Le "no" au nouveau Traité passe en tête en Irlande

Par F.A., le 06 juin 2008 à 11h28 , mis à jour le 06 juin 2008 à 19h45

A quelques jours du référendum du 12 juin, une majorité d'Irlandais est opposée, pour la première fois, au Traité de Lisbonne.

Lisbonne 27 UEA Lisbonne, les dirigeants des 27 membres de l'UE réunis pour signer le nouveau Traité européen

Trois ans après les "non" français et néerlandais à sa Constitution, l'Union européenne va-t-elle replonger dans la crise, sans porte de sortie ? La réponse tombera jeudi prochain, à la fermeture des bureaux de vote en Irlande après le référendum sur le Traité de Lisbonne, qui a remplacé la défunte Constitution. Alors que les 26 autres membres de l'UE ont choisi la voie parlementaire, assurant ainsi la ratification du Traité obtenu forceps sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy -14 ont déjà validé le texte-, l'Irlande est le seul pays tenu par sa Constitution à soumettre le projet européen au référendum.
 
Et à quelques jours du scrutin, le "oui" a du plomb dans l'aile. Selon un sondage publié vendredi par le quotidien Irish Times, avec seulement des 30% des intentions de vote, il est en effet devancé, pour la première fois, par le "non", crédité de 35%. 28% des personnes interrogées se disent encore indécises et 7% disent qu'elles n'iront pas voter. A la mi-mai, un sondage réalisé par le même institut plaçait encore le "oui" à 35% des intentions de vote, contre seulement 18% pour le "non". Mais la proportion des indécis était alors nettement plus élevée, à 40%. Il semble donc que plus la campagne avance, plus les "nonistes" gagnent du terrain. Principale raison de ce rejet : la méconnaissance du texte. "A moins d'un changement significatif de l'opinion publique, l'Union européenne va être plongée en pleine crise", prévient d'ailleurs l'Irish Times.

"Pas de plan B"
 
Face à la situation, le Premier ministre, Brian Cowen, a appelé ses concitoyens à voter "oui avec enthousiasme" dans l'optique de "préserver l'emploi". "Il s'agit de trouver les moyens de prolonger la croissance de notre économie", a-t-il expliqué, dans une allusion à l'essoufflement du "Tigre celtique", dont la croissance sera divisée par deux cette année. De son côté, le parti nationaliste Sinn Féin, seule formation parlementaire à soutenir le "non", estime que le sondage prouve que la population souhaite une renégociation du traité. Plus globalement, alors que les partisans du "oui" font profil bas et ont préféré que les leaders européens ne viennent pas faire campagne, ceux du "non" ont reçu le soutien d'opposants comme Nicolas Dupont-Aignan. Nicolas Sarkozy a rappelé vendredi ce que l'Irlande devait à l'Europe. "De tous les pays européens l'Irlande est un de ceux qui ont su le plus mangifiquement s'adapter à l'Union européenne", a-t-il déclaré.
  
Même si l'Irlande a largement bénéficié de sa présence dans l'Europe, la population s'est toujours montrée sceptique. En 2001, les Irlandais avaient ainsi rejeté le Traité de Nice, avec 54% de "non". Il avait fallu les faire revoter un an plus tard pour obtenir un "oui" et permettre l'application du texte. En cas de nouveau rejet, l'Europe serait totalement bloquée : "il n'y a pas de plan B car le Traité de Lisbonne, c'est le plan B", assène la Commission européenne.

Par F.A. le 06 juin 2008 à 11:28
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

26 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Tontondavid, le 06/06/2008 à 13h48

    Je croyais qu'il n'y avais pas de plan B

  • Bearwalla, le 06/06/2008 à 13h27

    Les Irlandais votent "non" ? Tant mieux. Les Français et les Néerlandais avaient rejeté le 1er traité. Sarko et son gouvernement ne se sont pas gênés en neutralisant le résultat du référendum par une ratification parlementaire. C'était le meilleur moyen de s'assurer contre une nouvelle claque. Que change le Traité de Lisbonne : rien ! Copie conforme du précédent à 99% : un ou deux mini-détails en moins. L'Europe en crise ? Quelle crise ? Elle l'est depuis le début... L'Europe qui devait résoudre tous nos problèmes !!! Sans doute vrai pour les tenants du pognon et du business comme mode de vie... Je ne décolère pas de voir Bruxelles persister à régir l'avenir de près de 300 millions avec des dogmes ultralibéraux dont je vois les résultats au Royaume Uni et aux USA ... Rejeter tout ce que des gens ont mis des décennies à obtenir pour une vie plus facile... Cette Europe là, c'est vraiement le retour au Moyen- Age : chacun pour soi, le court terme, le fric pour le fric etc etc ... Voir les dossiers OGM ou poulet chloré entre autres. Il me semble que Bruxelles devrait tirer le bon et le moins bon des dogmes qui prévalent dans les pays anglosaxons. Eh bien non ! Droit devant toujours. Aucune excuse ... imposer une ratifi

  • Réglat, le 06/06/2008 à 13h25

    Et si les Irlandais regardaient les réalités en face, ils pourraient revenir quelques années en arriére et comparer l'Irlande d'aujourd'hui aprés qu'elle ait reçu les considérables sommes d'?uros données par la Communauté Européenne, permettant de sortir le Pays du Moyen âge.

  • Frite, le 06/06/2008 à 13h25

    La grève des pêcheurs nous a démontré que Bruxelles servaient juste à payer des politiques grassement payés pour ne rien faire. Il faut absolument sortir de ce leurre. nous devrions tous monter à Bruxelles!!!!!

  • Gerad, le 06/06/2008 à 13h19

    Changer les euros en franc et vous verrez pourquoi les irlandais ont raison de dire NON a l'europe

  • Maxime, le 06/06/2008 à 13h09

    Au moin un pays ou les lois ne passent pas en force comme c'est le cas en FRANCE.Je soutient les irlandais dans leur non et j'espère que cela fera réagir nos politiques qui agissent "pour notre bien" sans notre avis.Je ne crois plus au politique français.

  • Hélicopat, le 06/06/2008 à 13h05

    NON, non , non et non! il reste encore un bout de démocratie dans ce vieux Continent ! OUF !

  • JAMAL, le 06/06/2008 à 13h03

    Les Irlandais sont libres de voter ce qu'ils veulent, c'est la démovratie. Tant que l'Europe restera une Union de Nations (et de Régions ah ah ah)elle n'avancera pas, c'est une Union d'Etats que les dirigeants européens veulent. Mais que veut le peuple. Revendications nationales=nombrilisme exacerbé

  • Antoine, le 06/06/2008 à 12h59

    A Jean-Luc de Montpellier, si vous souhaitez connaître le contenu du traité de Lisbonne, il suffit de demander le texte auprès des instances européennes.

  • Pascal, le 06/06/2008 à 12h58

    Voila l'exemple parfait d'un pays qui a tout recu de l'Union Europeenne, souvenons nous que l'Irlande etait un pays de misere avant son entree dans l'Union, et qui se permait maintenant de bloquer l'avenir communautaire. Je propose une idee. Tout pays qui bloquerait l'Union plus de trois fois (chiffre ouvert a discussion) se verrait exclu et ne pourrait pretendre a devenir membre a nouveau avant une periode de dix ans (chiffre ouvert a discussion). Dans tous les cas, il faut que l'Europe se protege des bloquages inacceptables qui nuisent a sa construction. Il ne me parrait pas normal qu'une poignee d'Irlandais bloque l'avenir de 300 millions d'europeens. Je dis une poignee parce c'est ce qui se passe, le non irlandais va l'emporter de quelques centaines de voix seulement. Quelques centaines ne peuvent bloquer 300 millions d'individus. La deuxieme dimension est de l'ordre de l'honnetete. Etre membre de l'Union Europeenne pour en profiter sans y prendre sa part de responsabilite dans la difficulte est a mes yeux proprement malhonnete. Il reste quelques jours pour retourner l'opinion en faveur du oui.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience