Le "Tigre irlandais" fait frémir l'Europe

Par , le 12 juin 2008 à 05h45 , mis à jour le 12 juin 2008 à 09h46

Les Irlandais se prononcent aujourd'hui par référendum sur le Traité de Lisbonne. Le "oui" et le "non" sont au coude-à-coude.

irlande réferendum traité lisbonne nonAffiche de campagne pour le "non" au référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne, juin 2008 © TF1/LCI
 

Hier, la Finlande, l'Estonie et la Grèce ont été les 16e, 17e et 18e pays de l'UE à ratifier le Traité de Lisbonne par voie parlementaire. Aujourd'hui, l'Irlande est appelée à son tour à se prononcer sur le texte. Mais contrairement aux 26 autres membres de l'Union européenne, elle le fait par référendum, comme le lui impose sa Constitution. Et c'est peu dire que tous les dirigeants européens tremblent pour l'issue du scrutin : selon les derniers sondages, le "oui" et le "non" étaient au coude-à-coude, le "non" étant même en tête dans certaines enquêtes.
 
Les trois millions d'électeurs irlandais, qui avaient déjà rejeté le Traité de Nice en 2001 avant de l'accepter un an plus tard, vont-ils à nouveau bloquer le processus européen ? Trois ans après les "non" français et néerlandais à la Constitution, un tel cas de figure serait catastrophique pour les partisans de la construction européenne. A contrario, les opposants au texte obtenu aux forceps par Nicolas Sarkozy fin 2007 pour remplacer la défunte Constitution espèrent que les Irlandais diront "non" pour bloquer ce qu'il qualifie de "Constitution bis".

Arguments sans fondement ?
 
Tous les grands partis irlandais ont appelés à voter "oui". Conscient que la lutte se fera au finish, le Premier ministre Brian Cowen battait encore la campagne, mercredi, dans son "Yes Bus". Dans sa dernière conférence de presse, mardi, il a accusé le camp du "non" de "malhonnêteté", affirmant qu'il utilise des "fantasmes".

Certains "nonistes" prédisent par exemple une hausse de l'imposition, la fin de la neutralité militaire irlandaise, voire l'imposition de la légalisation de l'avortement, encore interdit en Irlande. De son côté, Gerry Adams, le président du Sinn Féin, seule formation politique à appeler à voter "non", avance que cela permettrait de "donner au gouvernement irlandais un mandat fort en vue de négocier un meilleur accord". "Le gouvernement a été incapable de donner une seule raison pour laquelle il serait dans l'intérêt de l'Irlande de perdre un commissaire (européen)", ajoute-t-il.

Mauvaise passe
 
Pour appuyer les partisans du "non", la campagne s'est déroulée dans un mauvais contexte économique. Les derniers chiffres de l'emploi, publiés mardi, ont montré que le nombre de chômeurs avait dépassé les 200.000 (5,4%), pour la première fois en neuf ans. Cela pourrait "enflammer les craintes liées à l'immigration" issues des nouveaux pays européens, estime l'Irish Examiner.

Pour sa part, évoquant le miracle économique celtique qui a vu une Irlande pauvre se développer à vitesse grand V depuis l'adhésion à la CEE en 1973, l'Irish Times souligne que l'île, qui en a gagné depuis le surnom de "Tigre celtique" pour faire écho aux pays asiatiques,  a été "une des plus grandes réussites de l'Europe" et qu'elle a reçu de Bruxelles "deux fois plus qu'elle n'a donné, soit un gain net de 40 milliards d'euros". Cela suffira-t-il à convaincre les indécis, qui étaient encore environ un tiers à l'aube du scrutin, à pencher pour le "oui" ou les considérations immédiates de politique intérieure prendont-elles le dessus ? Réponse demain midi.

Par Fabrice Aubert le 12 juin 2008 à 05:45
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29 Commentaires

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  • Euzenot-furiga, le 12/06/2008 à 15h32

    Pour moi c'était NON, c'est toujours NON et ça le restera !!! On assiste en France et dans le reste de l'Europe à un formidable déni de démocratie, les technocrates, les nabots et les médiocres ont pris le pouvoir, mais qu'ils se souviennent que le Peuple a un jour pris la Bastille....... Ah ça ira, ça ira, ça ira......

  • Bertrand la Censure, le 12/06/2008 à 14h55

    Irish voters : Say "NO" to Lisbon Treaty !!!

  • René, le 12/06/2008 à 14h38

    Jamais depuis 1940 le destin de tant d'hommes n'aura dépendu d'un si petit nombre : 3 millions d'électeurs irlandais... Amis gaëliiques, les 26 peuples amis de l'Irlande dans l'Europe unie comptent désespérement sur vous pour proclamer haut et fort : "non" ! au traité contacté par une petite élite d'européistes distingués, qui n'ont que faire de l'opinion de leurs citoyens puisqu'ils considèrent désormais comme "inconvenant" de soumettre un traité eruopéen au suffrage universel direct : et Maastricht alors, c'était bien un référendum, non ??? et ça a marché...

  • Baal, le 12/06/2008 à 14h34

    Drick votre argument ne tient pas la route. Ca fait depuis Maastricht que l'Europe est libérale, et même ultra libérale. Admettons qu'on dise non, l'europe n'en devient pas sociale pour autant, bien au contraire ! Comment va-t-on voter des mesures sociales s'il faut l'unanimité ??? Si on dit non on se condamne à rester sous ce traité libéral, parce que ce projet ça fait pret de 20 ans qu'on le prépare et qu'il n'y en aura pas d'autre de sitôt. Ca ne sert ni aux socialistes, ni aux liébralistes, juste aux personnes qui ne sont pas aux pouvoir et qui parient sur des réactions stupides de la part de gens qui vont gober des discours alarmistes sans réfléchir (ou pire : répondent à "voulez vous un traité" par "aimez vous votre président"). Et qui voteront pour ceux qui ont parlé pour eux. Le non à l'époque de Maastricht servait à quelque chose. Aujourd'hui le non est seulement le terrain de jeu de la politique politicienne. Notre non était une honte pour notre pays. Si on pouvait éviter de s'en prévaloir ... surtout pour des raisons aussi stupides ...

  • Jmd, le 12/06/2008 à 14h00

    Peut-on avoir plus d'information sur le rôle joué par l'argent américain pour faire échouer le référendum irlandais ? c'est trop facile de se contenter de répercuter les éternelles récriminations des néo-communistes et autres aigris de la vie pour ranimer un semblant de débat franco-français sur l'europe.

  • Edouard, le 12/06/2008 à 13h38

    C'est vrai que le fait "d'imposer" le traité de Lisbonne après le rejet de la constitution n'est pas démocratique. Cela me dérange. Mais d'un autre côté, je suis pour la poursuite de la construction européenne, et j'espère donc que le scrutin irlandais se conclura par une approbation du nouveau texte. Sans cela, les projets européens en prendront encore pour leur grade, et l'on restera au point mort pour quelques années encore ...

  • Azerty, le 12/06/2008 à 13h37

    A tous ceux qui crient la mort de la démocratie en France et en Europe. Vous rendez-vous compte de ce que vous dites? La voie parlementaire est aussi la démocratie. Pourquoi nous embêtons nous à élire les députés? Parce qu'ils nous REPRESENTENT! Oui, les Français ont rejeté le texte sur la Constitution. Ce nouveau traité même s'il en reprend les grandes lignes, n'est PAS LE MEME. Combien d'entre vous ont réellement lu les DEUX textes? Combien d'entre vous savent vraiment ce qui y est écrit? Je vous rappelle que le Président Sarkozy a fait savoir AVANT son élection son projet de mini-traité, son contenu et sa ratification par voie parlementaire. Il a été élu à 53% des voix. Pas de surprise donc lorsque les Français ont voté pour lui. Oui au traité de Lisbonne, oui à l'Europe! Vive l'Europe, la France et la DEMOCRATIE!! Merci de me publier.

  • Camille Malherbe, le 12/06/2008 à 13h26

    Quand je vois les gens se réjouirent d'un potentiel "NON" en se disant qu'ils ne veulent pas d'une "Europe libérale", ""ne satisfaisant que les bureaucrates et les ploutocrates", je réalise combien ils ignorent tout du sens même de l'Europe. Ca me fait pitié ces clichés du café du commerce mais bon, comme disait l'idiote "Les Français sont les meilleurs spécialistes" (sic). Une fois de plus, un peuple va sanctionner l'Europe pour des raisons nationales (désaccords, chomage, inflation). Il y a certaines décisions importantes qui ne doivent pas être laissées dans les mains du peuple (qui par définition a une vision individuelle et non pas d'ensemble); Je rappelle aussi les sondages qui ont mis en avant que plus de 60% des français ayant voté NON au referendum... ne l'avaient même pas lu. CQFD. Je croise les doigts pour que le OUI l'emporte.

  • TAI, le 12/06/2008 à 13h14

    Ce "mini traité" est une parodie de la constitution rejetée par les français. Elle a été complexifiée par un vocabulaire, un ordre différents des rubriques et des renvois intempestifs aux traités précédents afin de la rendre illisible. Les partisants du Oui fustigent l'avis incontestable d'une majorité de personnes ayant voter "Non", pis ils insultent leur intelligence en les exhortant de manière sectaire à voter Oui à ce qu'ils (à leur avis) ne comprennent pas car le dessin de l'Europe (entendre intérêts des Libéralistes) est plus important que le sort et l'avis des concitoyens eux même.

  • Maxi, le 12/06/2008 à 12h14

    Allez l'Irlande ont compte sur vous pour détruire ce projet d'Europe fédérale qui détruit notre souveraineté nationale au profit de Bruxelles !!! Une coopération interétatique : OUI, une Europe fédérale : NON !!!!!!

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