Ce que change un baril de brut à 100 dollars

le 03 janvier 2008 à 07h32 , mis à jour le 03 janvier 2008 à 11h46

Au-delà du prix de l'essence pour les automobilistes, c'est tout l'équilibre économique qui est modifié. Certains Etats se frottent déjà les mains.

[Expiré] [Expiré] pétrole Gaz Libye Tripoli Kadhafi énergie compagnie © AFP

La flambée des cours du pétrole, qui a atteint 100 dollars le baril mercredi, est une aubaine pour les tenants de la "pétrodiplomatie", qui veulent utiliser l'or noir comme arme politique, à l'image de plusieurs dirigeants latino-américains opposés au libéralisme.

A la tête depuis 1999 du sixième exportateur de pétrole au monde, le président socialiste vénézuélien Hugo Chavez est l'un des théoriciens de cette stratégie qui l'a incité à s'allier à son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad. "100 dollars, c'est le juste prix qui donne au pétrole sa vraie valeur", déclarait récemment Chavez, partisan d'une ligne dure et d'un maintien au niveau actuel de la production de l'OPEP, le cartel des pays exportateurs qu'il pousse à devenir un "acteur politique" sur la scène internationale. Début décembre, l'OPEP a ignoré les appels des pays consommateurs réclamant plus de brut pour calmer la flambée des prix qui taquinaient déjà les 100 dollars. L'organisation a prévu une réunion extraordinaire le 1er février pour réexaminer la situation.

Un baril à 200 dollars, est-ce de la science-fiction ?

Chavez a même jugé possible un baril "à 200 dollars au moins", en cas d'attaque américaine contre l'Iran ou le Venezuela, et Ahmadinejad a dit envisager "d'utiliser le pétrole comme arme". Pour l'expert pétrolier vénézuélien Alberto Quiroz Corradi, "l'utilisation du pétrole comme arme politique n'a rien de nouveau. Mais avec l'arrivée (au pouvoir) de Chavez, c'est devenu un instrument de chantage". Selon cet ex-responsable de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, la stratégie du gouvernement Chavez consiste surtout à fournir du pétrole à des prix préférentiels à des alliés avec l'espoir de "renforcer le camp anti-américain". Cette politique bénéficie surtout aux petits pays des Caraïbes et d'Amérique centrale et a contribué à sauver l'économie cubaine alors qu'elle avait de gros problèmes d'approvisionnement au début des années 90, après l'effondrement de son allié traditionnel, l'URSS.

Mais "la pétrodiplomatie coûte cher", car le Venezuela doit financer la différence entre le tarif du pétrole subventionné et celui du marché, note Alberto Quiroz Corradi, en rappelant que c'est aussi la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne qui finance les programmes sociaux gouvernementaux. Sous la pression du Venezuela et de l'Iran, l'OPEP a chargé ses ministres des Finances et de l'Energie d'étudier la possibilité d'une réduction du poids du dollar sur la cotisation du pétrole brut.

"Chavez et Ahmadinejad veulent accroître leur poids politique"

Mis à part ces deux pays, l'Equateur, plus petit producteur de l'OPEP revenu dans le giron du cartel depuis novembre sous la houlette de son président Rafael Correa, un économiste de gauche allié de Chavez, est également favorable au maintien de cours élevés pour le brut. Le Brésil, troisième producteur latino-américain, qui n'est pas membre de l'OPEP mais vient d'annoncer la découverte d'un gisement très prometteur (5 à 8 milliards de barils de réserves), n'est pas du même avis. Son président, le pragmatique Luiz Inacio Lula da Silva, a récemment appelé l'OPEP à "réduire les prix du pétrole".

Mais l'Amérique latine, qui représente 10% des réserves mondiales de pétrole et 14% de la production, selon l'Agence internationale de l'énergie, est loin de constituer un axe d'un poids comparable à celui des pays du Moyen Orient. "Ce que veulent Chavez et Ahmadinejad, c'est accroître leur poids politique sur le plan international. Car ils savent bien qu'ils ne pourront pas convaincre l'OPEP", souligne Alberto Quiroz Corradi, en rappelant la modération du cartel ces dernières années. D'autant que les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête avec les plus importantes réserves prouvées au monde, sont de traditionnels alliés des Etats-Unis. Ces pays continueront de privilégier "une vision plus paisible basée sur un équilibre de long terme". 

D'après agence

le 03 janvier 2008 à 07:32
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8 Commentaires

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  • SAB, le 03/01/2008 à 20h13

    Comme toujours, ce sont les pauvres des pays riches qui trinquent et engraissent les riches des pays pauvres... no comment !

  • Maxime, le 03/01/2008 à 18h20

    C est quand meme fou de contnuer q privilegier le petrole qlors que tout le monde sait que les voitures peuvent rouler a leau! ENFIN on commencera a se secouer la veille de la fin du petrole

  • Fanfan, le 03/01/2008 à 18h14

    Combien de temps encore serons -nous tributaire du pétrole ? Le jour où on le sera plus, on verra bien qui rira le dernier...

  • Bruno, le 03/01/2008 à 14h39

    Mais quels sont les mecanismes qui font grimper les prix ? la forte demande oui mais pourquoi ne pas acheter plutot au moins disants et laisser leurs reserves au chavez et compagnie si plus personne ne leur achete ils devront alors baisser leurs prix..les acheteurs de petrole ne comprennent ils pas qu'il faut diviser pour reigner......

  • Pierre, le 03/01/2008 à 12h30

    Ou on fait la guerre comme les Usa et Britaniques en irak, ou on traite avec des pays comme la libye, ou on accepte de payer 200 dollards le baril,en tout etat de cause nous devons chercher rapidement des energies nouvelles.

  • Christian, le 03/01/2008 à 12h23

    Mais qu'attends-on pour accélérer le marché des véhicules verts afin de faire taire ces marxistes et terroristes ?

  • Aigle, le 03/01/2008 à 11h32

    100 $ le baril, c'est une pointe passagère. D'ailleurs aujourd'hui il est redescendu à 95 $ et cela peut continuer. Chavez c'est Chavez. Il croit pouvoir mener le monde avec du chantage, sans se douter que c'est l'inverse. Tout d'abord, en cas d'attaque des USA contre l'Iran ou lui, le baril de brut commencerait par monter. Puis il baisserait énormément et au final le monde en serait gagnant. Espérons simplement que l'on n'en viendra pas là. Ensuite, les pays démocratiques ne se laisseraient pas sombrer dans la faillite sans réagir et les solutions de remplacement au pétrole, en attente depuis longtemps, deviendraient immédiatement productives. Imaginez les conséquences d'un marché comme la Chine, avec la mise en place de nouvelles formes d'énergie. Ce serait la fin du pétrole et la ruine de ses pays producteurs ; les pays du Moyen Orient, beaucoup plus intelligents que Chavez, le savent bien. Enfin, à trop tirer le tigre par la queue, il peut se retourner et faire très mal. Il suffit de voir l'histoire du monde pour s'en convaincre.

  • Cyril, le 03/01/2008 à 11h14

    Les guerres pour le pétrole ne sembleront plus de la science fiction si ca continue comme cela. Vivement que cette saleté se tarisse qu'on passe aux energies propres. Vive l'huile de friture....

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