© AFPL'Europe doit gérer l'onde de choc. L'Irlande, seul pays de l'UE à devoir ratifier le traité de Lisbonne par référendum, a voté non jeudi par 53,4% des voix contre 46,6% à ce texte censé rendre l'Union européenne élargie plus efficace. Ce qui plonge l'UE dans une nouvelle crise institutionnelle, puisque tous les pays doivent avoir ratifié le texte pour qu'il puisse entrer en vigueur. Ce lundi, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept tentent d'envisager une piste de solution pour que l'UE poursuive malgré tout sa route. Sans optimisme excessif. Après cette réunion, le rendez-vous le plus important de la semaine aura lieu jeudi à Bruxelles, où les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept se retrouvent pour sonder leur homologue Brian Cowen sur la possibilité d'organiser un nouveau vote.
Dès son arrivée à Luxembourg pour retrouver ses homologues européens, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheal Martin, a ainsi estimé qu'il était "bien trop tôt" pour proposer des solutions. La présidence slovène de l'UE avait jugé un peu plus tôt "risqué" d'affirmer en l'état qu'il sera possible de sauver le traité de Lisbonne. Faisant le constat que "nous sommes devant un blocage", le chef de la diplomatie slovène avait commenté d'un prudentissime "c'est le moment de réfléchir et d'analyser un peu" la situation.
Brian Cowen refuse de voir l'Irlande marginalisée
Son homologue finlandais Alexander Stubb s'est néanmoins montré plutôt optimiste quant aux chances de succès. "Nous avons besoin de solidarité, nous n'allons pas laisser un ami sur le carreau, je suis sûr que nous allons trouver une solution pour l'Irlande", a-t-il plaidé. "L'Union européenne, c'est de la gestion de crise permanente, nous allons de crise en crise", a-t-il ajouté, en assurant que "le traité n'est pas mort, l'élargissement (de l'UE) ne va pas s'arrêter". En revanche, le Royaume-Uni qui, avec d'autres pays, avait signé l'arrêt de mort du premier projet en 2005 en arrêtant le processus, a réaffirmé sa volonté de l'achever dans les prochains jours. "Ce serait bizarre que chaque pays européen donne son point de vue sur le traité de Lisbonne, mais que le Royaume-Uni refuse de le faire", a expliqué le secrétaire au Foreign Office, David Miliband, confirmant l'engagement de Londres.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont invité le Premier ministre irlandais Brian Cowen à faire une analyse de ce vote et à présenter d'éventuelles solutions au sommet de jeudi à Bruxelles. Dès l'annonce du résultat du vote irlandais vendredi, ils se sont dits décidés à poursuivre la ratification du traité dans les neuf pays où il n'a pas encore été approuvé. L'idée est d'isoler le "Non" des Irlandais pour ne leur laisser guère d'autre choix que de revoter le texte à l'avenir, comme ils l'avaient fait avec le traité de Nice, qu'ils avaient rejeté en 2001 avant de l'approuver légèrement modifié en 2002.
Brian Cowen a néanmoins estimé dimanche qu'il n'y avait pas de "solution évidente" au non irlandais et qu'il devait y avoir une réflexion pour voir pourquoi le traité avait été rejeté afin de trouver une issue politique. "Je veux que l'Europe essaye de fournir une partie de la solution aussi", avait-il souligné, exprimant son refus de voir l'Irlande marginalisée dans l'UE, face au risque de voir certains pays constituer une "avant-garde" pour aller de l'avant dans l'intégration après le rejet du traité.
D'après agence
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