Sénégal et Mauritanie
Les présidents sénégalais et mauritaniens ont appelé ensemble, lundi, à bannir "la violence comme réponse" à la diffusion du film anti-islam, en déplorant que leurs auteurs "cherchent à provoquer une confrontation des cultures et des civilisations". Macky Sall et Mohamed Ould Abdel Aziz ont signé un communiqué commun, à l'issue de la première visite officielle à Nouakchott du président sénégalais.
Liban
Plusieurs milliers de manifestants libanais ont défilé lundi dans les rues de Beyrouth aux cris de "Mort à l'Amérique, mort à Israël !" pour dénoncer "L'Innocence des musulmans", le film islamophobe produit aux Etats-Unis. La manifestation, à l'appel du Hezbollah chiite, est restée pacifique, contrairement aux rassemblements de ces derniers jours dans d'autres capitales arabes. Fait rarissime, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, s'est montré en public lors de cette manifestation, qui est restée à distance de la représentation diplomatique des Etats-Unis. "Amérique, écoute-nous. N'insulte pas notre prophète", ont repris en choeur les manifestants. Vendredi, une personne avait été tuée à Tripoli, dans le nord du Liban, lors d'une manifestation contre le film dont la diffusion sur internet d'une version courte a provoqué un embrasement dans plusieurs pays arabes ou musulmans.
Russie
Le Parquet général russe a annoncé lundi son intention de faire interdire en Russie le film anti-islam "Innocence of Muslims" (L'Innocence des musulmans) en l'inscrivant sur la liste des oeuvres extrémistes. "Le Parquet général a préparé une requête en vue de faire reconnaître le caractère extrémiste de ce film diffusé sur Internet et insultant pour les croyants", a déclaré la porte-parole du parquet, Marina Gridneva, à l'agence de presse Interfax.
Le ministère de l'Intérieur libyen a limogé deux hauts responsables de la sécurité, a-t-on appris de source officielle lundi, six jours après une attaque meurtrière contre le consulat américain à Benghazi ayant coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis. Ainsi, le ministre de l'Intérieur a décidé de limoger le vice-ministre en charge de la région Est, Wanis al-Charef, ainsi que le directeur de la Sûreté nationale, le général Hussein Bou Hmida, selon les textes des deux décisions dont l'AFP a obtenu des copies.
Iran
Les dirigeants iraniens ont déjà demandé aux Etats-Unis de présenter aux musulmans des excuses pour la diffusion du film "Innocence of Muslims" présentant le prophète Mahomet comme un coureur de jupons et un imbécile. En outre, lundi, le premier vice-président Mohammad Reza Rahmini, cité par l'agence de presse Mehr, a déclaré que "le gouvernement de la république islamique (...) va certainement chercher, traquer et poursuivre la personne coupable qui a insulté un milliard et demi de musulmans à travers le monde". Rahmini n'a pas fourni de détails sur la manière dont le gouvernement iranien entendait poursuivre les auteurs du film, bien que la question ait fait l'objet d'une réunion gouvernementale, dimanche.
Afghanistan
Plus de mille Afghans ont protesté lundi de manière violente contre la diffusion d'un film hostile à l'islam, incendiant des voitures de police dans une artère de Kaboul où sont notamment installées des bases de l'Otan et des Etats-Unis. Il s'agissait de la première manifestation violente dans la capitale afghane contre la diffusion du "Innocence of Muslims" ("L'innocence des musulmans"), un long-métrage de très faible qualité, ayant déjà provoqué des violences en Libye, au Yémen, au Soudan.
Indonésie
Des heurts se sont également produits pour la première fois lundi à Jakarta entre la police et des manifestants devant l'ambassade américaine, lors d'un nouveau rassemblement contre le film. Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov et hurlé des slogans anti-américains, alors que la police répondait avec des canons à eau et des tirs de sommation pour disperser quelque 700 personnes, selon la police et un journaliste de l'AFP. Beaucoup des manifestants étaient des sympathisants de groupes extrémistes, tels que le Front des défenseurs islamistes, connu pour ses attaques armées contre des boites de nuit, des transsexuels ou des personnes considérées comme progressistes, ou le Jemaah Anshorut Tauhid, qualifiée d'organisation terroriste par les Etats-Unis cette année.
Pakistan
Quelques heures avant la manifestation en Afghanistan, des milliers de personnes ont manifesté dimanche à travers le Pakistan, et au moins huit personnes ont été blessées dans des affrontements avec la police devant le consulat américain à Karachi. Les forces de l'ordre ont tiré en l'air et fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser les protestataires qui s'étaient rassemblées à l'appel du Majlis-e-Wahadatul Muslimeen, une organisation religieuse chiite. Des manifestants sont parvenus à franchir le cordon policier et se sont approchés du bâtiment hautement protégé du consulat américain de la capitale économique du Pakistan, sur lequel ils ont lancé des pierres. "A bas l'Amérique", "Nous sacrifierons nos vies pour sauvegarder l'honneur du prophète", "Pendez le réalisateur du film", criaient les protestataires.
Par ailleurs, le Pakistan a bloqué lundi l'accès au site Youtube sur lequel est diffusé le film anti-islam réalisé aux Etats-Unis, à l'origine d'une vague de manifestations, qui ont fait plusieurs morts, dans le monde musulman. Toute tentative d'accès à Youtube se heurte à un message indiquant que le site a été bloqué pour cause de "contenu indécent" sur ordre de la direction pakistanaise des Télécommunications.
Malaisie
YouTube a annoncé lundi qu'il avait bloqué l'accès en Malaisie au film polémique, dont la diffusion est déjà empêchée en Indonésie, Inde, Libye, Egypte, Afghanistan et Pakistan. "Quand on nous informe qu'une vidéo est illégale dans un pays, nous en bloquons l'accès à la suite d'un examen en profondeur", a déclaré un porte-parole de YouTube. Le gouvernement malaisien avait déposé samedi une plainte officielle. Certains extraits du film restaient cependant visibles sur YouTube lundi matin, tandis que d'autres étaient bloqués. Comme dans de nombreux autres pays musulmans, le film a suscité des manifestations en Malaisie mais elles sont restées pacifiques dans ce pays.
Etats-Unis
Le président américain Barack Obama a contacté ce week-end ses chefs de mission en Libye, en Tunisie, au Yémen et au Soudan, pour "faire savoir aux diplomates qu'il pensait à eux, que leur sécurité restait l'une de ses priorités", selon la Maison Blanche.










