Sarkozy veut gagner sa bataille de la TVA

Par F.A., le 30 juin 2008 à 20h17 , mis à jour le 01 juillet 2008 à 10h43

En ce début de présidence française, le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il voulait convaincre ses partenaires pour obtenir la baisse de la TVA sur le pétrole et la restauration.

Sarkozy UE France 3Nicolas Sarkozy sur le plateau de France 3 le 30 juin 2008 © DR

A quelques heures de prendre la présidence française de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy s'est exprimé lundi soir au 19/20 de France 3 sur ce qu'il entendait faire pendant les six mois qui viennent pour faire avancer l'Union. Soulignant qu'on avait "besoin de l'Europe pour résoudre les grands problèmes de la France", il a expliqué qu'en s'"occupant d'Europe, (il) (s)'occuperait des Français parce qu'il y a des sujets qu'on ne peut résoudre qu'au niveau européen voire mondial".  "L'Europe inquiète et, pire, je trouve que peu à peu nos concitoyens se demandent si, finalement, l'échelon national n'est pas mieux à même de les protéger que l'échelon européen. Ce n'est pas la vérité", a-t-il déclaré, en précisant que désormais le rôle de l'Europe était de "protéger les Européens dans leur vie quotidienne face aux dangers de la mondialisation".
 
Parmi ses priorités d''une Europe concrète et proche des gens" : une baisse de la TVA à 5,5% dans plusieurs secteurs. Tout d'abord, la restauration.  "Je ne comprends toujours pas pourquoi il est normal, quand vous allez dans un restaurant sans service, ce qu'on appelle la restauration rapide, la TVA est à 5,5, et quand vous allez dans un restaurant où il y a du service à table, la TVA est à 19,6 ; je ne l'accepte pas", explique-t-il. Même demande comme le disque ou la vidéo "au même titre que le livre" et pour "une fiscalité propre", c'est-à-dire "tout ce qui est écologique", notamment les immeubles HQE (haute qualité environnementale) et les voitures propres. Pour tous ces domaines, Nicolas Sarkozy devra obtenir l'aval de ses 26 partenaires puisque toute décision sur la TVA doit se faire à l'unanimité des 27.
 
Concernant le prix du pétrole, Nicolas Sarkozy a également insisté une nouvelle fois sur la nécessité d'une baisse de la TVA si le prix de l'or noir continue à grimper. Là aussi, il doit obtenir le feu vert des autres pays. Or Angela Merkel a notamment mis un veto ferme lors du sommet de Bruxelles il y a deux semaines. Le chef de l'Etat souligne néanmoins qu'une étude soit conduite avec la Commission sur le sujet.

LES AUTRES SUJETS ABORDES
 
Pêche : les ressources, pas les quotas
Interrogé sur l'opportunité de remettre en cause la question des quotas de pêche fixés par l'Union européenne, le président de la République a affirmé : "Ce que je veux, c'est qu'on se pose la question des ressources, pas des quotas". "Si on me démontre que la ressource est en voie de disparition, il faut des quotas", a-t-il poursuivi. "Je ne conteste pas les quotas, je conteste l'analyse scientifique qui doit rencontrer l'avis des spécialistes", a-t-il jugé. 
 
OMC : contre un accord diminuant la production agricole
"MM. Lamy et M. Mandelson (ndlr : le secrétaire général de l'OMC et le commissaire européen chargé au commerce) voudraient nous faire accepter un accord au terme duquel l'Europe s'engagerait à diminuer de 20% sa production agricole, à diminuer de 10% ses exportations agricoles. C'est 100.000 emplois supprimés, je ne le laisserai pas faire", a lancé Nicolas Sarkozy. "Dans un monde où il y a 800 millions de pauvres gens qui ne mangent pas à leur faim, où il y a un gosse toutes les trente secondes qui meurt de faim, on ne me fera pas accepter la réduction de la production agricole sur l'autel du libéralisme mondial", a-t-il souligné.
 
BCE : la croissance, pas seulement l'inflation
"Je crois que la BCE - et son indépendance doit être préservée - devrait se poser la question de la croissance économique en Europe et pas simplement de l'inflation", a estimé le chef de l'Etat, alors que la BCE devrait remonter jeudi son principal taux d'intérêt directeur dans l'espoir de freiner l'accélération de l'inflation. "L'inflation d'aujourd'hui est due à l'explosion des matières premières, alors on ne va pas m'expliquer que pour lutter contre l'inflation il faut monter les taux d'intérêt !. Parce que si vous indexez les taux d'intérêt européens sur l'évolution du baril de pétrole, vous pouvez monter jusqu'au sommet les taux d'intérêt, vous ferez pas baisser pour autant le baril".

Immigration : politique commune et développement
Plaidant pour le pacte européen pour l'immigration et l'asile que doit présenter, les 7 et 8 juillet, le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy a déclaré : "mettons-nous d'accord sur une politique qui nous protège ensemble. C'est le sens du pacte européen pour l'immigration".

Faisant valoir qu'"un réfugié politique peut présenter 27 dossiers dans 27 pays, avoir 26 'non' et obtenir un 'oui'", Nicolas Sarkozy a enchaîné : "Je suis désolé, le 'non' d'un pays doit valoir pour les autres. Le 'oui' d'un pays doit valoir pour les autres". "On ne doit pas non plus pouvoir régulariser globalement et en tout cas, si on le fait, on doit demander l'avis de ses voisins puisqu'en régularisant chez soi, on accueille aussi ceux qui sont dans l'espace Schengen. Il faut une politique d'immigration commune", a-t-il estimé. Constatant qu'il y a "450 millions de jeunes Africains de moins de 17 ans et que l'Afrique est à 13 km de l'Europe", le président a ajouté : "Il faut que l'on se mette ensemble pour une grande politique de développement". 
 
"Non" irlandais au Traité de Lisbonne : ne pas forcer la main 
"Il ne faut pas se presser et, en même temps, on n'a pas trop de temps", estime Nicolas Sarkozy. "Quelle est la limite ? Juin 2009, parce qu'il y a des élections européennes", juge-t-il. Doit-on faire revoter les Irlandais ? "Je ne veux pas le dire comme ça, parce que ça donnerait le sentiment de leur forcer la main". Une chose est claire selon lui : "sans Traité de Lisbonne, on reste sur le Traité de Nice. Et avec le Traité de Nice, il n'y aura pas d'élargissement".
 
JO Pékin : décision bientôt
Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il prendrait en début de semaine prochaine la décision d'assister ou non à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Pékin, en fonction des progrès des discussions entre les autorités chinoises et le dalaï-lama. Il fait valoir que sa décision lui appartenait en propre, pas seulement car il était président en exercice de l'Union. "Je dois consulter mes partenaires, mais je suis président français, je ne suis pas aux ordres".  Réponse de la Chine : il ne faut pas lier "la question du Tibet aux Jeux olympiques"

"Je ne regarderai pas le service public comme une petite secte"


Questionné sur la réforme de l'audiovisuel public, Nicolas Sarkozy a assuré ne pas vouloir le regarder "comme une petite secte appartenant à quelques micro-organisations, qui descendent de temps en temps dans la rue".  "Le service public fonctionne avec l'argent du contribuable, et le contribuable, et le télépectateur est en droit de donner son avis".

"J'ai une haute idée du service public" et "je pense qu"on peut faire mieux", a-t-il ajouté. "Je trouve que les programmes de France Télévisions ressemblent encore trop aux programmes d'une chaîne privée".


 

Par F.A. le 30 juin 2008 à 20:17
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25 Commentaires

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  • Alain, le 01/07/2008 à 13h07

    Pour repondre à Jonathan, la tipp a ete accorde à la France en 2005 par Bruxelle; apparemment nous sommes le seul à l'appliquer, comme vous l'avez dit, elle est calcule sur le volume d'hydrocarbure (Gazoil, fuel, super sauf le gaz). Elle represente la 4eme rentree d'argent pour l'etat, a titre indicatif. Dans le cadre de l'UE, nous ne pouvons pas contraindre les autres pays à accepter de baisser la Tva (si cela etait l'inverse, que dirions nous!), en revanche ce qui nous touche, nous en France, est la TIPP. Je rappelle qu'un precedent gouvernement l'avait baisser entrainant une chute du litre. Ici, cela toucherait non seulement les carburants mais aussi le chauffage.

  • Cheche, le 01/07/2008 à 10h14

    Comment voulez-vous que l Europe avance. Il faut un vote unanime de tous les membres pour approuver une mesure,notamment sur la baisse de la TVA dans les restaurants (ou les charges sont deja enormes) par rapport aux fasst food ou sur le blocage des rentrees fiscales liees a la hausse des carburants qui l'attenuerait. L Europe , ses technocrates fonctionnaires et ses deputes s' enlise. Profitant de sa presidence notre grand timonier devrait changer cette regle du vote a l unanimite et la faire passer (dans un premier temps ) au 2/3 ;Ca debloquerait beaucoup de petits dossiers qui empoisonnent les europens et rendrait plus credible cette Europe qui n en peut plus.

  • Sylvain, le 01/07/2008 à 09h02

    Je suivi avec attention le discours du Président Sarkozy, je n'ai pas entendu rien concernant le président MUGABE, il va pas l'inviter le 14 juillet !! c'est éttonant entre amis......

  • Corsi, le 01/07/2008 à 07h33

    Au moins il propose et essaie de faire quelque chose contrairement à certains qui ne bougent pas mais qui critiquent.

  • Fab, le 01/07/2008 à 07h21

    Soif de pouvoir quand tu nous tiens...

  • DIDICHE, le 01/07/2008 à 06h24

    CE N4EST PAS LA TVA QUI VA FAIRE REPARTIR LE COMMERCE IL FERAIT MIEUX DE REGARDER POUR QUE LES GENTS ACHETE DES MAISONS EN FAISANT BAISSER LES TAUX D'iINTERET CE QUI SERAIT PLUS INTERRESSANT A PLUS§

  • Les lois par devoir, le 01/07/2008 à 03h49

    Il est strictement impensable que la tva augmente au prorata de celle du petrole.Les pauvres sont exangues. Certaines professions sont ecrasees,sans pitie pour les familles.Ce manque d'equite est une honte sans nom

  • Jean Bonnot, le 01/07/2008 à 03h06

    J'ai trouvé le Président assez incohérent : "le "non" d'un pays doit valoir pour les autres. Le "oui" d'un pays doit valoir pour les autres". Que fait-on si un immigré obtient un non et un oui après avoir posé la même question à 27 pays ? Et sur bien d'autres sujets, il a mis en évidence sa méconnaissance des dossiers : TVA, pêche, BCE. Nous referons le point dans 6 mois. Espérons que nous n'aurons pas à constater qu'on a fait du sur-place !

  • THIERRY, le 01/07/2008 à 00h58

    NOUS ATTENDONS DE SUITE..........PUBLIEZ

  • Borto, le 01/07/2008 à 00h35

    S'attaquer à la TVA sur les taxes ?BRAVO,c'est sensé et ça aurait dû être fait depuis longtemps.Il n'y a qu' en France qu'on peut inventer des bétises pareiiles. Et ça existe aussi sur les taxes locales et sur la facture EDF.Alors on continue? Mais pour faire des cadeaux comme ceux là, faut -il qu'il connaisse autant de monde? C'est pas comme à TF1 ou chez Lagardère !!

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