Le Parlement européen à Strasbourg © DR/C.PuisneyDes députés qui chahutent, l'image est assez courante en France, surtout lorsque les caméras de télévision filment les questions au gouvernement. Mais à Strasbourg, on ne badine pas avec les chahuteurs. Le Parlement européen vient en effet de prononcer un blâme et pour la première fois des sanctions financières à l'encontre d'eurodéputés qui avaient chahuté la cérémonie de signature de la Charte des droits fondamentaux en décembre.
Les deux eurodéputés français du Mouvement pour le France, Paul-Marie Coûteaux et Philippe de Villiers, ont ainsi été privés respectivement de cinq et trois jours d'indemnités journalières, soit 1435 et 861 euros. Le député d'extrême droite polonais Maciej Giertych, l'Autrichien Hans-Peter Martin, les souverainistes britannique Roger Knapman, Roger Helmer, et Jim Allister devront eux s'acquitter de 861 euros d'amende, tandis que l'eurosceptique britannique Godfrey Bloom et le Polonais Sylwester Chruscz sont sanctionnés de 574 euros, ce qui correspond à deux jours d'indemnités journalières. Le souverainiste tchèque Vladimir Zelezny écope lui d'un simple blâme, première dans l'échelle des sanctions prévue au règlement intérieur.
Trois orateurs bruyamment interrompus
"Dans un parlement démocratique, aucun orateur ne doit être empêché de parler par les cris systématiques de collègues qui ne partagent pas son opinion", a souligné le président du Parlement Hans-Gert Pöttering. Le discours de ce dernier ainsi que ceux du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et du Premier ministre portugais José Socrates, alors président en exercice de l'UE, avaient en effet été bruyamment interrompus le 12 décembre dernier par des eurodéputés souverainistes, des membres de l'extrême droite et de l'extrême gauche partisans d'un référendum sur le nouveau traité européen de Lisbonne.
A la suite de ces incidents, le président du Parlement avait convoqué plus d'une douzaine d'eurodéputés pour des entretiens. Il a finalement décidé de n'en sanctionner que dix. Selon des témoins, certains eurodéputés avaient été jusqu'à agresser physiquement et verbalement des huissiers chargés de rétablir le calme, en les traitant de membres des SS et de la Gestapo. Le vice-président du Front national Bruno Gollnisch avait menacé en janvier de saisir la justice si le Parlement européen persistait à vouloir sanctionner des eurodéputés qui avaient perturbé la séance.
(D'après agence)
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