Vingt-sept ministres au chevet du traité de Lisbonne

le 16 juin 2008 à 11h11 , mis à jour le 16 juin 2008 à 15h13

Peut-on sauver le traité après le "Non" irlandais ? Alors que les ministres des Affaires étrangères se retrouvaient ce lundi, l'ambiance n'était guère optimiste.

[Expiré] [Expiré] UE Traité de Lisbonne "non" irlandais © AFP

L'Europe doit gérer l'onde de choc. L'Irlande, seul pays de l'UE à devoir ratifier le traité de Lisbonne par référendum, a voté non jeudi par 53,4% des voix contre 46,6% à ce texte censé rendre l'Union européenne élargie plus efficace. Ce qui plonge l'UE dans une nouvelle crise institutionnelle, puisque tous les pays doivent avoir ratifié le texte pour qu'il puisse entrer en vigueur. Ce lundi, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept tentent d'envisager une piste de solution pour que l'UE poursuive malgré tout sa route. Sans optimisme excessif. Après cette réunion, le rendez-vous le plus important de la semaine aura lieu jeudi à Bruxelles, où les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept se retrouvent pour sonder leur homologue Brian Cowen sur la possibilité d'organiser un nouveau vote.

Dès son arrivée à Luxembourg pour retrouver ses homologues européens, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheal Martin, a ainsi estimé qu'il était "bien trop tôt" pour proposer des solutions. La présidence slovène de l'UE avait jugé un peu plus tôt "risqué" d'affirmer en l'état qu'il sera possible de sauver le traité de Lisbonne. Faisant le constat que "nous sommes devant un blocage", le chef de la diplomatie slovène avait commenté d'un prudentissime "c'est le moment de réfléchir et d'analyser un peu" la situation.

Brian Cowen refuse de voir l'Irlande marginalisée

Son homologue finlandais Alexander Stubb s'est néanmoins montré plutôt optimiste quant aux chances de succès. "Nous avons besoin de solidarité, nous n'allons pas laisser un ami sur le carreau, je suis sûr que nous allons trouver une solution pour l'Irlande", a-t-il plaidé. "L'Union européenne, c'est de la gestion de crise permanente, nous allons de crise en crise", a-t-il ajouté, en assurant que "le traité n'est pas mort, l'élargissement (de l'UE) ne va pas s'arrêter". En revanche, le Royaume-Uni qui, avec d'autres pays, avait signé l'arrêt de mort du premier projet en 2005 en arrêtant le processus, a réaffirmé sa volonté de l'achever dans les prochains jours. "Ce serait bizarre que chaque pays européen donne son point de vue sur le traité de Lisbonne, mais que le Royaume-Uni refuse de le faire", a expliqué le secrétaire au Foreign Office, David Miliband, confirmant l'engagement de Londres.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont invité le Premier ministre irlandais Brian Cowen à faire une analyse de ce vote et à présenter d'éventuelles solutions au sommet de jeudi à Bruxelles. Dès l'annonce du résultat du vote irlandais vendredi, ils se sont dits décidés à poursuivre la ratification du traité dans les neuf pays où il n'a pas encore été approuvé. L'idée est d'isoler le "Non" des Irlandais pour ne leur laisser guère d'autre choix que de revoter le texte à l'avenir, comme ils l'avaient fait avec le traité de Nice, qu'ils avaient rejeté en 2001 avant de l'approuver légèrement modifié en 2002.

Brian Cowen a néanmoins estimé dimanche qu'il n'y avait pas de "solution évidente" au non irlandais et qu'il devait y avoir une réflexion pour voir pourquoi le traité avait été rejeté afin de trouver une issue politique. "Je veux que l'Europe essaye de fournir une partie de la solution aussi", avait-il souligné, exprimant son refus de voir l'Irlande marginalisée dans l'UE, face au risque de voir certains pays constituer une "avant-garde" pour aller de l'avant dans l'intégration après le rejet du traité.

D'après agence


Traité de Lisbonne, traité en sursis ?

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le 16 juin 2008 à 11:11
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6 Commentaires

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  • Phitu, le 16/06/2008 à 15h00

    Le traité de Lisbonne n'est pas mort. Dès qu'un truc ne va pas, on accuse l'Europe de tous les maux (c'est bien plus simple de dire que ça vient d'ailleurs plutôt que de se remettre en cause). C'est, à mon avis la principale (seule ?) raison de ce rejet par l'Irlande. Il suffira de représenter le texte avec quelques modifications mineures, histoire de dire, à nu moment ou l'Irlande aura le moral (reprise économique, une bonne performance au JO....) et ça passera comme une lettre à la poste. Le plus difficile est de savoir meubler en attendant...

  • Euzenot-furiga, le 16/06/2008 à 14h09

    Non mais en quelle langue faut-il leur dire NON, NON, NON et NON !

  • Le Fourbe, le 16/06/2008 à 13h47

    Il serait grand temps que les eurocrates prennent enfin comptes des décisions des peuples. Pourquoi vouloir a tout prix continuer dans cette voie alors que les peuples ne veulent pas ???? Les Francais l'ont rejeté en 2005 et nos politiciens (de Droite comme de Gauche) ont tout fait pour la faire passer par la petite porte, de toute évidence cette consitution est mauvaise pour les peuples !!! il faut revoir la copie point !!!

  • Francois, le 16/06/2008 à 12h26

    Il n'y a pas à s'occuper d'eux .Qu'ils restent sur le quai et que l'on battisse cette grande EUROPE .Au revoir les irlandais . Bon vent et débrouillez vous tout seul puisque visiblement , c'est votre souhait .

  • Veri, le 16/06/2008 à 12h11

    Que l'on soit favorable ou défavorable au traité une question d'importance se pose: Chaque fois qu'un des pays ne vote pas comme l'Europe le désirerait, on cherche une solution pour invalider son vote en passant outre ou alors en faisant revoter. Ce principe de fonctionnement, trés "dictatorial" au sens ou on n'a pas le droit de penser autrement, ne me semble pas devoir réconcilier les citoyens avec l'Europe. Ne devrait on pas au contraire, montrer que l'Europe est démocratique en prenant en compte clairement le vote des Irlandais. En effet en mettant clairement fin au processus de ratification on montrerait qu'il y a une démocratie en Europe et on placerait les Irlandais et les peuples face à leurs responsabilités. Peut être aussi les technocrates d'ailleurs!

  • Eric4, le 16/06/2008 à 11h53

    Quelle obstination à vouloir faire « avaler » ce traité à tous?on aimerait qu?ils (les gouvernants européens) en fassent autant pour le vrai progrès et le respect de la démocratie (quand un peuple vote NON, c?est NON !!!!). Merci aux irlandais qui ont voté NON, même si ce n?est pas le même NON que les français. Peut-on encore espérer que les peuples d?Europe puissent s?autodéterminer et faire une Europe qu?ils ont choisie où doit-on considérer que la parole nous a été définitivement confisquée ? Merci à tous les OUIOUistes de nous épargner leur réthorique absurde et dénué de tout idéal autre que l?argent à tout prix !!!

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