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Il y a an, le "printemps arabe" débutait...

Fabrice Aubert par
le 17 décembre 2011 à 05h45 , mis à jour le 17 décembre 2011 à 13h40.
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3min
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MondeLe 17 décembre 2010, Mohammed Bouazizi, un vendeur ambulant, s'immolait après une altercation avec une policière à Sidi Bouzid, en Tunisie. L'événement allait déclencher la révolte dans le pays puis dans tout le monde arabe.

Zine Ebedine Ben Ali en Tunisie, Hosni Moubarak en Egypte, Mouammar Kadhafi en Libye et prochainement Ali Abdallah Saleh : en moins d'un an, ces quatre dirigeants arabes auront disparu, parfois physiquement, du pouvoir. Un cinquième, Bachar al-Assad en Syrie, est plus que jamais sur la sellette.

D'autres ont connu des heures difficiles, comme le roi Hamad Ben Issa  Al-Khalifa à Bahreïn , certains -Mohammed VI au Maroc, Abdallah II en Jordanie- ont lancé des réformes préventives  pour tuer la contestation dans l'œuf. Seuls Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, et les monarchies pétrolières ont  été relativement épargnés.  

Le jasmin face à la répression

Cette année 2011 historique dans le monde arabe a en fait débuté en 2010, précisément le 17 décembre. Et il n'a suffi de pas grand-chose pour arriver à cet inconcevable soulèvement démocratique : une simple dispute à Sidi Bouzid, en Tunisie, entre Mohammed Bouazizi, 26 ans, vendeur ambulant non autorisé, et Fayda Hamdi, agent municipal de 45 ans, qui lui confisque sa marchandise.  Deux heures plus tard, le jeune homme s'immole par le feu.

Les premières manifestations spontanées commencent, dans un pays pourtant peu habitué à la contestation. Les revendications sont tout d'abord sociales -la ville est minée par le chômage et la pauvreté. Mais, en s'étendant dans la région, elles deviennent rapidement politiques. A la fin du mois, elles atteignent Tunis, la capitale, grâce notamment aux réseaux sociaux et malgré la brutale répression. L'attention internationale se tourne alors vers la Tunisie. Le vendredi 14 janvier, Zine Ebedine Ben Ali prend la fuite face à la "révolution du jasmin".

Kadhafi jusqu'au bout
 
Dans la foulée, les Egyptiens prennent le relais. Pendant dix-sept tours, ils se rassemblent place Tahir, en plein centre du Caire, pour demander le départ d'Hosni Moubarak. Le vendredi 11 février, celui-ci annonce son retrait -il sera jugé quelques mois plus tard.

Au même moment, c'est toute la région qui s'embrase contre les dirigeants ou les régimes autoritaires en place depuis des années. Fin février, c'est notamment au tour de Mouammar Kadhafi d'être contesté en Libye. Sa réplique est sanglante, au point que les Occidentaux interviennent militairement avec l'aval de l'Onu. Connaissant le personnage, beaucoup d'observateurs prédisent qu'il ne prendra ni l'avion ni démissionnera. Le 20 octobre, après une longue guerre civile, il est capturé par les rebelles et tué. En novembre, Ali Abdallah Saleh, au pouvoir au Yémen depuis 1978, accepte de passer la main -son départ effectif est prévu pour début février 2012. 

L'"automne islamiste"
 
Quelques mois après ce "printemps arabe", des élections sont organisées en Tunisie, au Maroc et en Egypte. C'est alors la douche froide pour beaucoup d'Occidentaux et de militants démocratiques : l'"automne islamiste" prend en effet le relais. Les islamistes d'Ennahda l'emportent ainsi en Tunisie en octobre. Un mois plus tard, rebelote avec le PJD au Maroc et les Frères musulmans en Egypte.

La tendance serait probablement identique dans les autres pays en cas d'élection. La raison en est simple : les islamistes sont les seuls à s'être vraiment impliqués auprès des populations ces dernières années.

Commenter cet article

  • diktatur : La démocratie dans les pays arabes? j'y crois pas!

    Le 17/12/2011 à 12h53
  • sphilou98 : Il y a "un an" c'est mieux ;)

    Le 17/12/2011 à 12h13
  • tarris : Aujourd'hui, la France et très loin de la Démocratie.

    Le 17/12/2011 à 09h35
  • botnet : Un cree une nouvelle dictature

    Le 17/12/2011 à 09h19
  • papicharly06 : Et maintenant c'est l'automne européen !

    Le 17/12/2011 à 09h17
      Nous suivre :

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