Et maintenant ?

Par F.A., le 13 juin 2008 à 13h51 , mis à jour le 13 juin 2008 à 19h00

Après le rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais, six options s'offrent aux dirigeants européens.

TF1/LCI : Drapeaux d'Etats membres de l'UEDrapeaux d'Etats membres de l'UE © TF1/LCI

CONTINUER AVEC LE TRAITE DE NICE

C'est l'option du statu quo, malgré toutes les imperfections de ce Traité : avec Nice, la plupart des décisions doivent être prises à l'unanimité, ce qui est beaucoup plus difficile à 27 pays qu'à 15, lorsqu'il a été négocié. Les votes à la majorité qualifiée se font notamment selon un système de poids attribué à chaque pays, qui avantage l'Espagne et la Pologne. L'influence du Parlement européen y est limitée, alors qu'il est l'organe le plus "démocratique" de l'UE. Le Traité de Nice rend surtout particulièrement compliqué l'entrée de nouveaux pays dans l'UE, puisqu'il oblige à recalculer le poids de vote de chaque pays à chaque fois (la Croatie doit entrer vers 2010) ou augmenter le nombre de députés européens (déjà 785 aujourd'hui).


  
RENEGOCIER LE TRAITE DE LISBONNE
  
Tous les responsables européens l'excluent, d'autant qu'il est déjà le fruit d'une difficile renégociation, a minima, de la Constitution européenne rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005. Mais ils excluaient aussi de renégocier la Constitution...

 
POURSUIVRE LA RATIFICATION
 
Juridiquement, le Traité de Lisbonne n'existe plus. Pourtant, Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'Etat français chargé des Affaires européennes, estime que "le processus de ratification doit se poursuivre". José Barroso, le président de la Commission européenne, milite également pour la poursuite. Pour l'instant, 18 pays ont dit "oui". Huit doivent encore se prononcer, dont la République tchèque et le Royaume-Uni. Or dans ces deux pays, une partie de la classe politique est opposée au texte. Gordon Brown, le Premier ministre britannique, a néanmoins déjà fait savoir qu'il continuerait le processus. Mais Vaclav Klaus, le président tchèque, opposant au Traité, a indiqué que pour lui, le "processus de ratification" était terminé. Le 'non' des Irlandais est "une victoire de la liberté et de la raison, sur les projets élitistes artificiels et la bureaucratie euroéenne", a-t-il ajouté.

 
"Il y aurait une allure d'acharnement thérapeutique à vouloir surmonter le "non" irlandais comme on a surmonté le "non" français et néerlandais", souligne pour sa part Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen, sur LCI.fr. Mais si les huit derniers pays disent "oui", Jean-Pierre Jouyet affirme qu'il sera alors de temps de voir "comment nous fonctionnerons et quel arrangement juridique nous pourrons trouver".
 
   
REVOIR LA PARTICIPATION DE L'IRLANDE A L'UE
  
Cette option consisterait à négocier avec l'Irlande son retrait des politiques européennes autres que le marché commun et l'Union économique et monétaire (l'euro). Certains soulignent que c'est un peu ce que le Danemark a fait après son "non" au traité de Maastricht en 1992, puisqu'il a obtenu des dérogations dans le domaine de la Défense, la monnaie unique, etc.
 
Personne n'envisage un retrait pur et simple de l'UE, qui n'est d'ailleurs pas prévu par les traités actuels, puisque c'est là l'une des nouveautés de Lisbonne, que de prévoir une clause de sortie...
 
 
POUSSER L'IRLANDE A REVOTER
  
C'est l'option préconisée par la France, qui prendra la présidence de l'UE au 1er juillet. Comme pour le traité de Nice, que les Irlandais avaient d'abord rejeté par référendum en 2001 avant de voter "oui" en 2002 après avoir ajouté dans le texte des garanties sur le respect de la neutralité de l'Irlande, les Irlandais pourraient être théoriquement appelés à revoter sur un texte légèrement "aménagé". Toute la question est de savoir quelle modification pourrait être apportée, tant les arguments du camp du "non" sont divers (peur d'une légalisation de l'avortement, d'une modification du système fiscal, de suppression des subventions agricoles, etc.).
 
Mais le gouvernement irlandais s'est prononcé cette fois, par avance, contre un nouveau vote. "Si le Royaume-Uni poursuit sa ratification, on trouvera néanmoins vraisemblablement le mélange de promesses et de pressions nécessaires pour faire plier les Irlandais", estime pour LCI.fr Jean-Louis Bourlanges.
 
Quoi qu'il en soit, un nouveau vote donnerait une mauvaise image de l'Union européenne, qui ne prendrait pas en compte l'avis des peuples que lorsque cela l'arrange. Si le texte était revoté positivement dans un délai assez court, le Traité de Lisbonne pourrait entrer en vigueur presque dans les temps -sinon au 1er janvier comme prévu, du moins après les élections européennes de juin 2009.

UN "NOYAU" DE PAYS VA DE L'AVANT
  
Certains estiment que l'idée d'un "noyau dur" de pays membres décidés à aller de l'avant pourrait se concrétiser, qui créeraient leur propre Union d'avant-garde à côté de la "vieille" Union européenne et approfondiraient leur coopération...Mais quels pays constitueraient ce "noyau" ? Quelles seraient les relations entre cette nouvelle entité et l'ancienne? Les questions sont infiniment plus nombreuses que les réponses.

Par F.A. le 13 juin 2008 à 13:51
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7 Commentaires

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  • Wiser, le 13/06/2008 à 18h16

    @ Hugues, heureusement que l'état ne demande pas toujours l'avis du peuple autrement que par ses élus, car qu'en on voit des citoyens parler de dictature en évoquant leur gouvernement, on se dis qu'ils n'ont décidemment par compris grand chose à la politique et qu'il ne savent pas la chance qu'ils ont de vivre sous le régime le plus démocratique de la planète... L'Irlande en en encore fait l'amer constatation...

  • Haddock_Trafalgar, le 13/06/2008 à 18h02

    Incroyable! Il faut que leur Traité passe contre vents et marées et surtout contre l'avis des peuples, qu'ils soient Français, Néerlandais, Irlandais... et sans comptabiliser ceux qui n'ont pas eu le loisir de voter mais qui ont dû subir d'emblée les souhaits dirigeantistes par ratifications de pleïades politiciennes irrespectueuses et hors-la-loi quant aux référendum. Avant 1945 c'état l'Europe des dictatures espagnole, allemande, italienne, des France et Angleterre colonialistes, l'Europe des Diktats et des associations politico-mafieuse, et où en sommes nous aujourd'hui? Nous sommes dans un exemplaire de la mode dictatoriale moderne, le peuple vote, finance des campagnes en fait publicitaire pour les avocaillons devenus politiciens d'opérette, en tout cas irrespecteux des codes de lois qu'ils brandissent au sortir de leurs écoles, et un grand cirque où l'avenir des citoyens dupés, baffés ou baffeurs va mal se terminer dans la prochaine décennie. Ce que Adolf, Joseph, Benito, et d'autres doivent se marrer dans leurs tombes.

  • Francois, le 13/06/2008 à 18h00

    Courageuse irlande ! L'Iralande qui s'est engraissée avec l'Europe, n' a pas envie d'aller à l'abattoir fut il moderne et séduisant !

  • Philippe, le 13/06/2008 à 17h57

    En gros le peuple dit non et les technocrates s'en fichent ? alors arrêtez de donner des leçons au reste du monde. L'Europe est un système fashiste qui se cache sous des apparences de femme honnète... Personne n'est plus dupe désormais. Que va t il falloir faire pour qu'enfin les peuples soient respectés ? Oui à l'Europe des nations non à un système dictatorial imposé par des gens non élus. Pour paraphraser CHURCHILL.... Entre la guerre et le déshonneur vous avez choisi le déshonneur et vous aurez quand meme la guerre ...

  • Luke, le 13/06/2008 à 17h55

    La victoire du Non est d'abord la victoire le l'egoisme d'un peuple ayant trés largement bénéficié des subventions européennes et de l'ouverture des marchés. Pour avoir connu l'Irlande avant l'entrée deans l'UE sa situationétait trés proche d'un pays sous developpé, pour atteindre depuis son entrée le second niveau de vie. L'ingratitude des peuples est affigeante, alors que l'on demandait à ce pays de partager un peu de sa richesse au profit des nouveaux entrants dans l'UE!

  • Calvaise, le 13/06/2008 à 17h46

    Que serait l'Irlande sans les subventions européennes??? c'est bien grace à l'Europe que ce pays en est devenu le deuxième plus riche par habitant après le Luxembourg,et avant la France,l'allemagne.etc et l'Irlande,par son vote,contribue à maintenir en vigueur le traité de Nice qui ne satisfait personne.!!!!..

  • Hugues, le 13/06/2008 à 17h42

    Un GRAND merci aux Irlandais qui nous sauvent du pire. Je suis certain que si la dictature Sarko nous avait permis de voter, le NON l aurait emporté. Ils veulent nous construire une Europe de financiers sans demander leur avis aux peuples concernés.La seule chose qui interesse les politiques est d'arranger les gros industriels pour avoir de jolies récompenses sur des comptes suisses.......

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