministère de la Défense. Une centaine d'inconnus cagoulés de noir ont mis le feu également à deux voitures.
Le parlement portugais encerclé
Ailleurs dans le monde, d'autres manifestations d'indignés se sont déroulées, sans heurts, dans plusieurs dizaines de villes. Les "indignés" ont manifesté contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance, pour la première journée planétaire de ce mouvement né en Espagne au printemps. A Madrid justement, des dizaines de milliers d'"indignés", sont revenus à la Puerta del Sol , où était né leur mouvement en mai avant de se propager à travers le monde. A Paris, plusieurs centaines d'"indignés" se sont rejoint place de l'hôtel de ville pour une assemblée populaire répondant à un appel international sous le mot d'ordre "Tous ensemble pour un changement mondial !".
Au Portugal, pays en proie à une sévère crise de la detten, environ 40.000 personnes ont manifesté contre le système financier, deux jours après l'annonce par le gouvernement de centre droite de nouvelles mesures d'austérité. A Lisbonne, plus de 20.000 manifestants partis de la place Marques de Pombal ont encerclé le palais Sao Bento qui abrite l'Assemblée nationale aux cris de "Cette dette n'est pas la nôtre" ou "FMI, dehors". Vingt mille autre personnes ont défilé à Porto, la deuxième ville du pays.
Julian Assange défile à Londres
A Francfort, Plus de cinq mille "indignés" ont défilé devant la Banque centrale européenne à Francfort (ouest de l'Allemagne), symbole d'un système financier jugé "irresponsable" et incapable de juguler la crise. Jeunes, retraités, familles avec enfants dans les poussettes, à pied ou à vélo, ils ont répondu bien plus nombreux que prévu à l'appel d'Attac ou de "Occupy Frankfurt", le pendant allemand des militants qui campent devant Wall Street à New York depuis un mois. A Londres, quelque 800 "indignés" rassemblées dans la City, coeur financier de Londres, ont reçu le renfort inopiné du fondateur de Wikileaks Julian Assange, mais sont restés fermement contenus par la police à distance de la bourse de Londres.
A Melbourne, en Australie, où a été donné le coup d'envoi de cette journée de mobilisation mondiale, un millier de personnes se sont réunies sur une place du centre-ville. "Les gens veulent une démocratie véritable, ils ne veulent pas que les grandes entreprises influencent leurs représentants politiques. Ils veulent que ces derniers soient comptables de leurs actes. Ils veulent être bien représentés", a dit Nick Carson, porte-parole de OccupyMelbourne.org.







