Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le 16 mai 2007, à Berlin © TF1/LCIOpération séduction pour le président français en visite en Pologne jeudi. Alors que les frères Kaczynski, l'un président et l'autre premier ministre du pays, menacent de mettre leur veto au lancement d'un traité simplifié lors du Conseil européen des 21 et 22 juin s'ils n'obtiennent pas une modification du système de vote dans les instances européennes, Nicolas Sarkozy entend bien les convaincre de renoncer à leurs exigences. "La Pologne ne peut pas bloquer l'Union européenne", a dit le président français dans une interview publiée par le quotidien Gazeta Wyborcza. Il veut donc "convaincre les dirigeants polonais que la Pologne est devenue si importante en Europe que l'on a besoin d'elle pour avoir un compromis sur le traité simplifié".
Au cœur des tensions : la modification du système de vote dans les instances européennes. La Pologne ne veut pas du vote à la majorité qualifiée, qui permet l'adoption d'un texte si 55% des Etats membres, représentant 65% de la population de l'Union, vote favorablement. Elle estime que ce système, retenu dans la Constitution, avantage trop les grands pays comme l'Allemagne. Varsovie souhaite au contraire que le vote soit fondé sur la racine carrée du nombre d'habitants de chaque pays, point avec lequel M. Sarkozy n'est "pas forcément d'accord".
Eviter le veto polonais
La chancelière allemande Angela Merkel, qui préside actuellement l'Union européenne, a pour le moment refusé de rouvrir ce chapitre, de peur de déclencher une cascade de revendications. Mais la Pologne menace d'user de son droit de son veto lors du prochain sommet de l'UE, qui se tiendra à Bruxelles la semaine prochaine. Au cours de cette rencontre, Angela Merkel souhaite arriver à un accord sur une relance du projet de traité européen, même si elle a estimé jeudi qu' "une solution n'était pas encore en vue".
Pour Nicolas Sarkozy, la Pologne ne doit pas bloquer un éventuel accord. "Etre un grand pays, cela ne présente pas que des avantages", a déclaré le président français à Gazeta Wyborcza. D'où sa visite , au cours de laquelle il doit s'entretenir et déjeuner avec son homologue polonais Lech Kaczynski, avant une réunion de travail avec le Premier ministre Jaroslaw Kaczynski. Dans un entretien au Monde paru mardi, le président polonais a d'ores et déjà dit attendre "avec impatience" les propositions de M. Sarkozy.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





