Verbatim : les propos du pape sur l'islam

le 15 septembre 2006 à 14h58 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 11h26

Retrouvez une partie du discours tenu par Benoît XVI sur l'islam.

TF1/LCI Benoît XVI tient un discours sur l'islam, le 12 septembre en Allemagne.Benoît XVI tient un discours sur l'islam, le 12 septembre en Allemagne. © TF1/LCI

Pour évoquer le rapport entre foi, raison et violence dans la religion musulmane, Benoît XVI  s'est référé à un livre de l'empereur byzantin Manuel II Paléologue (1350-1425). Dans cet ouvrage, Entretiens avec un musulman, 7e Controverse, présenté et publié dans les années 1960 par le théologien allemand d'origine libanaise Théodore Khoury, l'empereur expose le dialogue qu'il a entretenu, probablement entre 1394 et 1402, avec un Persan musulman érudit.

Voici des extraits de  l'intervention du pape, selon une traduction française de l'AFP à partir du texte allemand fourni par le Vatican.

"Le dialogue repose sur tout le concept de la foi décrit dans la Bible et le Coran et porte en particulier sur les images de Dieu et de l'homme, tout en revenant nécessairement sans cesse sur le rapport entre ce qu'on appelle les "trois lois" : l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran.

Dans ce discours, je voudrais seulement aborder un point -plutôt marginal dans le dialogue- qui m'a captivé, en rapport avec le thème de la foi et de la raison, et qui me sert de point de départ pour mes réflexions sur ce thème. Dans la septième Controverse éditée par le professeur Khoury, l'empereur aborde le thème du Jihad. L'empereur devait savoir que la sourate 2-256 dit : 'Il n'est nulle contrainte en matière de foi' -selon les spécialistes, c'est l'une des premières sourates, datant de l'époque où Mahomet était encore sans pouvoir et menacé.

Mais l'empereur connaissait aussi naturellement les commandements sur la Guerre sainte contenus (...) dans le Coran. Sans s'attarder sur des détails, comme la différence de traitement entre les "croyants" et les "infidèles", il pose à son interlocuteur, d'une manière étonnamment abrupte pour nous, la question centrale du rapport entre religion et violence."Il lui dit : 'Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l'épée la foi qu'il prêchait'.

"L'empereur, après avoir tenu des propos si forts, explique ensuite en détails pourquoi il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme : "Dieu n'aime pas le sang et agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme et non du corps. Celui qui veut donc conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler bien et de penser juste, et non de violence et de menace... Pour convaincre une âme raisonnable, on n'a pas besoin de son bras, ni d'armes, ni d'un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu'un de mort..'. 

La phrase décisive dans cette argumentation contre la conversion par la violence, c'est : 'Agir de manière déraisonnable est contraire à la nature de Dieu'. L'éditeur, Théodore Khoury, commente à ce propos: pour l'empereur, un Byzantin éduqué dans la philosophie grecque, cette phrase est évidente. En revanche, pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison. Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français Arnaldez (ndlr : décédé en avril dernier), qui souligne que Ibn Hazm (ndlr : unthéologien musulman des Xe et XIe siècles) est allé jusqu'à expliquer que Dieu n'est même pas lié par sa propre parole, que rien ne l'oblige à nous révéler la vérité. S'il le souhaitait, l'homme devrait même se livrer à l'idôlatrie".

Réagissez aux propos de Benoît XVI avec Valérie Expert dans "On en parle",
lundi 18 septembre à 9h10

le 15 septembre 2006 à 14:58
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2 Commentaires

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  • Valentin, le 15/09/2006 à 16h08

    Ca me fait bien rire tout cela... Et les croisades, et la torture des eretiques, et les intimidations de l'Eglise pendant des siecles... ce n'est pas la conversion ou l'intimidation a la foi par le sang et la violence? Il va falloir reecrire les livres d'histoire alors. A en croire ce pape, la chertiente a tout du bon... je pense que l'une ne vaut pas l'autre.

  • Chaillout, le 15/09/2006 à 15h57

    En France, on nous a enseigné à ne pas confondre le comportement de quelques hommes fous, il y a une cinquantaine d'année, et celui de tout un peuple. Il serait bon qu'une telle distinction soit appliqué par ce haut représentant de religion !

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