Hugo Chavez le 21 sept 2006 © LCIEn tant que président du pays où avait eu lieu le précédent sommet de l'organisation, en 2000, c'est à lui que revenait l'honneur de prononcer le premier discours de la cérémonie d'ouverture du 3e sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui se déroule ce week-end dans la capitale saoudienne. Le président vénézuélien Hugo Chavez a osé faire le signe de croix et citer par deux fois le Christ samedi à Ryad, pendant son discours d'ouverture prononcé devant les chefs d'Etat des principaux pays du Golfe et son hôte le roi Abdallah d'Arabie. Un nouveau coup d'éclat, alors que la semaine dernière, le Vénézuélien s'était violemment opposé à l'exécutif espagnol. A tel point que le roi d'Espagne lui avait demandé de se taire (lire notre article).
Avant de commencer son discours, un Hugo Chavez solennel s'est signé. Ce signe de croix est un événement sans précédent connu dans la capitale du pays qui abrite les deux principaux lieux saints de l'islam, à La Mecque et Médine, et devant le roi saoudien, qui a le titre de "Serviteur des deux Saintes Mosquées". "Nous savons (...) que l'unique chemin de la paix, comme l'a dit le Christ, c'est la justice", a notamment lancé M. Chavez, qui a invoqué une autre fois Jésus Christ pendant un discours de 25 minutes.
Chavez et Abdallah d'Arabie s'opposent sur le pétrole
Mettant en garde les Etats-Unis de "commettre la folie d'envahir l'Iran ou d'agresser à nouveau le Venezuela", le président vénézuélien a également exalté l'histoire "révolutionnaire" de l'Opep. Arrivé au pouvoir en 1999, alors que le cours du brut était tombé à son plus bas niveau historique, Hugo Chavez s'est ensuite enorgueilli d'avoir ressuscité l'Opep, qui, a-t-il dit, avait été pratiquement "réduite en miettes" dans les années 80 par le président américain Ronald Reagan. "Le prix de 100 dollars (...) est un prix équitable, un prix juste", a-t-il poursuivi.
Reprenant un thème qui lui est cher, mais qui est aux antipodes de la position de l'Arabie et de la majorité des autres membres du cartel, le président vénézuélien a ensuite souhaité que l'Opep "change et devienne un acteur politique, géopolitique". Des propos que le souverain saoudien a rejeté ensuite dans sa brève allocution, en lâchant, dans un style plus sobre, mais avec tout autant de fermeté, que "le pétrole ne (devait) pas se transformer en outil de conflit" et que l'Opep était opposée aux "perturbations brusques des prix du pétrole".
En signe de bonne volonté, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a en outre promis de consacrer 300 millions de dollars à la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour contribuer à la protection de l'environnement, a annoncé samedi le roi Abdallah.
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