Aller de l'avant malgré le "No" irlandais

le 14 juin 2008 à 11h38 , mis à jour le 14 juin 2008 à 21h40

Les dirigeants européens se disent déterminés à poursuivre le processus de ratification malgré le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais vendredi.

[Expiré] [Expiré] UE Traité de Lisbonne "non" irlandais © AFP

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> Sarkozy : "faire différemment"

> Quelle présidence française après le 'non' irlandais ?

Continuer malgré tout. Les pays membres de l'Union européenne se disent déterminés à aller de l'avant malgré le rejet vendredi du traité de Lisbonne par les Irlandais. En dépit de ce "No" retentissant, le traité de Lisbonne "n'est pas mort" et "les dirigeants européens devront décider lors du sommet européen des 19-20 juin comment continuer", ont affirmé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE. Mais "il est clair que le traité n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2009", a toutefois souligné le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
 
Interrogé sur le sujet lors de sa conférence de presse commune avec George Bush à l'Elysée samedi matin (lire notre article), Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il fallait "continuer le processus de ratification" du traité, comme il l'a déjà dit vendredi conjointement avec Angela Merkel, "de façon à ce que le non irlandais ne devienne pas une crise", tout en appelant à "changer notre façon de faire l'Europe", que beaucoup d'Européens ne "comprennent pas".
 
Ce non constitue "une difficulté de plus" qu'"on doit accepter", mais ce n'est pas "un hasard" ni "une surprise", a dit le chef de l'Etat français. "Je vois le non irlandais comme un appel à faire davantage, mieux, différemment, et à trouver ensemble les solutions", a-t-il dit, en observant que "ça ne va pas simplifier la tâche de la présidence française". Quinze jours avant que la France prenne la présidence tournante de l'UE, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs l'"intention" de prendre "des initiatives" : "je pense à une politique européenne de l'immigration, je pense à une réponse européenne à l'augmentation sans fin du prix du pétrole, nous avons un devoir d'être plus efficaces au service de la vie quotidienne des Européens". 

Fossé

"En aucun cas, l'Union ne peut être freinée dans son élan", a également soutenu le Premier ministre belge Yves Leterme. Le chef de la diplomatie portugaise Luis Amado a abondé en ce sens, tandis que l'Espagne et l'Italie ont dit vouloir aller de l'avant. Le non de l'Irlande au traité de Lisbonne n'est "pas une bonne nouvelle" mais "l'Europe ne va pas s'arrêter" et une "solution" sera trouvée, a jugé le chef de la diplomatie espagnole. "Il s'agit d'un coup grave à la construction européenne" mais "le chemin de l'intégration européenne ne doit cependant pas s'arrêter", a renchéri le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.
 
Mais pour le président tchèque anti-européen Vaclav Klaus, "le projet de traité de Lisbonne a pris fin" et "il n'est plus possible de poursuivre sa ratification". Même la Grande-Bretagne, aux eurosceptiques puissants, a confirmé qu'elle allait poursuivre le processus de ratification parlementaire. Les Pays-Bas, qui avaient voté non comme la France au traité constitutionnel en 2005, ont également indiqué qu'ils poursuivaient la ratification. Le non des Irlandais révèle "un fossé" entre les peuples et l'Europe, mais les autres Etats membres doivent poursuivre le processus de ratification et décider de nouvelles règles du jeu, ont également estimé la plupart des groupes politiques du Parlement européen. Seuls les communistes et les formations eurosceptiques se sont réjouis de l'échec du référendum en Irlande.

Brian Cowen blâmé

Le Premier ministre irlandais faisait face samedi à un barrage de critiques après le "non" retentissant irlandais. "Un mois seulement après être devenu Taoiseach (Premier ministre en gaélique), M. Cowen a échoué dans son premier test en tant que Premier ministre", écrit l'Irish Independent, sous le titre "Le cauchemar de Cowen". Brian Cowen n'est au pouvoir que depuis le 7 mai, quand il a remplacé Bertie Ahern, contraint à la démission en raison d'un procès pour corruption présumée. "Frappé en plein visage", titre l'Irish Daily Star sur une photo d'un Cowen la joue en sang. "Mais la position (de Brian Cowen) n'est pas menacée et l'opposition ne demandera pas des têtes car elle a également soutenu le traité", estime l'Irish Examiner. "La seule option faisable pour M. Cowen est d'appeler à un nouveau référendum à l'automne", estime l'Independent. Cette hypothèse est cependant jugée "risible" par l'Irish Examiner. Interrogé sur la possibilité d'un second vote, Brian Cowen avait déclaré vendredi soir à la télévision publique RTE "ne rien exclure". (D'après agences)
 

le 14 juin 2008 à 11:38
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