Entente cordiale au sommet Otan-Russie

le 04 avril 2008 à 17h14 , mis à jour le 04 avril 2008 à 21h56

Vladimir Poutine s'est dit "satisfait" de sa rencontre avec les dirigeants de l'Otan. Il n'y a pas eu d'éclats de voix et tous les participants ont obtenu ce qu'ils étaient venus chercher. A l'exception de l'Ukraine, de la Géorgie et de la Macédoine.

OTAN BUSH POUTINEVladimir Poutine et Georges W Bush au sommet Otan-Russie le 4 avril 2008 © LCI/TF1

Le patron de l'Otan avait prévenu. Quelques heures avant l'ouverture du sommet, il prédisait:"L'issue de ce sommet est imprévisible". Ce fut le cas. On attendait des turbulences, les réunions se sont déroulées sans heurts. On craignait particulièrement la rencontre entre les dirigeants de l'Otan et le président russe. Ce dernier s'est déclaré, vendredi, "satisfait" de ce sommet: "Le dialogue aujourd'hui a été très ouvert, très constructif".
 
Vladimir Poutine avait en effet de bonnes raisons de se réjouir. La veille à l'Otan, les dirigeants ont pris la décision de ne pas accorder à l'Ukraine et à la Géorgie le statut de candidat officiel à l'adhésion.  Les Occidentaux ont prétexté les conflits gelés en Abkhazie et en Ossétie pour refuser la Géorgie. Le peu d'enthousiasme de la population locale a été mis en avant dans le cas de l'Ukraine. Difficile de ne pas voir derrière ces décisions la volonté de ne pas froisser leur grand voisin russe.

Le couple franco-allemand, qui partageait la même volonté de soigner ses relations avec les dirigeants moscovites, a profité de l'occasion pour faire son grand retour sur la scène internationale. Berlin et Paris ont vigoureusement soutenu qu'il était trop tôt pour envisager l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie. Le président américain qui était le plus fervent défenseur de l'intégration de ces pays s'est incliné. " C'est parce que nous avons été unis que nous avons été  entendus", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Face aux Etats-Unis, les Européens ont obtenu une autre victoire. Le communiqué final du sommet reconnaît pour la première fois de manière explicite l'importance de l'Europe de la défense. "Nous reconnaissons la valeur qu'apporte une défense européenne plus forte et plus performante". Un joli cadeau pour Nicolas Sarkozy qui souhaite profiter de la présidence française de l'Union, à partir du 1er juillet  pour parvenir à donner enfin un peu de corps à la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) née en 1999.
 
Mais le président américain pouvait bien se montrer magnanime. L'un de ses principaux objectifs en arrivant à ce sommet était d'obtenir du soutien en Afghanistan. Nicolas Sarkozy a répondu favorablement à cette demande. 700 soldats devraient arriver sur place cet été pour participer à la "reconstruction du pays". La France disposera donc d'une force de 2 300 militaires en Afghanistan ce qui la placera au 5e rang des contributeurs. Le président américain  George W. Bush a également assuré à ses alliés de l'OTAN que les Etats-Unis enverraient un  nombre "significatif" de soldats supplémentaires en Afghanistan en 2009

 
Par ailleurs, l'Organisation a ouvert la porte à l'Albanie et la Croatie. Mais la Macédoine a été bloquée par les Grecs qui refusent toujours de voir arriver un pays qui porte le même nom que l'une de ses provinces.
 
Le prochain sommet aura lieu en 2009 en France et en Allemagne. Un choix symbolique qui pourrait marquer le retour de la France dans les structures militaires intégrées de l'Otan

(D'après agences)
 
 
 
 
 
 
 
 

le 04 avril 2008 à 17:14
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