Nicolas Sarkozy le 17 juin 2008 © TF1-LCIDepuis le début de l'année, Nicolas Sarkozy attendait la présidence française de l'Union européenne avec grande ambition. Il voulait profiter de l'occasion pour s'attaquer d'urgence à des problèmes très concrets pour rapprocher l'Union de ses citoyens, souvent déconnectés des questions institutionnelles qui ont rythmé les dernières années.
Mais patatras : le "non" irlandais au Traité de Lisbonne a modifié l'agenda. Le problème institutionnel -comment résoudre au plus vite la crise ?- est repassé en tête des priorités, en plombant de fait les autres dossiers. Le chef de l'Etat entend néanmoins mener de front cette question du "non" irlandais et ses quatre priorités.
LE PROBLEME DU TRAITE DE LISBONNE
Nicolas Sarkozy, appuyé notamment par Angela Merkel, veut convaincre l'Irlande d'organiser un nouveau référendum au printemps prochain, en aménageant s'il le faut le texte pour répondre aux préoccupations spécifiques de sa population. Dans ce but, il se rendra en Irlande pour son premier grand déplacement le 11 juillet afin de rencontrer le Premier ministre Brian Cowen.
Mais, outre ce premier problème, le chef de l'Etat pourrait être confronté à une seconde préoccupation : un refus de la République tchèque. Son président eurosceptique, Vaclav Klaus, estime déjà que le Traité est "mort" et la ratification par le Parlement, prévue à l'automne, est loin d'être acquise également. Un rejet signerait l'arrêt de mort du texte et enfoncerait définitivement l'Europe dans la crise. Et mardi, célébrant à sa manière le début de la présidence française, le président polonais Lech Kaczynski a annoncé qu'il ne signerait pas le traité européen de Lisbonne (lire notre article). Ca commence donc plutôt mal.
DEFENSE
Paris veut faire progresser l'industrie européenne de la défense, promouvoir un groupe aéronaval européen, créer une école de formation d'officiers européens ou encore avoir un vrai quartier général européen à Bruxelles. Mais le "non" irlandais bouscule ce projet de relance de la défense européenne : ces grandes initiatives seraient en effet mal perçues par les Irlandais, très attachés à leur neutralité militaire et dont les opposants au Traité ont fait l'un de leurs arguments principaux.
IMMIGRATION
Alors que la "directive retour" -qui permet notamment de détenir en rétention les clandestins pendant dix-huit mois- est décriée en Amérique latine et en Afrique, la France propose un "pacte pour l'immigration" à ses partenaires, largement inspiré de sa propre politique pour une immigration restreinte et "choisie". Objectif : mettre fin aux régularisations massives de sans-papiers (comme ce fut le cas en Italie et en Espagne ces dernières années), améliorer les contrôles aux frontières, harmoniser les politiques d'asile et aider au développement des pays d'origine.
Nicolas Sarkozy devra sur ce sujet convaincre le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero : jugeant que ses lois fixent déjà les droits et devoirs des immigrés, il est très réservé sur l'idée d'imposer aux immigrants d'apprendre la langue du pays d'accueil et d'adopter ses valeurs.
CLIMAT
Nicolas Sarkozy ambitionne de parvenir à un accord à la fin de l'année sur les modalités de mise en oeuvre du plan d'action de l'UE contre le réchauffement climatique avec comme mesure phare la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% d'ici à 2020 par rapport à 1990. Mais certains pays, France en tête, s'inquiètent du risque de délocalisation industrielle. Le débat est vif aussi sur les biocarburants et la nécessité d'encadrer leur développement.
Sur la question du pétrole, la France veut que l'Europe prenne des mesures pour atténuer l'impact de la hausse du prix de l'essence. Elle présentera des propositions en octobre. Mais son idée de plafonner la TVA a déjà reçu un accueil glacial lors du sommet de Bruxelles en juin dernier, avec le "nein" d'Angela Merkel.
AGRICULTURE
La France veut ouvrir sans tarder le débat sur l'avenir de la Politique agricole commune après 2013, date à laquelle l'UE disposera d'un nouveau budget pou son agriculture. Elle plaide, avec la flambée des prix alimentaires, pour que l'UE garde une agriculture forte et subventionnée au niveau communautaire. Sur ce sujet, comme d'habitude, il s'agira de vaincre les réticences britanniques. C'est aussi sous présidence française que se tiendront à Genève en juillet les négociations de la dernière chance à l'OMC. Paris n'est guère favorable à un accord.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




