Les dirigeants des 27 à Bruxelles le 19 juin 2008 © TF1![]() |
| Sarkozy : "il n'y aura pas de renégociation" |
Après de longues tractations dans la nuit de jeudi à vendredi, les dirigeants européens ont décidé de se donner quatre mois pour tenter de trouver une solution à la crise née du rejet du Traité de Lisbonne en Irlande. Leur espoir que la situation soit dénouée rapidement, déjà mince, s'est en effet amenuisé avec la menace de voir les Tchèques faire à leur tour défection.
Le président tchèque Vaclav Klaus, eurosceptique, menace en effet de ne pas signer le texte après la ratification par son Parlement, ratification loin d'être acquise désormais en raison des réticences de la classe politique dans son ensemble. Le Premier ministre Mirek Topolanek, plutôt pro-européen, a néanmoins quant à lui soutenu haut et fort à Bruxelles que son pays validerait le texte, probablement avant le 1er janvier 2009, quand la République tchèque prendra le relais de la France à la tête de l'UE.
Sarkozy : "pas de rénégociation"
En raison de la volonté de Prague d'éviter une formule trop contraignante à son égard, le communiqué final du sommet de Bruxelles reflète donc un compromis a minima sur la suite du processus de ratification. Deux chôses sont sûres : celui-ci continue et il est hors de question de rénégocier le Traité. "On ne va pas refaire un Traité simplifié-bis", a asséné Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse tenue à l'issue de la rencontre.
Mais en dehors de ces certitudes, c'est le flou artistique. Dans l'immédiat, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se montrent ainsi très prudents sur la marche à suivre. Ils se bornent à constater que "19 parlements des Etats membres" ont déjà ratifié le Traité de Lisbonne. Et admettent que la ratification tchèque "ne pourra pas être terminée tant que la Cour constitutionnelle ne donnera pas un avis favorable sur la conformité du Traité de Lisbonne avec l'ordre constitutionnel". Les 27 se fixent donc rendez-vous mi-octobre pour "faire un point d'étape".
De nombreux chefs de gouvernements auraient souhaité plus de conviction dans la détermination à mener à bien la validation du Traité, pour éviter un risque d'enlisement comme après les "non" néerlandais et français à la Constitution européenne en 2005. Mais ils ont donc été tenus de prendre en compte le problème tchèque. Une deuxième défection risquerait en effet de sonner le glas de ce Traité censé rendre l'Europe plus efficace. "L'Irlande, c'est un problème, mais si nous avions un deuxième ou un troisième problème, cela deviendrait très difficile", admet Nicolas Sarkozy.
La présidence française compliquée
Pour la France, qui prend la présidence de l'UE au 1er juillet, le dossier tchèque envenime la crise provoquée par le "non" irlandais, sur fond de tensions entre Paris et la Commission européenne (voir encadré). Pour faire pression sur Prague, certains pays, notamment la France, sont montés au créneau en agitant la menace d'un arrêt de l'élargissement de l'UE -auquel les Tchèques sont très attachés pour des raisons stratégiques- sans entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.
Concernant l'Irlande, les dirigeants européens espèrent pouvoir convaincre Dublin d'organiser un nouveau vote. C'est la solution préconisée par Nicolas Sarkozy. Dans cette optique, l'Irlande pourrait conserver son commissaire européen national, via une clause spéciale du Traité de Lisbonne.
(D'après agence)
La charge de Sarkozy contre la Commission |
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(D'après agence)
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