A la recherche de la solution

Par F.A., le 19 juin 2008 à 05h45 , mis à jour le 19 juin 2008 à 13h55

Une semaine après le "non" irlandais au Traité de Lisbonne, les dirigeants européens se retrouvent à Bruxelles pour tenter de surmonter ce nouvel écueil.

drapeau europe ue eauLe "drapeau" de l'Europe © Communauté européenne

Ce sommet de Bruxelles devait assurer la transition entre les présidences slovène et française. Il devait surtout être consacré aux mesures pour résoudre les problèmes concrets, notamment la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires (voir encadré). Mais les Irlandais en ont décidé de fait autrement. En rejetant jeudi dernier le Traité de Lisbonne par référendum, ils ont modifié l'agenda européen : désormais, les chefs d'Etat et de gouvernement, notamment Nicolas Sarkozy qui veut prendre le leadership de l'opération de sauvetage ont un objectif : éviter la paralysie institutionnelle de l'Union européenne.
 
Pendant deux jours, ils vont donc tenter de trouver les solutions pour surmonter cette nouvelle crise, ou du moins dégager un calendrier. Selon l'eurodéputé centriste britannique Andrew Duff, spécialiste des questions institutionnelles, et plusieurs diplomates européens, les dirigeants devraient se donner trois mois, jusqu'à leur sommet de la mi-octobre. Pas plus, car ils veulent éviter de sombrer dans une "pause de réflexion" comme celle qu'ils s'étaient accordée en 2005 après les non français et néerlandais à la Constitution européenne, ce qui avait entraîné sa mort lente.

Second référendum ?
 
Selon l'analyste Antonio Missiroli, du Centre de politique européenne à Bruxelles, le pari est que d'ici octobre l'analyse du rejet irlandais soit suffisamment fine pour pouvoir proposer à Dublin d'ajouter au Traité de Lisbonne un document -de nature juridique encore incertaine- qui répondrait aux principales réserves à l'origine du "non" (notamment la perte par l'Irlande de son commissaire européen).

L'idée serait de soumettre ce traité "aménagé" à un second référendum -à l'instar de ce qui avait été fait avec le Danemark après le Traité de Maastricht et déjà avec les Irlandais et le Traité de Nice- d'ici les élections européennes de juin 2009 -  pour qu'il entre en vigueur avant fin 2009, ce qui limiterait à un an le retard provoqué par le non irlandais.

Processus bloqué par les présidents tchèque et polonais ?
 
Mais ce scénario comprend une obligation : que le processus de ratification se poursuive. Après celle du Royaume-Uni hier -la reine l'a avalisée en fin de matinée-, sept pays doivent encore valider le texte. Parmi eux, le République tchèque et le Pologne. Si l'un des deux ne ratifiait pas, il porterait un coup fatal au Traité.

Or le très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus a annoncé dès vendredi que pour lui le processus de ratification était "fini". "Personne ne peut le forcer à signer", reconnaît son ministre des Affaires étrangères. En Pologne, le traité a été approuvé par le Parlement. Mais il n'a pas encore signé par le président Lech Kaczynski, lui-aussi plutôt eurosceptique. Un haut diplomate polonais estime que ce dernier va  "retarder et retarder" sa signature et qu'il est "improbable que les 26 pays aient ratifié le Traité d'ici la fin de l'année".
 
Le Traité de Lisbonne aurait alors peu de chances d'entrer en vigueur par la suite. En attendant une hypothétique solution, on en resterait alors toujours au Traité de Nice et à ses imperfections pour l'Europe actuelle -il a été signé alors que l'UE ne comptait que 15 membres, contre 27 aujourd'hui. Outre ce retour au Traité de Nice, les quelques solutions bâtardes envisagées avant même le "non" irlandais se reposeraient, notamment la création d'un "noyau dur" constitués de plusieurs pays qui iraient de l'avant sans les autres ou la révision de la participation de l'Irlande à l'Union.

Prix des carburants et denrées alimentaires


Outre les problèmes institutionnels posés par le "non" irlandais, les dirigeants européens ont l'intention de consacrer le reste du sommet à des projets concrets, proches des citoyens. Dans le contexte de la grogne des pêcheurs, transporteurs routiers et agriculteurs face au prix du carburant, ils devraient souligner la nécessité d'aider les plus démunis par des mesures ciblées. Même problématique avec les denrées alimentaires.
 
Nicolas Sarkozy, qui va prendre la tête de l'UE en juillet, insiste sur son idée d'un plafonnement de la TVA sur les carburants, malgré un accueil plutôt froid de ses partenaires. D'autres pays suggèrent une taxation des profits des groupes pétroliers ou des transactions sur les marchés pétroliers.  
 
L'UE pourrait aussi lever définitivement ses sanctions contre le régime cubain, après le remplacement de Fidel Castro par son frère Raul. Elle compte aussi donner son feu vert à  l'entrée de la Slovaquie dans la zone euro en 2009.

Par F.A. le 19 juin 2008 à 05:45
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6 Commentaires

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  • Alcyon, le 19/06/2008 à 23h02

    Abandonner le traité de Lisbonne, et refaire un projet de constitution plus court plus clair,plus démocratique, respectueux de la séparation des pouvoirs avec un volet social plus évident et une BCE prenant en compte l'inflation, le chômage la croissance et restant responsable devant le parlement. Enfin soumettre au référendum dans les pays de l'union avec une règle des 3/5 de ratification du nombre des votants de l'ensemble des pays signataires pour être adopté. Le référendum devant se faire le même jour pour tous les pays.Enfin ne pas oublier la nécessité de limiter et de circonscrire le nombre des pays de l'union pour en tracer les frontières. Il serait illusoire de croire que l'Europe puisse se faire sans les peuples.

  • Referendum, le 19/06/2008 à 20h21

    La solution?????? un referendum dans chaque pays!!!

  • Nanoboots, le 19/06/2008 à 13h07

    Pourquoi s'obstine -t-on à garder au sein de l'UE l'Irlande?Ils n'en veulent pas ...laissons-les tomber...et avançons avec les volontaires!!!!!

  • LYM, le 19/06/2008 à 10h27

    L'excés de démocratie est un zèle politicien qui nuit à la volonté et à l'intelligence des habitants de la Communauté européenne. Les arcanes du suffrage universel ne font pas toujours avancer l'intérêt général, ni particulier des peuples qui souhaitent vivre et progresser ensemble vers un monde meilleur... celui que nous laisserons à nos enfants.

  • Montana, le 19/06/2008 à 10h25

    Telle que l'affaire se présente aujourd'hui à l'européen moyen, l'Europe est une sorte de machin bricolé et monté de bric et de broc par des technocrates et où le citoyen "payeur" assiste béa à la construction sans avoir droit de cité. Pas étonnant que lorsqu'il est sollicité à donner un avis il renvoie une fin de non recevoir. Je serais curieux de voir combien de pays auraient ratifier ce torchon de traité insipide s'il avait été soumis partout à referendum. Comment expliquer la précipitation aux élargissements dès lors qu'un cadre politico-social fonctionnel n'existe même pas dans cette entité dite EU. On élargi d'abord et puis seulement après on organise. Je pense que tout individu sensé penserait d'abord à mettre en place une structure permettant à tout un chacun de fonctionner au mieux au sein d'une union d'états, les nouveaux entrants se soumettant à cette structure et n'entre que qui est apte à tenir le cap. Pour les autres basta, revenez plus tard! Prenons la Turquie par exemple, beaucoup conviennent qu'elle n'a pas sa place en Europe n'en faisant pas partie physiquement. Cessons de faire semblant disons aux turcs vous êtes bien gentils mais vous n'entrerez pas. Mais c'est comme ça que vit le monde aujourd'hui, cul par dessus tête, faisant des compromis compromettant...dangereusement l'avenir de nos sociétés.

  • NHV, le 19/06/2008 à 07h57

    Les Français aussi disent MON au traité mais en France nous devons nous plier au bon vouloir du roi sarko mais la Révolution est passée par là depuis la Royauté.

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