
LCI.fr - L'Europe est de nouveau dans la tempête avec la probable victoire du non en Irlande. Quelle est votre réaction ?
Alain Lamassoure : Nous ne sommes pas surpris au vu des derniers sondages. Mais nous sommes déçus : chaque "non" fait prendre du retard à l'Europe. Aujourd'hui, personne ne peut imaginer un plan C. Le traité de Lisbonne était déjà l'équivalent d'un plan B.
Les Français, nous sommes mal placés pour donner des leçons avec la victoire du "non" lors du référendum en 2005. Aujourd'hui, les Irlandais prennent en otage la construction européenne comme nous l'avions fait il y a trois ans. Les pays qui organisent des référendums pour ratifier le traité prennent l'UE en otage.
Mais nous sommes bien placés pour dire la chose suivante : quand un pays est à l'origine d'une crise en Europe, c'est à lui de trouver une solution. La France avait trouvé une solution, il faut aujourd'hui que l'Irlande trouve une solution. C'est aux dirigeants de ce pays d'interpréter ce résultat. Normalement, lors du conseil européen de la semaine prochaine, le Premier ministre irlandais devrait nous dire quels enseignements il tire de ce vote.
LCI.fr - Quelle solution a votre faveur ?
Il faut que les Irlandais nous disent quels sont les points sur lesquels ils ont besoin d'éclaircissements et de compléments. Après avoir suivi la campagne, il me semble que comme en 2001, ils ont besoin de précisions un peu plus solennelles que ce qui a été dit jusqu'alors par les dirigeants européens. On pourrait compléter le traité par un certain nombre de déclarations ou de protocoles. Le gouvernement irlandais trouverait alors le moyen de faire accepter par leur peuple le traité.
LCI.fr - Faut-il qu'ils organisent un nouveau référendum ?
C'est aux dirigeants irlandais de nous le dire. Je ne vois pas dans la Constitution irlandaise une obligation de référendum pour ratifier les traités européens. C'est une tradition qui s'est installée en Irlande. Cela a une valeur forte mais juridiquement, ils peuvent peut-être faire autrement.
Il faut respecter la souveraineté de l'Irlande et le vote de ce peuple. Mais en même temps, nous devons leur dire : "vous ne pouvez-pas à 4 millions et demi décider pour 500 millions d'Européens ? Nous allons vous aider à régler le problème mais il faut que vous proposiez une solution".
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