Al gore, recevant son prix nobel le 10 décembre à Oslo © LCI| "Il est temps de faire la paix avec notre planète" |
Candidat malheureux à la Maison Blanche en 2000 face à l'actuel président George W. Bush, Al Gore se consacre depuis des années à éveiller les consciences sur la menace climatique. Un combat dont celui qui fut vice-président démocrate reconnaît qu'il a parfois nui à sa carrière politique, dans son livre Urgence Planète Terre, récemment republié. Combat que son échec à la présidentielle n'a fait que renforcer, avec notamment l'adaptation à l'écran de ses travaux sous la forme d'un documentaire, Une vérité qui dérange, primé aux Oscars. Ce lundi, cet engagement lui a valu de recevoir le prix Nobel de la paix, lors d'une cérémonie solennelle à l'Hôtel de ville d'Oslo. Un prix qu'il partage avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), représenté à Oslo par son président Rajendra Pachauri.
Dans son discours d'acceptation du Nobel, il a une nouvelle fois appelé Etats-Unis et Chine, les deux plus importants émetteurs de CO2 au monde, à réduire leurs émissions sous peine de torpiller les efforts internationaux contre le changement climatique. La réussite de la lutte contre le réchauffement "sera influencée de manière décisive par ces deux nations qui n'en font pas assez aujourd'hui", a estimé l'ancien vice-président américain. "Il devrait être absolument clair que ce sont les deux principaux émetteurs de CO2, surtout mon propre pays, qui devront faire les gestes les plus audacieux sous peine d'être jugés par l'Histoire pour leur échec à agir".
"La Terre a de la fièvre. Et cette fièvre augmente"
Seul pays occidental à encore rejeter le protocole de Kyoto, les Etats-Unis refusent tout objectif international contraignant de réduction des émissions, estimant que cela pèserait sur leur économie alors que les pays émergents ne sont pas liés par de telles obligations. La Chine, elle, justifie son exonération d'engagements contraignants par la responsabilité historique des pays industrialisés dans le réchauffement climatique et son droit au développement. Aucune avancée sur ce point ne semble se dégager de la réunion de Bali, où près de 190 délégations tentent actuellement de s'entendre sur une feuille de route de négociations en vue d'un accord visant à prolonger au-delà de 2012 les engagements de réduction des GES pris dans le cadre du protocole de Kyoto.
"Les deux pays devraient cesser d'utiliser le comportement de l'autre comme une excuse pour bloquer" les efforts internationaux de réduction de gaz à effet de serre (GES) - au premier rang desquels le dioxyde de carbone (CO2) -, à l'origine de la montée du thermomètre, a encore affirmé Al Gore. "La Terre a de la fièvre. Et cette fièvre augmente. Les experts nous ont dit que ce n'est pas un malaise passager qui passera tout seul. Sans que l'on s'en soit rendu compte, nous avons entamé une guerre contre la Terre elle-même" avec, comme seule perspective, "une destruction mutuelle assurée".
Le nouveau Nobel de la Paix a évoqué les principaux risques que le réchauffement fait courir à la planète, en évoquant les villes et les îles menacées par l'élévation des océans due à la fonte des glaces ou encore les millions de réfugiés climatiques fuyant sécheresse et inondations. Faute de réduire les émissions de gaz pour endiguer le réchauffement, l'Homme risque, selon lui, d'être confronté à "un été carbonique" permanent de la même manière qu'il s'était exposé à un "hiver nucléaire" lors de la course aux armements pendant la Guerre froide. Aussi, "il est temps de faire la paix avec notre planète".
D'après agence
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