Le pape Benoît XVI © TF1-LCILe pape Benoît XVI publiera dans "quelques jours" un document facilitant la célébration des messes en latin selon un rite établi au XVIème siècle lors du Consile de Trente. Le concile de Vatican II l'avait remplacé par une liturgie moderne dans les années 1960, cantonnant son usage à de rares cas, autorisés par les évêques. Mais Benoît XVI, qui s'est toujours montré sensible à cette messe traditionnelle, souhaite aujourd'hui libéraliser sa célébration.
Cette décision réjouit les traditionalistes, adeptes de Mgr Lefebvre, qui voient dans cette annonce une première étape vers une éventuelle réhabilitation. "Cette messe [en latin] avait été diabolisée. Si elle retrouve droit de cité dans l'Eglise, il s'agit d'une première étape", explique Alain Lorans, abbé à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, souvent présentée comme l'église intégriste de Paris.
De nombreuses inquiétudes
Du côté de la Conférence des évêques, on se refuse à tout commentaire, estimant que le texte n'étant pas encore connu, il est difficile de spéculer sur son contenu. Mais la réhabilitation de la messe en latin suscite de nombreuses inquiétudes. Pour preuve, la lettre que le pape a envoyée à tous les évêques en plus du texte du décret papal.
Car si les intégristes réclament depuis longtemps le retour de la messe en latin, il ne s'agit pas là de leur seule revendication. Excommunié par le pape Jean-Paul II en 1988 après avoir ordonné illégalement des évêques, Marcel Lefebvre est alors entré en dissidence, refusant l'ensemble des acquis du concile de Vatican II, dont l'abandon de la messe en latin fait partie. Autoriser la messe en latin ne signifie donc pas que les adeptes de Mgr Lefebvre sont réintégrés dans l'Eglise, même si eux voient cette décision comme une première étape vers des discussions sur les points doctrinaux qui continuent de poser problème.
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