Nicolas Sarkozy, au sommet de l'Otan, à Bucarest, le 2 avril 2008 © TF1-LCI42 ans après, Nicolas Sarkozy se propose de faire le chemin inverse du Général De Gaulle. Ce grand retour pourrait être annoncé formellement lors du prochain sommet de l'Otan en avril 2009, dont il a été décidé jeudi qu'il se tiendrait à Strasbourg et à Kehl, de part et d'autre de la frontière franco-allemande. Si et seulement si "des progrès tangibles, pragmatiques, ambitieux" sont accomplis en matière de renforcement de l'Europe de la défense. D'où l'annonce de Nicolas Sarkozy jeudi, au sommet de l'Otan à Bucarest, de sa volonté de conclure le processus de retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique, mais seulement après la fin de la présidence française de l'Union européenne le 31 décembre.
Il n'y a pas eu de sommet de l'Otan en France, où l'alliance avait son siège et son quartier général militaire jusqu'en 1966, depuis les années 1950. Depuis son entrée à l'Elysée en mai 2007, le chef de l'Etat français a annoncé à plusieurs reprises sa volonté de voir la France reprendre "toute sa place" au sein du commandement militaire intégré de l'Otan, dont le général de Gaulle avait claqué la porte en 1966. La France avait effectué un retour partiel dans les années 1990 sous la présidence Chirac. Devant le Congrès américain en novembre puis devant le Parlement britannique la semaine dernière, il a toutefois posé comme condition à ce retour dans une Alliance atlantique "rénovée", au sein de laquelle la place des pays européens serait renforcée, une "relance de l'Europe de la défense".
Sarkozy a déjà signé le retour français sur la scène atlantiste
"D'ici là, je veux travailler main dans la main avec tous nos partenaires européens pour donner un nouvel élan à l'Europe de la défense. C'est mon ambition, c'est ma priorité. La présidence française nous en donne l'occasion idéale", a répété jeudi Nicolas Sarkozy. "Je tiens à remercier chaleureusement le président George W. Bush pour l'encouragement vigoureux qu'il vient de donner à cette entreprise", a également souligné le président français. Une mention spéciale alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se sont jusque là montrés très réticents à l'idée d'un renforcement des capacités militaires de l'UE, par crainte qu'elle ne fasse concurrence à l'Otan.
Nicolas Sarkozy avait déjà signé mercredi soir le retour de la France sur la scène atlantiste, mettant un point final au différend franco-américain, en confirmant le renfort français en Afghanistan. Selon un haut responsable français, la France enverra 700 hommes de plus en Afghanistan, ce qui portera le contingent à 2.300 hommes sur place. Ces soldats supplémentaires devraient être postés dans l'est afghan, afin de permettre aux Américains de se redéployer dans le sud de l'Afghanistan, dans cette région très exposée aux attaques des talibans, satisfaisant ainsi une condition du Canada pour laisser ses soldats jusqu'en 2011 (lire notre article).
| Otan: l'Ukraine et la Géorgie seront membres mais pas tout de suite |
Les dirigeants de l'Otan réunis à Bucarest ont décidé jeudi de s'engager à admettre la Géorgie et l'Ukraine dans leurs rangs mais leur ont refusé pour le moment le statut de candidat officiel que ces deux pays réclamaient, a indiqué le secrétaire général de l'Otan. Pour l'instant, ont-ils précisé, "l'Otan poursuivra avec Kiev et Tbilissi un dialogue intensif pour suivre l'évolution des réformes" et "la situation sera revue en décembre par les ministres des Affaires étrangères de l'Otan". Cet accord a fait l'objet de discussions acharnées jusqu'à la dernière minute entre les chefs d'Etat et de gouvernement des 26 pays membres. Un accord aussitôt dénoncé par Moscou. L'entrée de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'Otan constituera "une erreur stratégique" aux "conséquences les plus sérieuses" pour la sécurité en Europe, a déclaré jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, tandis que la Géorgie saluait la promesse "historique" que lui a faite l'Otan. Par ailleurs, le sommet de l'Otan va apporter son soutien à un projet de défense antimissile américain qui suscite l'opposition de la Russie, ont indiqué des responsables de l'administration Bush jeudi. |
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