Le sommet se conclut sur un accord a minima

le 06 juin 2008 à 07h42 , mis à jour le 06 juin 2008 à 07h59

La déclaration finale prévoit de réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d'ici 2015 mais ne fixe pas d'objectif sur les subventions et les bioénergies.

Les représentants de la FAO en sommet contre la crise alimentaire mondiale (3 juin 2008)Les représentants de la FAO en sommet contre la crise alimentaire mondiale (3 juin 2008) © TF1/LCI

Les pays membres de la FAO ont bouclé jeudi soir à l'issue de négociations laborieuses leur sommet de Rome par une déclaration les engageant à réduire de moitié le nombre de personnes qui ont faim d'ici 2015. Une déclaration qui reste toutefois très timide sur les subventions et les bioénergies.
 
"Perte de temps"

Le directeur général de la FAO Jacques Diouf s'est félicité de l'issue du sommet: "on ne s'est pas contentés de paroles mais on a décidé de mobiliser des ressources pour mettre en oeuvre des actions à court, moyen et long terme", a-t-il déclaré. Il a par ailleurs ajouté que le sommet avait permis de recueillir plus de 6,5 milliards de dollars de promesses de dons pour lutter contre la faim et la pauvreté, estimant que "les objectifs atteints dépassent nos espoirs".
 
Sur LCI, vendredi matin, le rapporteur spécial de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation Jean Ziegler, a quant à lui évoqué, à propos du sommet une "perte de temps". Déclaration qui rejoint celle du chef de la diplomatie italienne Franco Frattini qui a également fait part de sa frustration.
 
Rien de concret sur les biocarburants

Quoiqu'il en soit, les pays s'engagent dans ce document à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées "pour 2015 au plus tard", et réaffirment "les conclusions" des sommets sur l'alimentation de 1996 et 2002 "d'atteindre la sécurité alimentaire". Environ 850 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde et la crise actuelle met en danger 100 millions de personnes supplémentaires. Enfin, sur ce point précis, les pays affirment dans le texte adopté que la nourriture "ne devrait pas être utilisée comme moyen de pression économique et politique".
 
Concernant les biocarburants, la déclaration ne mentionne pas d'engagement concret. Le sujet, qui a dominé les trois jours de débats, a été défendu avec acharnement par les Etats-Unis et le Brésil, principaux producteurs mondiaux. Les signataires se contentent donc d'appeler à des "études approfondies" sur les bioénergies, afin qu'elles soient conformes aux principes régissant le "développement durable" sans évoquer la création d'instance de contrôle ou d'évaluation.
 
"Manque de volonté du Nord"

La question des politiques économiques et commerciales, accusées d'aggraver la crise (subventions, restrictions de marché), a constitué l'autre noeud des négociations. Là encore, elle est évoquée avec prudence par le texte. Les pays "encouragent la communauté internationale à poursuivre ses efforts en matière de libéralisation des échanges agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l'origine de distortions des marchés".
 
L'Argentine, qui refusait de voir figurer dans la déclaration une mention sur "les mesures restrictives qui peuvent augmenter la volatilité des prix internationaux", a refusé d'adhérer au texte. De son côté, le Venezuela, jugeant la déclaration trop timorée, a estimé que les pays avaient "laissé passer l'opportunité de faire un pas en avant courageux pour lutter contre le fléau" de la faim". Enfin, condamnant "l'embargo américain qui lui est imposé", Cuba a critiqué le "manque de volonté des pays du nord" et a mis en cause un texte qui "ne fait pas référence aux conséquences des subventions et de la la spéculation".

le 06 juin 2008 à 07:42
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3 Commentaires

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  • Nobody_is_perfect, le 06/06/2008 à 09h17

    Voila encore un sommet qui n'aura pas servi beaucoup pour trouver des solutions mais qui aura couté aux contribuables. C'est tout le problème de nos gouvernements : assurer leur place et donc faire de la politque à très court terme et sans engagement pouvant nuire aux congloméras financiers.

  • J-Yves, le 06/06/2008 à 09h16

    En version humour noire, mais bien reelle, un autre moyen de reduire les pauvres, c'est de les laisser s'entretuer. A quand une resolution pour limiter la croissance d'une population qui n peut s'auto-nourrir et qui cherche trop a dependre de l'aide des autres ?

  • Dom, le 06/06/2008 à 08h30

    Alors ça c'est un bon concept ! d'ici à 2015 , plus de la moitié des personnes qui ont faim seront mortes ... c'est aujourd'hui qu'il faut faire quelque chose , pas en 2015 .

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