Campagne de l'ONG Handicap International contre les bombes à sous-munitions © Handicap InternationalElles sont responsables de véritables drames humains, plusieurs mois après des conflits déjà sanglants. Après 10 jours d'âpres négociations, 109 pays participant à une conférence à Dublin sont tombés d'accord mercredi sur un projet de traité interdisant les bombes à sous-munitions (BASM) dans le monde, dans la foulée d'un geste de dernière minute du gouvernement britannique. Sont cependant absents de cette conférence les grands pays producteurs, comme les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, le Pakistan et Israël. La Convention devra encore être formellement signée lors d'une cérémonie à Oslo les 2 et 3 décembre, avant sa ratification par l'ensemble des pays signataires.
La "Convention sur les armes à sous-munitions" prévoit que chaque Etat signataire "s'engage à ne jamais, en aucune circonstance, employer d'armes à sous-munitions; mettre au point, produire, acquérir de quelque autre manière, stocker, conserver ou transférer à quiconque, directement ou indirectement, des armes à sous-munitions; assister, encourager ou inciter quiconque à s'engager dans toute activité interdite à un Etat partie en vertu de la présente Convention", précise la version française de l'avant-projet qui circulait en début de soirée.
85% des victimes d'accidents sont des civils
La Convention "s'applique aux petites bombes explosives qui sont spécifiquement conçues pour être dispersées ou libérées d'un lanceur fixé à un aéronef", mais ne concerne pas en revanche les mines, selon le projet de texte. L'article 3 prévoit que chaque Etat s'engage à détruire ses BASM "le plus vite possible et au plus tard huit ans" après l'entrée en vigueur de la Convention..
Le terme "armes à sous-munitions" désigne une munition classique conçue pour disperser ou libérer des sous-munitions explosives dont chacune pèse moins de 20 kilos. Les BASM se présentent comme des conteneurs qui s'ouvrent lors de leur largage et répandent jusqu'à plusieurs centaines de mini-bombes sur la zone visée. Entre 5% et 30% n'explosent pas à l'impact au sol et menacent dès lors les populations des pays "pollués" comme le Laos, la Bosnie, l'Irak, l'Afghanistan ou le Liban. Les civils représentent 85% des victimes d'accidents par mine ou munition explosées et les enfants 23%, selon Handicap International.
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