Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 19 juin 2008 © TF1/LCILes dirigeants européens se sont attaqués jeudi aux moyens d'enrayer la hausse des prix alimentaires et pétroliers, mais la plupart d'entre eux ont repoussé d'emblée la proposition de Nicolas Sarkozy d'utiliser les surplus de TVA pour contrer la flambée de l'or noir. "La mesure TVA n'est pas la meilleure", a estimé le commissaire européen à l'Energie, Andrid Piebalgs. "Vous continuez à consommer plus, donc ce n'est pas la meilleure réponse aux objectifs politiques que nous avons fixés." Pour le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, "le protectionnisme est une mauvaise réponse".
Mais la France, qui suggère d'utiliser les surplus de TVA liés à l'augmentation du cours du baril pour plafonner les prix à la pompe pour les agriculteurs, les routiers et les pêcheurs, ne baisse pas les bras. Elle qui prend les rênes de la présidence de l'UE le 1er juillet espère bien obtenir de ses 26 partenaires qu'ils acceptent de demander à la Commission européenne d'étudier les différentes idées lancées à ce sujet et de faire des propositions concrètes d'ici un mois. "On ne change rien. Le président fera sa proposition sur la TVA à ses partenaires, comme prévu", a déclaré un diplomate français avant le début de la première réunion consacrée à l'actuelle valse des étiquettes planétaire. "On ne demande pas que tout le monde soit d'accord avec nous, on demande que la Commission étudie dans un rapport les différentes propositions sur le sujet."
Une "taxe anti-spéculation"
Pour l'heure, les propositions se font rares. Les Italiens suggèrent de taxer les profits des compagnies pétrolières et les Autrichiens de s'attaquer à la spéculation. "Nous n'accepterons pas que nos consommateurs paient pour les spéculateurs à travers le monde", a déclaré le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer après une réunion des dirigeants des Partis socialistes européens. "Le gouvernement autrichien, sous ma conduite, a proposé d'introduire une sorte de taxe anti-spéculation au niveau européen. C'est une idée parmi d'autres qui devrait être discutée", a-t-il ajouté.
D'autres plaident pour une meilleure concertation avec les pays producteurs, à deux jours d'une réunion de l'Opep à Djeddah, en Arabie saoudite. "L'UE doit négocier très activement avec l'Opep, la Norvège et la Russie", a déclaré le Premier ministre finlandais, Matti Vanhanen. "Nous avons besoin de davantage de consultations entre les gros consommateurs et les pays producteurs." "Je ne sais ce que les Français proposent, mais à notre avis la meilleure façon de contrôler les prix est de s'assurer que l'offre et la demande sont équilibrées", a estimé pour sa part le secrétaire au Foreign Office, David Miliband. Un projet de conclusion du sommet suggère en tout cas d'éviter toute mesure interventionniste en matière de fiscalité, d'accroître la transparence sur les marchés pétroliers, y compris sur les stocks, et de relancer le dialogue avec les pays producteurs, aux niveaux européen et international.
L'Irlande n'envisage pas de solution d'ici à l'automne |
L'Irlande, qui doit présenter à ses partenaires européens des pistes pour surmonter son "non" au traité de Lisbonne, a estimé jeudi qu'il n'y aurait pas de solution sur la table au Conseil européen d'octobre. Plusieurs responsables européens ont estimé lors du sommet européen de Bruxelles que ce rendez-vous automnal devait être l'occasion de définir une sortie de crise. "D'ici à octobre, nous devrions avoir décidé d'une procédure qui impliquerait que le traité de Lisbonne entrerait en vigueur avant les élections pour le Parlement européen de juin 2009", a déclaré son président, Hans-Gert Pöttering. Mais le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheal Martin, s'est montré beaucoup plus prudent. "Ce Conseil en octobre est une occasion de faire un rapport sur les progrès, mais nous ne nous attendons pas à ce qu'il y ait des solutions sur la table en octobre", a-t-il dit. |
(D'après agence)
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