La République tchèque bloque une solution rapide

Par F.A., le 20 juin 2008 à 12h17 , mis à jour le 20 juin 2008 à 15h41

Face aux réticences de Prague à ratifier le Traité de Lisbonne, les dirigeants européens se laissent jusqu'à octobre pour trouver une solution au "non" irlandais.

27 dirigeants UE Traité Sommet BruxellesLes dirigeants des 27 à Bruxelles le 19 juin 2008 © TF1

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Sarkozy : "il n'y aura pas de renégociation"
 

Après de longues tractations dans la nuit de jeudi à vendredi, les dirigeants européens ont décidé de se donner quatre mois pour tenter de trouver une solution à la crise née du rejet du Traité de Lisbonne en Irlande. Leur espoir que la situation soit dénouée rapidement, déjà mince, s'est en effet amenuisé avec la menace de voir les Tchèques faire à leur tour défection.

Le président tchèque Vaclav Klaus, eurosceptique, menace en effet de ne pas signer le texte après la ratification par son Parlement, ratification loin d'être acquise désormais en raison des réticences de la classe politique dans son ensemble. Le Premier ministre Mirek Topolanek, plutôt pro-européen, a néanmoins quant à lui soutenu haut et fort à Bruxelles que son pays validerait le texte, probablement avant le 1er janvier 2009, quand la République tchèque prendra le relais de la France à la tête de l'UE.

Sarkozy : "pas de rénégociation"

En raison de la volonté de Prague d'éviter une formule trop contraignante à son égard, le communiqué final du sommet de Bruxelles reflète donc un compromis a minima sur la suite du processus de ratification. Deux chôses sont sûres : celui-ci continue et il est hors de question de rénégocier le Traité. "On ne va pas refaire un Traité simplifié-bis", a asséné Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse tenue à l'issue de la rencontre.

Mais en dehors de ces certitudes, c'est le flou artistique. Dans l'immédiat, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se montrent ainsi très prudents sur la marche à suivre. Ils se bornent à constater que "19 parlements des Etats membres" ont déjà ratifié le Traité de Lisbonne. Et admettent que la ratification tchèque "ne pourra pas être terminée tant que la Cour constitutionnelle ne donnera pas un avis favorable sur la conformité du Traité de Lisbonne avec l'ordre constitutionnel". Les 27 se fixent donc rendez-vous mi-octobre pour "faire un point d'étape".

De nombreux chefs de gouvernements auraient souhaité plus de conviction dans la détermination à mener à bien la validation du Traité, pour éviter un risque d'enlisement comme après les "non" néerlandais et français à la Constitution européenne en 2005. Mais ils ont donc été tenus de prendre en compte le problème tchèque. Une deuxième défection risquerait en effet de sonner le glas de ce Traité censé rendre l'Europe plus efficace. "L'Irlande, c'est un problème, mais si nous avions un deuxième ou un troisième problème, cela deviendrait très difficile", admet Nicolas Sarkozy.

La présidence française compliquée

Pour la France, qui prend la présidence de l'UE au 1er juillet, le dossier tchèque envenime la crise provoquée par le "non" irlandais, sur fond de tensions entre Paris et la Commission européenne (voir encadré). Pour faire pression sur Prague, certains pays, notamment la France, sont montés au créneau en agitant la menace d'un arrêt de l'élargissement de l'UE -auquel les Tchèques sont très attachés pour des raisons stratégiques- sans entrée en vigueur du Traité de Lisbonne
 
Concernant l'Irlande, les dirigeants européens espèrent pouvoir convaincre Dublin d'organiser un nouveau vote. C'est la solution préconisée par Nicolas Sarkozy. Dans cette optique, l'Irlande pourrait conserver son commissaire européen national, via une clause spéciale du Traité de Lisbonne.

(D'après agence)

La charge de Sarkozy contre la Commission


La France et la Commission européenne s'accusent mutuellement d'avoir favorisé la victoire du "non" en Irlande. Nicolas Sarkozy a d'abord assuré avoir "toujours pensé que José Manuel Barroso était un excellent président". Mais il a ensuite décoché une série de flèches à l'encontre du très libéral commissaire européen au Commerce, le Britannique Peter Mandelson -habitué aux critiques de Paris-, qu'il a accusé d'avoir alimenté le "non".
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"La question de l'OMC a été une question clairement évoquée dans le débat irlandais", a affirmé le président français. Il a ajouté que Peter Mandelson était "le seul" à penser qu'il fallait continuer à négocier un accord alors que "nous n'avons obtenu rien sur les services, rien sur l'industrie (...) et qui conduirait à une baisse de 20% de la production agricole, dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent". "Si on veut accroître la crise irlandaise, il n'y a qu'à en remettre une couche là-dessus et continuer sur un accord complètement déséquilibré à l'OMC", a conclu le chef de l'Etat.

Un haut responsable de la Commission européenne lui a vertement répliqué vendredi matin que "les ministres français des Finances et des Affaires étrangères avaient aussi eu des remarques très négatives". Il renvoyait à des déclarations de Christine Lagarde et Bernard Kouchner, abondamment reprises et dénoncées par les journaux irlandais pendant la campagne. Christine Lagarde avait indiqué en avril que la France voulait "pousser" l'harmonisation fiscale européenne -alors que les Irlandais sont très attachés à leur système- et notamment à leur taux réduit d'imposition sur les sociétés qui a contribué au boom économique de l'île. Quant à Bernard Kouchner, juste avant le référendum, il avait estimé que les Irlandais seraient "les premières victimes" s'ils rejetaient le Traité puisqu'ils avaient "profité de l'Europe plus que les autres".  


(D'après agence)
Par F.A. le 20 juin 2008 à 12:17
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10 Commentaires

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  • David, le 20/06/2008 à 14h35

    Il est evident que les irlandais tout comme les autres vont subire le Diktats des eurocrates, un petit tour par l'assemblée et n'en parlons plus !!!! L'Europe dans ces conditions est voué a l'echec elle ne veut pas entendre les peuples justes une poignée de politiciens plus ou moins honnetes !!!

  • Alain, le 20/06/2008 à 14h20

    Pourquoi n'accepte t-on pas l'avis de ceux qui ont eu le droit de se prononcer? Ils on dit non, et non c'est non. On passe à autre chose!

  • Dom, le 20/06/2008 à 14h03

    Bon alors Nicolas, dans quelle ville tu vas nous pondre la version simplifiée du traité simplifié qui sera adopté sans aucune consultation à l'unanimité du président???

  • Bruno, le 20/06/2008 à 13h50

    Tchèques, Iralndais merci de redonner espoir au peuple Francais trahi par Nicolas Sarkozy qui refusent la vérité du Peuple qui ne veut pas de cette Europe.. Mais il s'en fou car lui il l'a veut ! Nous sommes donc en dictature ! Esperons que d'autres pays rejoindrons ce mouvement, ce qui devrait se produire car l'arrogance de Nicolas Sarkozy commence a en embeter plus d'un.... LE PEUPLE VAINCRA meme si il doit mourrir pour faire respecter son vote ! DEBOUT CAMARADES !

  • Gil, le 20/06/2008 à 13h25

    Bravo la démocratie !!! le résultat du referendum Irlandais ne convient pas, alors organisons un nouveau vote Quant à moi, le résultat des présidentiels de 2007 ne me convient pas ... alors, je propose d'organiser de nouvelles présidentielles !!!

  • JeanPi, le 20/06/2008 à 13h21

    Ben voyons. Bravo sarko, faisons revoter les Irlandais tant que le OUI ne sera pas sorti mais aussi les Français qui eux n'ont pas eu le droit de s'exprimer une seconde fois. Faisons aussi rejouer les matches de l'équipe de France à l'EURO jusqu'à ce qu'ils gagnent (ça va durer longtemps ...).

  • Dan, le 20/06/2008 à 13h10

    'est très bien ainsi! aprèes les français les hollandais et puis les irlandais ça prouve que les peuples ne sont pas en accord avec leurs dirigeants et surtout les technocrates de bruxelle qui sont loin des soucis et préoccupations de la population et des réalités du quotidien.NE pas oublier que les partisans du non ,dont je suis ,nous nous sommes fait avoir par sarko alors question démocratie !!!!!on peut en déduire que les peuples n'ont pas la parole,la preuve vouloir refaire voter tant que ça ne va pas dans le sens désiré par les politicards ça ne s'appelle pas etre démocrate ou alors à la russe .!!!!

  • Lou lou, le 20/06/2008 à 13h02

    Il est surprenant que les dirigeants français soient surpris par l'opposition tchèque...ils oublient un peu vite qu les français ont voté NON ...alors proposer aux Irlandais de revoter...les prothèses auditives devraient etre implantées à certains

  • PATRICK, le 20/06/2008 à 12h57

    Vive la république Tchèque qui est une des plus sensée après l'Irlande qui à dit NO aux magouilles politiques

  • Michael, le 20/06/2008 à 12h37

    Ratifier le Traité de Lisbonne et rester dans l'Union Européenne?... OU... Ne pas ratifier le Traité et quitter l'Union? Ils auraient dû poser la question comme ça aux irlandais lors du referendum.

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