Robert Mugabe, le 3 avril 2008 © TF1/LCIChefs d'Etat et de gouvernement du monde entier sont réunis jusqu'à jeudi à Rome pour un sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire, où ils vont tenter d'harmoniser leurs positions pour affronter la crise qui frappe de plein fouet les pays les plus pauvres de la planète. Vivement critiquée pour son manque d'efficacité supposé, l'organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture espère trouver avec ce sommet une occasion de redorer son blason. Un espoir qu'entache déjà la polémique déclenchée par la venue de visiteurs plutôt controversés : l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Zimbabwéen Robert Mugabe. Pour protester contre leur présence, plusieurs associations et partis de gauche italiens ont appelé à une manifestation mardi devant la mairie de Rome.
La venue de Robert Mugabe, interdit de séjour dans l'Union européenne, a déjà été vivement dénoncée par Londres et Canberra. Le président zimbabwéen a accédé au territoire italien grâce à une dérogation ponctuelle ; il s'agit de son premier voyage à l'étranger depuis les élections du 29 mars qui ont vu son régime essuyer un sérieux revers. "Il est particulièrement regrettable que (M. Mugabe) ait décidé de participer à cette réunion étant donné sa contribution aux difficultés liées à la situation alimentaire au Zimbabwe", a déclaré le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown. Le ministre australien des Affaires étrangères Stephen Smith a qualifié pour sa part "d'obscène" la présence du président zimbabwéen, le jugeant "responsable de la famine dont souffre son peuple" et l'accusant d'avoir "utilisé l'aide alimentaire à des fins politiques".
Mugabe et Ahmadinejad privés de dîner
Dans la liste des douceurs échangées par le passé entre le bouillonnant dirigeant zimbabwéen et les dirigeants occidentaux, Robert Mugabe, lors d'un précédent sommet de la FAO en 2005, avait déjà traité le président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique de l'époque, Tony Blair, de "terroristes internationaux" et les avait comparés à Hitler.
L'annonce de la venue du président Mahmoud Ahmadinejad a aussi provoqué l'embarras. Le gouvernement italien, proche de Washington, s'était empressé de faire savoir qu'un tête-à-tête était exclu avec Silvio Berlusconi. Grâce à ce sommet de la FAO, le président iranien disposera d'une tribune à Rome alors que son pays, du fait de son programme nucléaire, se trouve sur le banc des accusés à Vienne à la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Le Congrès juif mondial a déjà déploré que le chef de l'Etat iranien, qui vient de prédire la prochaine disparition d'Israël de la surface du monde, puisse voler la vedette de ce sommet.
Signe du malaise suscité par la présence des deux dirigeants, Robert Mugabe et Mahmoud Ahmadinejad n'ont pas été invités lundi soir au traditionnel dîner de gala offert à Rome aux hôtes de marque à la veille de l'ouverture du sommet mondial de l'alimentation.
D'après agence
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