Ouverture à Bucarest du sommet de l'Otan © TF1/LCILe sommet de l'Otan qui s'est ouvert mercredi soir à Bucarest ne devrait pas manquer de piquant. Depuis quelques jours, les chefs d'Etat et de gouvernements se livrent à une véritable passe d'armes par médias interposés. A tel point que le patron de l'Alliance atlantique reconnaît que la réunion s'annonce très "imprévisible".
Dès mardi, la question de l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'Otan a mis le feu aux poudres. En visite à Kiev, le président des Etats-Unis George W Bush a annoncé la couleur: il demandera à ses 25 partenaires d'accorder à la Géorgie et à l'Ukraine le "Plan d'action en vue de l'adhésion", antichambre de l'Otan. De nouveau mercredi, George Bush a pressé ses alliés d'accueillir les deux pays dans le Plan d'action en vue de l'adhésion, ultime étape, sans garantie, avant une entrée à terme dans l'alliance. Mais la chancelière allemande Angela Merkel est restée ferme. Elle a réitéré son opposition à la proposition américaine. Cet appui ouvert des Etats-Unis a aussi suscité la colère des dirigeants moscovites. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Grigori Karassine, a immédiatement prévenu que l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan provoquerait une "crise profonde" entre Kiev et Moscou, qui aurait "un impact négatif sur la sécurité européenne".
La menace a fait mouche. Quelques heures plus tard, le Premier ministre français, François Fillon, soucieux de ménager la susceptibilité des russes, prenait le parti du Kremlin. "Nous sommes opposés à l'entrée de la Georgie et de l'Ukraine parce que nous pensons que ce n'est pas la bonne réponse à l'équilibre des rapports de puissance en Europe et entre l'Europe et la Russie". D'autres capitales européennes comme Berlin soutiennent également cette position. Mais l'incartade française a visiblement agacé la Maison Banche : "Aux dernières nouvelles, la Russie n'a pas de droit de vote». Certes, mais cela ne veut pas dire que l'on pourra compter sans elle. Vladimir Poutine, le président russe, a lui aussi été invité à Bucarest pour un sommet Otan-Russie.
Afghanistan
Au cours de cette rencontre, le président américain espère convaincre son homologue russe de rejoindre son pays dans le déploiement du bouclier antimissile pour contrer une éventuelle attaque iranienne. "La nécessité d'une défense antimissile en Europe est réelle et urgente" et "la guerre froide est finie", devrait-il faire valoir à Vladimir Poutine. Ce dernier ne cesse de déclarer que ce projet «menace ses intérêts». Le président américain devra aussi convaincre les Européens, peu enclins à trouver des budgets pour un tel projet.
Mais ce n'est pas le seul cheval de bataille de George Bush qui a visiblement décidé de mener la danse pour son dernier sommet. Il s'est fixé l'objectif de trouver des renforts pour l'opération afghane. «Si nous ne battons pas les terroristes en Afghanistan, nous devrons les affronter sur notre territoire» a-t-il déclaré. Nicolas Sarkozy, le président français, a déjà répondu à l'appel. Mais dans son entourage ont fait preuve de prudence concernant les contours de ce renforcement. Refusant de communiquer des chiffres précis, un conseiller de l'Elysée, a affirmé que "la localisation précise et le nombre exact" des renforts "sera le résultat des conversations techniques entre militaires". Le premier ministre François Fillon avait avancé mardi que ce pourrait être de l'ordre de "quelques centaines de soldats (français)" en plus des quelques 1500 hommes déjà sur place.
Le sommet pourrait enfin se conclure par l'accueil de deux nouveaux membres: l'Albanie, et la Croatie. Mais comme si ce sommet était définitivement placé sous le signe de la turbulence. Un troisième aspirant la Macédoine devrait susciter des discussions houleuses. Si les membres de l'Otan semblent prêts à l'accueillir, la Grèce refuse catégoriquement d'entendre parler d'un Etat qui porte le même nom que l'une de ses provinces. Un porte-parole grec a confirmé à l'ouverture du sommet qu'à moins d'un accord de dernière minute, la Grèce opposerait effectivement son veto. Les grecques entrevoient bien une solution : que la Macédoine change de nom...On ne va pas s'ennuyer cette année au sommet de l'Otan.
(D'après agences)
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