Les défis du nouveau chef de l'Onu

le 01 janvier 2007 à 08h40 , mis à jour le 01 janvier 2007 à 10h24

Ban Ki-moon, qui était, il y a peu encore, ministre sud-coréen des Affaires étrangères, va devoir notamment s'atteler à la réforme de l'Onu.

[Expiré] [Expiré] Ban Ki-Moon Kofi Annan © AFP - Stan Honda

Le nouveau secrétaire général des Nations-unies, Ban Ki-moon, entre en fonctions ce lundi. Avec déjà de gros défis, notamment l'achèvement de la réforme de l'Onu et le traitement des nombreuses crises qui secouent la planète. La prestation de ce diplomate sud-coréen de 62 ans sera observée de près par les Etats membres, notamment le plus puissant d'entre eux, les Etats-Unis qui ont fortement soutenu sa candidature, sur le front de la réforme de l'Organisation mondiale entamée en 2005 par son prédécesseur, Kofi Annan. Washington et d'autres attendent une Onu moins dépensière, plus efficace, plus transparente et plus stricte sur les critères d'éthique et de gestion, après la série de scandales qui l'ont ébranlée, dont celui du programme "pétrole contre nourriture" en Irak.

Conscient de ce défi, Ban Ki-moon a indiqué, lors d'une conférence de presse courant décembre, qu'il s'attacherait à "restaurer la confiance" envers l'Organisation. Plus difficile sera un autre aspect de la réforme, l'élargissement du Conseil de sécurité dont l'actuelle composition, de l'avis général, ne reflète plus la réalité du monde d'aujourd'hui mais celle de 1945, date de création de l'Onu. Malgré cette quasi-unanimité de diagnostic, l'élargissement s'est révélé jusqu'ici impossible, du fait de désaccords fondamentaux entre Etats membres, notamment entre les cinq "Grands" (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), qui jouissent du privilège du veto au Conseil.

Un monde en crise

Sur le plan de l'engagement sur le terrain, Ban Ki-moon arrive alors que les crises, réelles ou potentielles, sont innombrables. Parmi elles, la guerre en Irak, lancée hors du cadre de l'Onu et dont les Etats-Unis ne savent guère comment sortir, les crises nucléaires avec la Corée du Nord - un sujet qu'il connaît bien pour avoir été ministre des affaires étrangères jusque récemment - et avec l'Iran, et le Proche-Orient avec la poursuite du conflit israélo-palestinien et un Liban fragilisé. Tous ces dossiers sont à l'ordre du jour régulier du Conseil de sécurité, tout comme les multiples crises africaines, au premier rang desquelles la tragédie du Darfour qui métastase au Tchad et en Centrafrique, mais aussi la Somalie, la République démocratique du Congo entre autres.

Dans la plupart de ces pays ou régions, ainsi qu'en Haïti et au Kosovo, des Casques bleus sont engagés, reflet d'une expansion spectaculaire des opérations de maintien de la paix au cours de la décennie écoulée. Aujourd'hui, l'Onu doit gérer à partir de son siège new-yorkais plus de 100.000 troupes fournies par toute une variété d'Etats membres.

Ban Ki-moon devra également être la voix de l'Onu sur tous les dossiers transnationaux dans lesquels elle est impliquée comme la lutte contre le sida, le réchauffement climatique, l'émancipation des femmes, la protection des civils, notamment des enfants, dans les conflits armés et galvaniser les énergies pour que le monde atteigne les Objectifs de développement du Millénaire d'ici 2015. Pour l'heure, les Etats membres attendent impatiemment de voir comment le nouveau secrétaire général va s'entourer, qui il va choisir pour occuper les postes clés de l'administration onusienne. Dimanche, il a nommé comme chef de cabinet Vijay Nambiar et comme porte-parole Michèle Montas, deux personnalités qui se trouvaient déjà dans le système onusien.

D'après agence

le 01 janvier 2007 à 08:40
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